laboratoire Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française (ATILF)
CNRS Université de Lorraine

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Mots du TLFI

CHEVAL, AUX, subst. masc.


CHEVAL, AUX, subst. masc.
A. Mammifère domestique appartenant à la famille des Équidés, utilisé notamment comme animal de monture et de trait. Une promenade à cheval ; des courses de chevaux ; monter un cheval. Je mis mon cheval au trot sur le sol ferme (GRACQ, Le Rivage des Syrtes, 1951, p. 204) :

1. Dites au cocher qu’il nous promène et qu’il nous conduise à la poste : (...). Il [Lewis] fit un petit discours au cocher, et le cheval se mit en marche, à petits pas.
S. DE BEAUVOIR, Les Mandarins, 1954, p. 424.

SYNT. a) Cheval alezan, blanc, bai, moucheté, pommelé ; cheval de race ; cheval fougueux, nerveux ; cheval sauvage, pur sang. b) Cheval de boucherie, de carrousel, de cirque, de course, de labour, de manège, de selle, de trait. c) Crin, crinière, croupe, poitrail d’un cheval ; harnais, mors, rênes, selle de cheval. d) Le hennissement, le galop, le trot, les ruades du cheval. e) Atteler, brider, harnacher un cheval ; bouchonner, ferrer, soigner un cheval ; aller, monter à cheval ; faire une chute de cheval ; pousser son cheval ventre à terre ; monter un cheval en amazone, à cru (sans selle).
[En emploi subst. apposé] :

2. Quand le poulain devient sage, ne gambade pas, se colle à la mère-cheval, mauvais signe.
A. ARNOUX, Pour solde de tout compte, 1958, p. 280.

1. Loc. À cheval :

3. Le voyage sans fatigue, avec taxi, porteur, wagon-lit, le voyage en auto, en avion, à dos de chameau, à cheval, à pied, j’ai tout fait, tout aimé...
E. TRIOLET, Le Premier accroc coûte deux cents francs, 1945, p. 331.

Au fig. Dans la dignité :

4. Le règne du malheureux jeune homme, de 1174 à 1185 (...) ne devait donc être finalement qu’une lente agonie, mais une agonie à cheval, face à l’ennemi, toute raidie dans le sentiment de la dignité royale du devoir chrétien et des responsabilités de la couronne, en ces heures tragiques où au drame du roi répondait le drame du royaume.
GROUSSET, L’Épopée des croisades, 1939, p. 210.

2. P. méton.
a) ALIM. Synon. de viande de cheval. Aimer le cheval, manger du cheval.
Fig. et fam. Manger du cheval. Manger de la viande très dure. Il a mangé du cheval. Il a une force décuplée.
b) ÉQUIT Synon. de équitation. Aimer le cheval, faire du cheval ; culotte de cheval. Je me mettrais à la discipline de la rame, des altères [sic] et du cheval (VALÉRY, Correspondance [avec Gide], 1894, p. 212).
c) Au plur. Synon. de chevaux montés, cavaliers combattants. À la tête de sept cents chevaux, il [Fernand de Castro] envahit le nord du royaume de Léon (MÉRIMÉE, Histoire de Don Pèdre Ier, roi de Castille, 1848, p. 143).
Rem. On rencontre ds la docum. le subst. fém. chevale. La reine, la chevale a piaffé sur mon cœur ! Ô trop pareille à moi, son ombre lui fait peur. Ô folle aux cheveux de femme, aux longs cils, aux grands yeux ! Elle fait frémir son toupet, elle s’émouche de sa queue. Le sang au fond de ses naseaux est comme des dahlias en fleur (MONTHERLANT, Encore un instant de bonheur, 1934, p. 683).
B. Emplois métaph. ou fig.
1. [P. réf. à la robustesse, à la résistance du cheval] Fam.
Travailler comme un cheval. Travailler dur. Tu travailles comme un cheval, tu te crèves (BERNANOS, Journal d’un curé de campagne, 1936, p. 1101) :

5. Il ne lui [Joseph] restait plus qu’à s’en aller planter des raves dans une de ses propriétés, car rien de plus vorace que tous ces biens que l’on croit posséder et qui, en réalité, vous possèdent et pour lesquels on travaille comme un cheval de trait, comme un forçat, comme un esclave.
G. DUHAMEL, Chronique des Pasquier, La Passion de Joseph Pasquier, 1945, p. 216.

Fièvre de cheval. Fièvre très forte. Médecine, remède de cheval. Médecine, remède puissant. Santé de cheval. Santé robuste. Vie de cheval. Vie dure. Métier de cheval. Métier pénible :

6. Si tout ce qu’on dit de l’autre monde doit aboutir à une banqueroute, c’est vraiment dur d’avoir fait mener aux pauvres gens une vie de cheval pour rien du tout.
RENAN, Drames philos., 1888, p. 480.

7. Ma mère murmura que j’avais pourtant bien besoin d’être reconstitué, que j’étais déjà assez nerveux, que cette purge de cheval et ce régime me mettraient à bas.
PROUST, À l’ombre des jeunes filles en fleurs, 1918, p. 498.

Péj. [P. oppos. au cheval de selle] C’est un cheval, un cheval de bât, de carrosse, de charrue. C’est un homme grossier et brutal :

8. Vous m’avez vu tout à l’heure avec un fier imbécile. Que voulez-vous ? On finit par prendre des habitudes de cheval, à force de cultiver tous ces chameaux et, quelquefois, on tombe assez mal...
BLOY, La Femme pauvre, 1897, p. 51.

