laboratoire Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française (ATILF)
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Moyen Français et Français Préclassique - Badinage



Vient du latin batare, dont la signification dérivée est "bavarder".

Commentaires

Contextes illustratifs

 

  • Badinage apparaît pour la première fois dans un texte de J. Calvin, en 1541. Ce mot prend ici le sens négatif de « niaiserie, sottise ».

 

  •  Effacer leurs péchés par des badinages qu’ils appellent satisfactions. 
  • (J. Calvin, Institution chrétienne, I, 
    IV,4, 1541.)

  • Il signifie aussi, par extension, « mensonge ».

 

  • LOUYSE - Girard est-il à la maison ?
    GENTILLY - Nenny, il n’y a que son fils.
    LOUYSE. - Voyez comme ce petit coquin est desja fait au badinage, et comme il ment asseurement. Mais
    dis-moy, où pourray-je trouver Girard ?
    GENTILLY. - Il est allé à Charanton et ne reviendra possible d’aujourd’huy.

    (Odet de Turnèbe, Les Contens, 1584, page 84)

  • Pourtant badinage a aussi un sens plus léger : « amusement, divertissement ». En moyen français ou en français pré-classique, il aurait pour synonymes folâtrie ou esbanoi et s’applique souvent au domaine amoureux. Car oui, on badine avec l’amour…

 

 

 

 

 

  • Vous devez toujours, dis-je, avoir devant les yeux

  • Le peu que vous étiez sans ce nœud
    glorieux,
    Afin que cet objet d’autant mieux vous
    instruise
    À mériter l’état où je vous aurai mise,
    À toujours vous connoître, et faire qu’à

    jamais
    Je puisse me louer de l’acte que je fais.
    Le mariage, Agnès, n’est pas un
    badinage :
    À d’austères devoirs le rang de femme

    engage,
    Et vous n’y montez pas, à ce que je
    prétends,
    Pour être libertine et prendre du bon
    temps.
    Votre sexe n’est là que pour la

    dépendance :
    Du côté de la barbe est la toute-
    puissance.
    Bien qu’on soit deux moitiés de la
    société,
    Ces deux moitiés pourtant n’ont point

    d’égalité :
    L’une est moitié suprême et l’autre
    subalterne ;
    L’une en tout est soumise à l’autre qui
    gouverne ;
    Et ce que le soldat, dans son devoir

    instruit,
    Montre d’obéissance au chef qui le
    conduit,
    Le valet à son maître, un enfant à son
    père,
    À son supérieur le moindre petit Frère,

    N’approche point encor de la docilité,
    Et de l’obéissance, et de l’humilité,
    Et du profond respect où la femme
    doit être
    Pour son mari, son chef, son seigneur
    et son maître.

    (Molière, L’école des femmes, 1663,
    page 213)

  • Il est fol de bien, innocent, je vous 

  • affie, et peche qui de luy mal pense.
    Je luy pardonne de bien bon coeur.
    « Il me nazardoit ; ce seront petites 
    follastries entre ma femme et
    moy, comme advient à tous nouveaulx

    mariez. »
    (Rabelais, Tiers Livre,1552, page 325)

  • « Autel puet on d’un amant dire

  • Qui puet parler sans contredire

    A sa dame et prendre loisir
    Toutes heures a son plaisir,
    Sans trouver empeechement,
    C’est assavoir honnestement
    Prendre deduis et esbanois
    Et très tous amoureus denois »

    (Machaut, Le Dit d’Alerion, avant 1349, page 322)


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