laboratoire Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française (ATILF)
CNRS Université de Lorraine

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Mots du TLFI

CAPTEUR, EUSE, adj. et subst.


CAPTEUR, EUSE, adj. et subst.
A. 1. (Celui, celle, ce) qui s’empare de quelque chose ou de quelqu’un. On met à prix la tête du [forçat] fugitif (...) en promettant aux capteurs une prime (P. SERS, Intérieur des bagnes, essai hist., physiol. et moral, 1845, p. 106).



P. métaph. :

Saurai-je
jamais ce que je dérobe à ceux qui se sont fiés à moi ? (...) J’ai senti
naître, croître, le sentiment de ma dette envers les animaux qui m’ont
consacré leur brève existence. Tutélaire, moi ? Capteuse de
sources plutôt.

COLETTE, Ces plaisirs, 1932, p. 222.



P. anal.
a) ÉLECTRON. (Dispositif) qui recueille un phénomène pour en
faire l’analyse, le mesurer, le transformer en un signal correspondant (cf.

L. COUFFIGNAL, Les Machines à penser, 1964, p.
121). Microphone capteur (J.-J. MATRAS,
Radiodiffusion et télév.,
1958, p. 17).
b) MAR. (Navire) qui a capturé un autre navire.

Rem. Attesté ds la plupart des dict. gén. du XIXe
s. et ds QUILLET 1965 qui n’indique que l’emploi
substantif.
2. Rare, DR., subst. Celui, celle qui s’empare d’un bien, en
particulier d’un héritage, par des manœuvres, des ruses. Synon. moins usuel de
captateur*. Combat entre les capteurs de la succession et les
héritiers
(BALZAC, La Rabouilleuse, 1842, p.
452).

Rem. Ce sens n’est pas attesté ds les dict. gén. des
XIXe et XXe s. ; ds la
docum., ne se rencontre que chez Balzac.
B.

Au fig., adj. [En parlant d’une pers.] Qui conquiert une personne,
une de ses facultés, une chose abstraite. Enfants si gentils et si capteurs
( MAUPASSANT, Fort comme la mort, 1889, p. 27).
Prononc. : [],
fém. [-ø:z]. Étymol. et Hist. 1. 1777-83 (LINGUET,
Annales politiques, civiles et littéraires, Londres, X, 259 et XII, 501
cité par GOHIN, p. 241) ; 1783 subst. mar. (EMERIGON,
Tr. des Assurances, I, 233 ds BRUNOT t. 9, p.
1011, note 6) ; 1795, 25 oct. adj. id. (Décret sur les prises,
art. 46, Bull. Hist. Econ. Révol., 1912, t. 1, p. 269, ibid., note 4) ;
2. 1842 subst. capteurs de la succession, supra. Empr. au b.
lat. captor « celui qui prend » attesté dep. St Augustin ds TLL s.v.,
380, 43. Fréq. abs. littér. : 4. Bbg. GOHIN
1903, p. 241.

KEMNA 1901, pp. 96-97.

Termes techn. fr. Paris, 1972, p. 99, 123.

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