2. [P. réf. à l’aspect physique du cheval] Profil de cheval.
[En parlant d’une femme] Femme grande, dégingandée et laide. Comment ai-je pu aimer une si grande femme, pensait-il, ce grand cheval ? (NIZAN, La Conspiration, 1938, p. 215).
3. [P. réf. à la position du cavalier sur le cheval] Loc. adv. À cheval (sur qqc.).
À califourchon. À cheval sur un mur :

9. Au fond, à cheval sur une chaise, le menton sur le dossier, se tenait un véritable cent-kilos à qui le charron était en train de couper les cheveux.
E. TRIOLET, Le Premier accroc coûte deux cents francs, 1945, p. 367.

[En parlant d’une chose] :

10. ... un ouvrier, en cotte bleue, un mégot aux lèvres ; deux godillots tout neufs, en cuir épais, pendaient, à cheval sur son épaule.
R. MARTIN DU GARD, Les Thibault, L’Été 1914, 1936, p. 586.

Rare :

11. Ces derniers soirs, dans la cuisine, les mains à cheval sur les cuisses, il [le père] ouvrait de gros yeux sur les uns et sur les autres.
POURRAT, Gaspard des Montagnes, La Tour du Levant, 1931, p. 193.

Chanson pour enfant :

12. Longtemps il [mon grand’père] m’avait fait sauter sur sa jambe tendue en chantant : « A cheval sur mon bidet ; Quand il trotte il fait des pets », et je riais de scandale.
SARTRE, Les Mots, 1964, p. 44.

De part et d’autre de quelque chose :

13. Cette zone frontière, à cheval sur la France et la Belgique, est peuplée surtout de hors-la-loi auxquels se mêlent nombre de bandits.
VAN DER MEERSCH, L’Empreinte du dieu, 1936, p. 37.

Loc. fig. Être à cheval sur qqc. Être très strict sur quelque chose. Être à cheval sur les principes. Ils sont à cheval sur le règlement. Quand je suis entré chez Hoederer, ils me poussaient avec le canon de leurs mitraillettes (SARTRE, Les Mains sales, 1948, 3e tabl., 2, p. 79).
Absolument :

14. Il [André Suarès] ne pouvait s’empêcher d’avoir de l’éloignement pour les Coantré, gens qui avaient été désastreux à sa sœur, gens plus superficiels, moins « à cheval » et moins nobles que les Coetquidan, ...
MONTHERLANT, Les Célibataires, 1934, p. 804.

Péj. Écrire une lettre à cheval à qqn. Écrire une lettre injurieuse et menaçante :

15. MME PETYPON. Moi, pendant ce temps-là, j’écris une lettre à cheval à ma couturière.
PETYPON. À ta...?
MME PETYPON. Mais oui, elle devait déjà me livrer cette robe hier ; alors, moi, ne voyant rien venir...
FEYDEAU, La Dame de chez Maxim’s, 1914, I, 5, p. 9.

4. Expr. et loc. diverses.
a) Loc. nom.
Homme de cheval
Cavalier (opposé à l’homme de [pied*]) :

16. Elle [la mère] vit une grande troupe d’hommes armés, de pied et de cheval, rangée sur la grève.
HUGO, Notre-Dame de Paris, 1832, p. 544.

17. ... Maxime (...) redoute la mer. Quant à moi, j’y suis crâne. C’est, avec l’équitation, un talent que j’ai acquis en voyage, car je suis maintenant « aussi bon homme de cheval que de pied » comme M. de Montluc.
FLAUBERT, Correspondance, 1850, p. 265.

Vieux
Homme qui aime les chevaux et pratique l’équitation :

18. Une autre nuit, Papadakis m’interrogea :
Il était riche, ton grand-père ?
Grand-père, pourquoi donc ?
Pour t’avoir payé un bateau.
Ah ! mon lougre ? L’albatros ? Oui, grand-père était millionnaire.
Mais pourquoi t’avoir payé un bateau, il était donc marin ?
Tu veux rire, Papadakis ! Grand-père était un homme de cheval, il n’a jamais mis les pieds sur un bateau.
CENDRARS, Bourlinguer, 1948, p. 217.

Homme du monde. Tu es tout à fait un homme du monde, un gentilhomme de cheval dans l’acception la plus complète (PONSON DU TERRAIL, Rocambole, t. 2, Le Club des valets de cœur, 1859, p. 104) :

19. ... des larmes remontaient aux yeux de la triste femme, tandis que lui [Séguin] ricanait de son air d’homme du monde, d’homme de cheval, mâtiné d’amateur de littérature et d’art...
ZOLA, Fécondité, 1899, p. 140.

Au fig.
Selle à tous chevaux. Objets, remèdes utilisés dans de nombreuses circonstances.
Arg. [En parlant d’hommes] Chevaux à toute selle. Aptes à plusieurs fonctions :

20. Que voulez-vous, mon ami ? quand on est de la boutique [= Préfecture de police], il faut faire un peu de tout. Ne sommes-nous pas des chevaux à toute selle ?
F. VIDOCQ, Mémoires de Vidocq, t. 3, 1828-29, p. 357.

b) Fam. C’est un... cheval.
C’est un bon cheval de trompette. C’est un homme qui ne craint pas le bruit, les menaces :

21. ... le peuple était pour Tartarin. Sa carrure, sa démarche, son air, un air de bon cheval de trompette qui ne craignait pas le bruit, ...
A. DAUDET, Tartarin de Tarascon, 1872, p. 13.

