laboratoire Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française (ATILF)
CNRS Université de Lorraine

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FEDER

Moyen Français et Français Préclassique - Accent




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Contextes illustratifs

"Augmentation de l’intensité de la voix sur une syllabe dans un mot"

Et sour l’autel met (…)
Si corte chandaille et si brieve

Que ne porroit pas estre loinge
Ne par accent ne par ditonge
(Gautier de Coinci, Les Miracles de Nostre-Dame, (De l’enfant resuscité), vers 1227, IV, 68)

Aprés ce li covient il [au poète] contrepeser l’accent et la vois, si ke ses rimes s’entracordent en lor accens. Car ja soit ce que tu acordes les letres et les sillabes, certes la risme n’ert ja droite se l’accent se descorde.
(Brunetto Latini, Li Livres dou Tresor, 1267, III, 10)

La demonstrance, c’est la lettre
De toutes choses et le signe
De parolle, qui nous assigne
Les dis des accens
(Christine de Pizan, Le Livre de la Mutacion

 de Fortune, 1400-1403, t. II, page 126).

La sillabe est une assemblée de lettres soubz ung seul accent indistamment proferé, comme ar, bal, duc ; et la diction est celle qui contient une ou pluiseurs sillabes, comme art, Artus, Balam.
(Molinet, L’Art de rhétorique, vers 1482-1492, page 216).

"Inflexion particulière de la voix, par laquelle on vise à exprimer ou feindre un sentiment, et à susciter chez son interlocuteur tel sentiment ou comportement"

 

Michault distingue trois accents :

  • l’Accent grave (utilisé pour contrefaire le sage, menacer un importun, esquiver une requête, rechercher les honneurs)

 

  • l’Accent modéré (utilisé pour feindre tel ou tel sentiment, flatter, complaire, rechercher les bonnes grâces des princes)
  • l’Accent aigu (propre à médire, calomnier, réduire au silence un opposant, gagner qqn à ses idées, etc.)

 

 

Le Grave Accent veult garder gravité

Et veult avoir fier maintien soubz sa main,
Ung cueur enflé, sans quelque humanité,
Et voix partant d’une profundité
De l’estomac, en gros et rude orgain,
Contrefaisant le saige et le gros grain,
Les yeulx ouverts en regars traversans

Pour mieulx choisir emprés lui les passans. (Michault, Le Doctrinal du temps présent,
1466, page 125).

L’Accent second est nommé Moderé,
Et ung petit le Grave Accent surmonte.

Quant cestui est meurement digeré,
Il fait l’omme partout estre honnoré
Et chier tenu, en tant qu’on en tient compte. (...)
Ce Moderé est ung accent flatant
Qui tend tousjours a flater et complaire

 (Michault, Le Doctrinal du temps présent, 1466, page 127)

Ung grave accent, musique larmoyable,
Est bien seant a ce dueil pitoyable.
(Le Maire, Plainte du Desiré, éd. 1549,

 page 403)

Il appella sa chambrière tout fascheusement Pedissèque, laquelle entendit bien à l’accent de son maistre qu’elle auroit quelque leçon, et va incontinent querir son truchement pour assister à la lecture
(Des Périers, Les Nouvelles récréations et joyeux devis, 1558, page 403)

J’ayme avec une jeunesse,
Sous ma lyre chanteresse,
Aux doux accens de ma vois,
Boire de ce vin gregeois.
(Belleau, Œuvres poetiques, éd. 1578, t. II, f° 22)

 

 
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