C’est un cheval échappé. C’est un homme emporté et indiscipliné.
Ça n’est pas le mauvais cheval. C’est un brave homme :

22. On aura beau faire, il y a quelque chose entre nous qui ne colle pas. Mais je ne dis pas que tu sois le mauvais cheval et puis c’est vrai qu’on était mal parti.
SARTRE, Les Mains sales, 1948, 3e tabl., 3, p. 101.

C’est un cheval de retour. C’est un récidiviste :

23. ... maintenant on en était au forçat, au récidiviste, au « cheval de retour ».
HUGO, Les Misérables, t. 1, 1862, p. 316.

C’est son cheval de bataille. C’est son argument favori, son dada :

24. « Par là, (...), le dogme et la controverse, qui ne sont que le cheval de bataille et les armes du sot et du fanatique, fussent insensiblement devenus plus rares dans la chaire ; ... »
LAS CASES, Le Mémorial de Sainte-Hélène, t. 2, 1823, p. 343.

c) Loc. verbales
Vx. Loger à pied et à cheval. Loger les voyageurs à pied et les voyageurs à cheval :

25. Ils arrivèrent à Orangis vers les neuf heures et s’arrêtèrent à l’auberge de la cloche, où les époux Poitrine logeaient à pied et à cheval.
A. FRANCE, Les Dieux ont soif, 1912, p. 126.

Tirer un homme à quatre chevaux. L’écarteler. P. métaph. Je désirais sentir ma vie sans contradictions, ne pas être divisé, tiré à quatre chevaux, être un pour moi (BARRÈS, Mes cahiers, t. 1, 1896-98, p. 38).
Au fig.
Monter sur ses grands chevaux. Se mettre en colère et parler avec hauteur :

26. Oh ! mon bon père, s’écria la petite Barniol en se jetant, sur un coussin, aux genoux de Phellion, ne monte pas sur tes grands chevaux ! Il y a bien des imbéciles et des niais dans les conseils municipaux, et la France va tout de même.
BALZAC, Les Petits bourgeois, 1850, p. 97.

Faire quelque chose à pied, à cheval, et en voiture. Faire quelque chose de toutes les façons possibles :

27. On mentait avec rage au delà de l’imaginaire, bien au delà du ridicule et de l’absurde, dans les journaux sur les affiches, à pied, à cheval, en voiture. Tout le monde s’y était mis.
CÉLINE, Voyage au bout de la nuit, 1932, p. 69.

Lâcher son cheval :

28. ... l’attente est un état violent. Je lâche mon cheval, c’est-à-dire que je suis méprisant, insolent, menaçant ; je me jette ; j’achève mon malheur. Ce mouvement est commun ; chacun en a l’expérience. Tous les mouvements d’humeur sont ainsi prévus, redoutés, et enfin confirmés par le gouvernement intérieur, qui achève alors l’événement, qui joue son rôle comme un acteur le jouerait.
ALAIN, Propos, 1928, p. 792.

d) Loc. proverbiales
C’est un cheval à l’écurie. C’est une dépense permanente :

29. Les Jardies sont un cheval à l’écurie ; on ne les loue pas, et il faut payer mille francs par an en concierge, impositions et réparations.
BALZAC, Lettres à l’Étrangère, t. 2, 1850, p. 431.

Cela ne se trouve pas (dans le pas, sous le sabot, sous le pas) d’un cheval. C’est très difficile à trouver. Oui : un honnête homme ne se trouve pas sous le pied d’un cheval (E. AUGIER, Ceinture dorée, 1855, II, p. 362).
Être mal à cheval. Être mal dans ses affaires.
Fermer l’écurie quand les chevaux sont dehors. Prendre des précautions quand il est trop tard.
Je lui ferai voir que son cheval n’est qu’une bête. Je lui ferai voir qu’il se trompe lourdement.
N’avoir ni cheval ni mule. Être sans ressources.
e) Proverbes. À cheval donné, il ne faut pas regarder à la bouche ou à la bride. Il faut toujours être content d’un cadeau reçu. À cheval hargneux, étable à part. Il faut écarter les gens querelleurs. À jeune cheval, vieux cavalier. Il faut un homme expérimenté pour diriger des hommes inexpérimentés. À méchant cheval, bon éperon. Dans les affaires compliquées, il faut beaucoup de fermeté. Après bon vin, bon cheval. Après avoir bien bu, l’homme est plus hardi. Changer son cheval borgne contre un aveugle. Changer quelque chose de mauvais contre quelque chose de pire. Il est bien aisé d’aller à pied quand on tient son cheval par la bride. Il est facile d’endurer certains ennuis quand on peut s’en délivrer à volonté. Il fait toujours bon tenir son cheval par la bride. Il est bon d’être toujours maître de ses affaires. Il n’est si bon cheval qui ne bronche. Tout le monde peut se tromper. Il n’est si bon cheval qui ne devienne rosse. Tout homme est enclin à vieillir. Jamais bon cheval ne devient rosse. On ne perd jamais entièrement de bonnes qualités. Jamais coup de pied de jument ne fit mal à cheval. Un homme doit prendre galamment tout ce qui vient d’une femme. L’œil du maître engraisse le cheval. Les affaires vont mieux quand on les surveille soi-même. Les chevaux courent les bénéfices et les ânes les attrapent. Les récompenses ne vont pas toujours à ceux qui les méritent. Quand le foin manque aux râteliers, les chevaux se battent. Les querelles naissent quand manque l’argent.
f) [En réf.]
Début de l'objet 1 de la requête (Paragraphe) [à l’Hist.] Cheval d’Alexandre, cheval de bronze, cheval de Caligula, cheval de Mazeppa, cheval noir d’Attila, cheval de Roland, cheval de Saint-Georges (cf. cavalerie), cheval de Troie.Fin de l'objet 1 de la requête (Paragraphe).
Richard III, Tragédie de Shakespeare] :

30. Joseph se détacha de l’appareil et cria : « Ma voiture, tout de suite ! » comme jadis un roi d’Angleterre, sur le champ de bataille : « Un cheval ! Ma couronne pour un cheval ! »
G. DUHAMEL, Chronique des Pasquier, La Passion de Joseph Pasquier, 1945, p. 200.

[à la Myth.] Le cheval prophétique d’Achille, les chevaux ailés, les chevaux marins :

31. La fable des chevaux ailés, notre Pégase, a sans doute pris naissance dans ces pays, où les bergers ont pu voir souvent un onagre sautant d’un rocher à un autre.
BALZAC, La Peau de chagrin, 1831, p. 233.

[à l’Écriture sainte] Le cheval-aigle, les chevaux de l’Apocalypse.
C. Emplois spéc.
1. ASTROL. Cheval du sagittaire.
2. ASTRON. Cheval ou Pégase ; Petit Cheval. Constellations de l’hémisphère boréal.
3. MÉCAN., au plur. Cheval, synon. p. abrév. de cheval-vapeur*.
4. COIFFURE, fam. Queue de cheval. Coiffure féminine consistant à nouer les cheveux derrière la nuque. Nouer ses cheveux en queue de cheval (COLETTE, Claudine à l’école, 1900, p. 33).
5. HÉRALD. Cheval animé, bordé, caparaçonné, passant. Figure du blason représentant toujours le cheval de profil.
6. JEUX
a) Cheval à bascule, cheval de bois, cheval mécanique. J’avais des jouets, une voiture bleue avec des roues, un cheval de bois (GUÉHENNO, Journal d’un homme de quarante ans, 1934, p. 25).
b) Chevaux de bois. Manège dans une fête foraine. Un chevaux-de-bois musique dans le lointain (BARRÈS, Mes cahiers, t. 6, 1907, p. 33).
c) Cheval fondu. Synon. saute-mouton (vx) :

32. Ils dominaient dans les récréations ainsi que dans les classes et montraient, au cheval fondu et dans les parties de barres, la maîtrise que nous leur reconnaissions en thème grec et en discours latin.
A. FRANCE, La Vie en fleur, 1922, p. 359.

d) Petits chevaux. Jeu de hasard où l’on fait avancer des pions à tête de cheval. Je perds au chemin de fer, je perds aux petits chevaux (...) et je perds au bridge ! (BERNSTEIN, Le Secret, 1913, II, 1, p. 17).
e) Cheval. Synon. de cavalier (dans le jeu d’échecs) :

33. ... ces sauterelles à ailes bleues et rouges qui avancent dans les bruyères en sautant de biais comme le cheval aux échecs.
GIRAUDOUX, Simon le Pathétique, 1926, p. 238.

f) Mise placée sur deux numéros dans le jeu de la roulette :

34. Cheval. Terme des joueurs de roulette (...) « Pour le cheval, on vous a donné 17 louis ».
L. LARCHEY, Dict. hist. d’arg., Nouv. Suppl., 1889, p. 54.

7. ART MILIT.
a) Cheval de frise. Solive traversée de part en part de pieux armés de fer et que l’on utilise comme moyen de défense ou comme barrage :

35. Lorsqu’il [Bucquey] jeta les yeux sur le quai [du haut du Fort l’Evêque], il fut effrayé... de cette quantité... de chevaux de frise et autres ingrédients qui, dit-il « formaient un spectacle des plus affreux... car on croyait voir une forêt toute hérissée de fer. »
NERVAL, Les Illuminés, 1852, p. 42.

b) Cheval de bois (cf. chevalet) :

36. Celle-ci [la charpente] porte, au centre de ses rayons, un cheval de bois ou chevalet, instrument de torture dont l’application fut encore froidement réglée par une ordonnance de 1670.
G. SAND, Les Beaux Messieurs de Bois-Doré, t. 1, 1858, p. 26.

8. SC. NAT.
a) BOT. Queue-de-cheval. Synon. vulgaire de la prêle* (cf. NOSBAN, Nouv. manuel complet du menuisier, t. 2, 1857, p. 176).
b) ZOOLOGIE
Genre cheval. Genre de la famille des équidés dont le zèbre est une espèce :

37. ... en même temps que les rhinocéros et les hippopotames sont à leur apogée, enfin que le genre cheval fait son apparition.
A. DE LAPPARENT, Abr. de géol., 1886, p. 369.

Antilope-cheval. Grande antilope d’Afrique Occidentale (cf. MARAN, Batouala, 1921, p. 157).
Cheval marin. Synon. vulg. de l’hippocampe (cf. H. COUPIN, Animaux de nos pays, 1909, p. 186).
Pied-de-cheval :

38. La pluie faisait dans les gouttières le bruit de quelqu’un qui mâche du caoutchouc. Des regards comme des éclairs de chaleur. Une langue comme cette huître qu’on appelle pied-de-cheval.
RENARD, Journal, 1894, p. 197.

9. SP. Cheval d’arçons, (vx) cheval de bois. Instrument rembourré muni de quatre pieds, avec ou sans poignées, et sur lequel des sportifs s’exercent à sauter, à voltiger.
Cheval de voltige. Un cheval de voltige en bois avec le rembourrage eût été dispendieux (FLAUBERT, Bouvard et Pécuchet, t. 2, 1880, p. 64).
10. TECHNOL. Petit cheval. Pompe alimentaire d’une chaudière à vapeur (cf. A. CRONEAU, Constr. pratique des navires de guerre, t. 2, 1892, p. 316).
11. TURF. Jouer un cheval dans une course ; miser sur un cheval :

39. J’ai joué le cheval que vous m’aviez indiqué, et, naturellement, j’ai perdu.
BENOIT, L’Atlantide, 1919, p. 15.

Parler cheval. Il tenait à la main un journal de sports. Pour combler le silence, j’essayai de parler cheval (MAURIAC, Le Nœud de vipères, 1932, p. 204).
Longueur* de cheval :

40. ... lorsque je les vis arriver au but, devançant les coureurs de trois longueurs de cheval, je fus si joyeuse que je me mis à battre des mains comme une folle.
A. DUMAS Père, Le Comte de Monte-Cristo, t. 1, 1846, p. 775.

Prononc. et Orth. : [()val], plur. [-o] ; pour [] cf. chemin. ROUSS.-LACL. 1927 signale que à Paris, on peut entendre, bien que rarement : jeval pour cheval, jeveu pour cheveu. Cf. lettre C. Ds Ac. 1694-1932. Au plur. des chevaux. Étymol. et Hist. A. Début XIIe s. désigne l’animal (Lois G. le Conquérant, éd. J. E. Matzke, § 5) ; ca 1100 (Roland, éd. J. Bédier, 890) ; spéc. ca 1195 cheval désigne le mâle (AMBROISE, Guerre sainte, 8296 ds T.-L., s.v. ive) ; 1873 désigne la viande (DUMAS) ; 1. ca 1100 as chevals « montés sur des chevaux » (Roland, 1095) ; d’où ca 1100 interj. as chevals ! ordre de monter à cheval (Roland, 2986) ; av. 1661 à cheval « à califourchon » (St Amand ds FUR. : à cheval sur des coquesigruës) ; 1835 fig. être à cheval sur « être très strict, ferme sur » (Ac.) ; a) 1160-70 gent a cheval « soldat à cheval » (WACE, Rou, III, 2651 ds KELLER, p. 262a) 1668, MOLIÈRE, Amphitryon, I, 1 ; av. 1511 hommes de cheval « cavaliers » (COMM., IV, 1 ds LITTRÉ) ; chevaux « soldats à cheval », v. chevau-légers ; b) 1690 « équitation » (FUR.) ; av. 1866 monde du cheval (L. Reybaud ds Lar. 19e) ; 2. a) fin XIIIe s. être a cheval « être insolent » (Deuxième coll. anglo-norm. des Mir. de la Ste Vierge, éd. H. Kjellman, 48, 179) ; p. ext. av. 1622 mettre son opinion a cheval « la faire prévaloir » (F. DE SAL., Aut. de S.P., ms. Chigi, fo 96a ds GDF. Compl.) ; b) 1579 estre mal a cheval « être mal à l’aise » (LARIV., les Ecol., V, 3, ibid.) ; c) av. 1592 monter sur ses grands chevaulx « s’emporter » (MONT., IV, 193 ds LITTRÉ) ; 3. 1539 medecine pour les chevaulx (EST.) ; d’où fig. 1690 médecine de cheval (FUR.) ; 1690 travail de cheval (ibid.) ; 1798 fièvre de cheval (Ac.) ; 4. 1690 fig. cheval de bataille (FUR.) ; 5. emplois fig. s’appliquant à une pers. 1670 cheval de carosse « homme grossier ou brutal » (MOLIÈRE, Le Bourgeois gentilhomme, II, 2) ; 1828 arg. cheval de retour « récidiviste » (VIDOCQ, Mém. ds ESN.) ; 1829 (HUGO, Le Dernier jour d’un condamné, 667 Ollendorff ds QUEM.). B. 1. 1512 jeux au chevau fondu (GRINGORE, Sottie contre Jules II, 109 ds Recueil de Sotties, Paris, éd. E. Picot, 1904, t. 2, p. 139) ; 1556 cheval de bois (Argenterie de la reine, fos 1 et 13 ds GAY) ; 1680 fortif. cheval de frise (RICH.) ; 1768 technol. cheval « support » (Encyclop. t. 27, ardoiserie d’Anjou, p. 12a) ; 1891 petits chevaux désigne un jeu de hasard (H. BAUER, au Soleil, Echo de Paris ds GUÉRIN2) ; 1946 cheval d’arçon (AMBRIÈRE, Les Grandes vacances, p. 310) ; 2. 1611 cheval marin « hippocampe » (COTGR.). Du lat. caballus d’abord « mauvais cheval » (Lucilius ds TLL s.v., 3, 67), puis « cheval hongre » et « cheval de travail » terme pop., dès Varron est le substitut du lat. class. equus qu’il supplante ultérieurement. Fréq. abs. littér. : 14 521. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 25 519, b) 28 396 ; XXe s. : a) 18 716, b) 13 507. Bbg. Atteler des chevaux sur un duc. L’Intermédiaire des chercheurs et des curieux. 1882, t. 15, p. 37, 84, 85. BONAN GARRIGUES (M.), ÉLIE (J.). Essai d’analyse sémique. Cah. Lexicol. 1971, pp. 81-82. GOTTSCH. Redens. 1930, passim. GOUG. Mots t. 1, 1962, pp. 70-73. KITZA (A.). Das Ross in den altfranzösischen Abenteuerromanen. Marburg, 1887. KURRELMEYER (W.). Friesischer Reiter « cheval de frise ». Mod. Lang. Notes 1943, t. 58, pp. 350-351. LE BIDOIS Délire 1970, p. 237. MANLY (C.). Words for horse in French and Provençal. Baltimore, 1939. MAT. Louis-Philippe. 1951, p. 54. MILLEPIERRES (F.). Les Noms du cheval. Vie Lang. 1959, pp. 662-664. MONFRIN (J.). Romania. 1963, t. 84, p. 142. PERROCHON (H.). Cheval et chèvre en Suisse romande. Vie Lang. 1961, pp. 371-373. QUEM. 2e s. t. 4 1972. ROG. 1965, p. 40. SAIN. Arg. 1972 [1907], p. 105. SANDMANN (M.). Monter à cheval. Rom. Jahrb. 1962, t. 13, pp. 28-42. STEIGER (A.). Altromanische Pferdenamen. Mél. Wartburg (W. von) 1958, pp. 767-796. TOURNEMILLE (J.). Au jardin des loc. fr. Vie Lang. 1967, p. 410. TUAILLON (G.). Analyse d’une carte ling. : cheval-chevaux. Trav. Ling. Litt. Strasbourg. 1971, t. 9, no 1, pp. 91-176. VIGNERON (P.). Le Cheval dans l’Antiquité. Nancy, 1968.

CHEVAL, AUX, subst. masc.


e) Proverbes. À cheval donné, il ne faut pas regarder à la bouche ou à la bride. Il faut toujours être content d’un cadeau reçu. À cheval hargneux, étable à part. Il faut écarter les gens querelleurs. À jeune cheval, vieux cavalier. Il faut un homme expérimenté pour diriger des hommes inexpérimentés. À méchant cheval, bon éperon. Dans les affaires compliquées, il faut beaucoup de fermeté. Après bon vin, bon cheval. Après avoir bien bu, l’homme est plus hardi. Changer son cheval borgne contre un aveugle. Changer quelque chose de mauvais contre quelque chose de pire. Il est bien aisé d’aller à pied quand on tient son cheval par la bride. Il est facile d’endurer certains ennuis quand on peut s’en délivrer à volonté. Il fait toujours bon tenir son cheval par la bride. Il est bon d’être toujours maître de ses affaires. Il n’est si bon cheval qui ne bronche. Tout le monde peut se tromper. Il n’est si bon cheval qui ne devienne rosse. Tout homme est enclin à vieillir. Jamais bon cheval ne devient rosse. On ne perd jamais entièrement de bonnes qualités. Jamais coup de pied de jument ne fit mal à cheval. Un homme doit prendre galamment tout ce qui vient d’une femme. L’œil du maître engraisse le cheval. Les affaires vont mieux quand on les surveille soi-même. Les chevaux courent les bénéfices et les ânes les attrapent. Les récompenses ne vont pas toujours à ceux qui les méritent. Quand le foin manque aux râteliers, les chevaux se battent. Les querelles naissent quand manque l’argent.
f) [En réf.]
Début de l'objet 1 de la requête (Paragraphe) [à l’Hist.] Cheval d’Alexandre, cheval de bronze, cheval de Caligula, cheval de Mazeppa, cheval noir d’Attila, cheval de Roland, cheval de Saint-Georges (cf. cavalerie),cheval de Troie.Fin de l'objet 1 de la requête (Paragraphe)
Richard III, Tragédie de Shakespeare] :

30. Joseph se détacha de l’appareil et cria : « Ma voiture, tout de suite ! » comme jadis un roi d’Angleterre, sur le champ de bataille : « Un cheval ! Ma couronne pour un cheval ! »
G. DUHAMEL, Chronique des Pasquier, La Passion de Joseph Pasquier, 1945, p. 200.

[à la Myth.] Le cheval prophétique d’Achille, les chevaux ailés, les chevaux marins :

31. La fable des chevaux ailés, notre Pégase, a sans doute pris naissance dans ces pays, où les bergers ont pu voir souvent un onagre sautant d’un rocher à un autre.
BALZAC, La Peau de chagrin, 1831, p. 233.

[à l’Écriture sainte] Le cheval-aigle, les chevaux de l’Apocalypse.
C. Emplois spéc.
1. ASTROL. Cheval du sagittaire.
2. ASTRON. Cheval ou Pégase ; Petit Cheval. Constellations de l’hémisphère boréal.
3. MÉCAN., au plur. Cheval, synon. p. abrév. de cheval-vapeur*.
4. COIFFURE, fam. Queue de cheval. Coiffure féminine consistant à nouer les cheveux derrière la nuque. Nouer ses cheveux en queue de cheval (COLETTE, Claudine à l’école, 1900, p. 33).
5. HÉRALD. Cheval animé, bordé, caparaçonné, passant. Figure du blason représentant toujours le cheval de profil.
6. JEUX
a) Cheval à bascule, cheval de bois, cheval mécanique. J’avais des jouets, une voiture bleue avec des roues, un cheval de bois (GUÉHENNO, Journal d’un homme de quarante ans, 1934, p. 25).
b) Chevaux de bois. Manège dans une fête foraine. Un chevaux-de-bois musique dans le lointain (BARRÈS, Mes cahiers, t. 6, 1907, p. 33).
c) Cheval fondu. Synon. saute-mouton (vx) :

32. Ils dominaient dans les récréations ainsi que dans les classes et montraient, au cheval fondu et dans les parties de barres, la maîtrise que nous leur reconnaissions en thème grec et en discours latin.
A. FRANCE, La Vie en fleur, 1922, p. 359.

d) Petits chevaux. Jeu de hasard où l’on fait avancer des pions à tête de cheval. Je perds au chemin de fer, je perds aux petits chevaux (...) et je perds au bridge ! (BERNSTEIN, Le Secret, 1913, II, 1, p. 17).
e) Cheval. Synon. de cavalier (dans le jeu d’échecs) :

33. ... ces sauterelles à ailes bleues et rouges qui avancent dans les bruyères en sautant de biais comme le cheval aux échecs.
GIRAUDOUX, Simon le Pathétique, 1926, p. 238.

f) Mise placée sur deux numéros dans le jeu de la roulette :

34. Cheval. Terme des joueurs de roulette (...) « Pour le cheval, on vous a donné 17 louis ».
L. LARCHEY, Dict. hist. d’arg., Nouv. Suppl., 1889, p. 54.

7. ART MILIT.
a) Cheval de frise. Solive traversée de part en part de pieux armés de fer et que l’on utilise comme moyen de défense ou comme barrage :

35. Lorsqu’il [Bucquey] jeta les yeux sur le quai [du haut du Fort l’Evêque], il fut effrayé... de cette quantité... de chevaux de frise et autres ingrédients qui, dit-il « formaient un spectacle des plus affreux... car on croyait voir une forêt toute hérissée de fer. »
NERVAL, Les Illuminés, 1852, p. 42.

b) Cheval de bois (cf. chevalet) :

36. Celle-ci [la charpente] porte, au centre de ses rayons, un cheval de bois ou chevalet, instrument de torture dont l’application fut encore froidement réglée par une ordonnance de 1670.
G. SAND, Les Beaux Messieurs de Bois-Doré, t. 1, 1858, p. 26.

8. SC. NAT.
a) BOT. Queue-de-cheval. Synon. vulgaire de la prêle* (cf. NOSBAN, Nouv. manuel complet du menuisier, t. 2, 1857, p. 176).
b) ZOOLOGIE
Genre cheval. Genre de la famille des équidés dont le zèbre est une espèce :

37. ... en même temps que les rhinocéros et les hippopotames sont à leur apogée, enfin que le genre cheval fait son apparition.
A. DE LAPPARENT, Abr. de géol., 1886, p. 369.

Antilope-cheval. Grande antilope d’Afrique Occidentale (cf. MARAN, Batouala, 1921, p. 157).
Cheval marin. Synon. vulg. de l’hippocampe (cf. H. COUPIN, Animaux de nos pays, 1909, p. 186).
Pied-de-cheval :

38. La pluie faisait dans les gouttières le bruit de quelqu’un qui mâche du caoutchouc. Des regards comme des éclairs de chaleur. Une langue comme cette huître qu’on appelle pied-de-cheval.
RENARD, Journal, 1894, p. 197.

9. SP. Cheval d’arçons, (vx) cheval de bois. Instrument rembourré muni de quatre pieds, avec ou sans poignées, et sur lequel des sportifs s’exercent à sauter, à voltiger.
Cheval de voltige. Un cheval de voltige en bois avec le rembourrage eût été dispendieux (FLAUBERT, Bouvard et Pécuchet, t. 2, 1880, p. 64).
10. TECHNOL. Petit cheval. Pompe alimentaire d’une chaudière à vapeur (cf. A. CRONEAU, Constr. pratique des navires de guerre, t. 2, 1892, p. 316).
11. TURF. Jouer un cheval dans une course ; miser sur un cheval :

39. J’ai joué le cheval que vous m’aviez indiqué, et, naturellement, j’ai perdu.
BENOIT, L’Atlantide, 1919, p. 15.

Parler cheval. Il tenait à la main un journal de sports. Pour combler le silence, j’essayai de parler cheval (MAURIAC, Le Nœud de vipères, 1932, p. 204).
Longueur* de cheval :

40. ... lorsque je les vis arriver au but, devançant les coureurs de trois longueurs de cheval, je fus si joyeuse que je me mis à battre des mains comme une folle.
A. DUMAS Père, Le Comte de Monte-Cristo, t. 1, 1846, p. 775.

Prononc. et Orth. : [()val], plur. [-o] ; pour [] cf. chemin. ROUSS.-LACL. 1927 signale que à Paris, on peut entendre, bien que rarement : jeval pour cheval, jeveu pour cheveu. Cf. lettre C. Ds Ac. 1694-1932. Au plur. des chevaux. Étymol. et Hist. A. Début XIIe s. désigne l’animal (Lois G. le Conquérant, éd. J. E. Matzke, § 5) ; ca 1100 (Roland, éd. J. Bédier, 890) ; spéc. ca 1195 cheval désigne le mâle (AMBROISE, Guerre sainte, 8296 ds T.-L., s.v. ive) ; 1873 désigne la viande (DUMAS) ; 1. ca 1100 as chevals « montés sur des chevaux » (Roland, 1095) ; d’où ca 1100 interj. as chevals ! ordre de monter à cheval (Roland, 2986) ; av. 1661 à cheval « à califourchon » (St Amand ds FUR. : à cheval sur des coquesigruës) ; 1835 fig. être à cheval sur « être très strict, ferme sur » (Ac.) ; a) 1160-70 gent a cheval « soldat à cheval » (WACE, Rou, III, 2651 ds KELLER, p. 262a) 1668, MOLIÈRE, Amphitryon, I, 1 ; av. 1511 hommes de cheval « cavaliers » (COMM., IV, 1 ds LITTRÉ) ; chevaux « soldats à cheval », v. chevau-légers ; b) 1690 « équitation » (FUR.) ; av. 1866 monde du cheval (L. Reybaud ds Lar. 19e) ; 2. a) fin XIIIe s. être a cheval « être insolent » (Deuxième coll. anglo-norm. des Mir. de la Ste Vierge, éd. H. Kjellman, 48, 179) ; p. ext. av. 1622 mettre son opinion a cheval « la faire prévaloir » (F. DE SAL., Aut. de S.P., ms. Chigi, fo 96a ds GDF. Compl.) ; b) 1579 estre mal a cheval « être mal à l’aise » (LARIV., les Ecol., V, 3, ibid.) ; c) av. 1592 monter sur ses grands chevaulx « s’emporter » (MONT., IV, 193 ds LITTRÉ) ; 3. 1539 medecine pour les chevaulx (EST.) ; d’où fig. 1690 médecine de cheval (FUR.) ; 1690 travail de cheval (ibid.) ; 1798 fièvre de cheval (Ac.) ; 4. 1690 fig. cheval de bataille (FUR.) ; 5. emplois fig. s’appliquant à une pers. 1670 cheval de carosse « homme grossier ou brutal » (MOLIÈRE, Le Bourgeois gentilhomme, II, 2) ; 1828 arg. cheval de retour « récidiviste » (VIDOCQ, Mém. ds ESN.) ; 1829 (HUGO, Le Dernier jour d’un condamné, 667 Ollendorff ds QUEM.). B. 1. 1512 jeux au chevau fondu (GRINGORE, Sottie contre Jules II, 109 ds Recueil de Sotties, Paris, éd. E. Picot, 1904, t. 2, p. 139) ; 1556 cheval de bois (Argenterie de la reine, fos 1 et 13 ds GAY) ; 1680 fortif. cheval de frise (RICH.) ; 1768 technol. cheval « support » (Encyclop. t. 27, ardoiserie d’Anjou, p. 12a) ; 1891 petits chevaux désigne un jeu de hasard (H. BAUER, au Soleil, Echo de Paris ds GUÉRIN2) ; 1946 cheval d’arçon (AMBRIÈRE, Les Grandes vacances, p. 310) ; 2. 1611 cheval marin « hippocampe » (COTGR.). Du lat. caballus d’abord « mauvais cheval » (Lucilius ds TLL s.v., 3, 67), puis « cheval hongre » et « cheval de travail » terme pop., dès Varron est le substitut du lat. class. equus qu’il supplante ultérieurement. Fréq. abs. littér. : 14 521. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 25 519, b) 28 396 ; XXe s. : a) 18 716, b) 13 507. Bbg. Atteler des chevaux sur un duc. L’Intermédiaire des chercheurs et des curieux. 1882, t. 15, p. 37, 84, 85. BONAN GARRIGUES (M.), ÉLIE (J.). Essai d’analyse sémique. Cah. Lexicol. 1971, pp. 81-82. GOTTSCH. Redens. 1930, passim. GOUG. Mots t. 1, 1962, pp. 70-73. KITZA (A.). Das Ross in den altfranzösischen Abenteuerromanen. Marburg, 1887. KURRELMEYER (W.). Friesischer Reiter « cheval de frise ». Mod. Lang. Notes 1943, t. 58, pp. 350-351. LE BIDOIS Délire 1970, p. 237. MANLY (C.). Words for horse in French and Provençal. Baltimore, 1939. MAT. Louis-Philippe. 1951, p. 54. MILLEPIERRES (F.). Les Noms du cheval. Vie Lang. 1959, pp. 662-664. MONFRIN (J.). Romania. 1963, t. 84, p. 142. PERROCHON (H.). Cheval et chèvre en Suisse romande. Vie Lang. 1961, pp. 371-373. QUEM. 2e s. t. 4 1972. ROG. 1965, p. 40. SAIN. Arg. 1972 [1907], p. 105. SANDMANN (M.). Monter à cheval. Rom. Jahrb. 1962, t. 13, pp. 28-42. STEIGER (A.). Altromanische Pferdenamen. Mél. Wartburg (W. von) 1958, pp. 767-796. TOURNEMILLE (J.). Au jardin des loc. fr. Vie Lang. 1967, p. 410. TUAILLON (G.). Analyse d’une carte ling. : cheval-chevaux. Trav. Ling. Litt. Strasbourg. 1971, t. 9, no 1, pp. 91-176. VIGNERON (P.). Le Cheval dans l’Antiquité. Nancy, 1968.

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