laboratoire Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française (ATILF)
CNRS Université de Lorraine

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ILF
FEDER

Mots du TLFI


BROUSSE1, subst. fém.


BROUSSE1, subst. fém.
[En Afrique tropicale] Pays couvert d’arbrisseaux épars et de broussailles. La végétation de la brousse (GIDE, Voyage au Congo, 1927, p. 785) ; une femme indigène, accroupie devant un feu de brousse (R. MARTIN DU GARD, Les Thibault, Épilogue, 1940, p. 876) :

1. L’étude
des populations d’insectes dans certains milieux naturels : forêt sauvage, brousse,
savane, est quasi impossible ; ...
Hist. gén. des sc., t. 3, vol. 2, 1964, p. 683.

P. ext. Tout ce qui
n’est pas la ville. Partir en brousse, village de brousse, taxi brousse ;
homme de la brousse
(VAN DER MEERSCH, Invasion
14,
1935, p. 436).

P. métaph. Les brousses
du langage
(SARTRE, Situations II, 1948, p.
34) :

2. Paris !
Brasier d’âmes ! Ton ciel est pluvieux, ton soleil malade ; mais le climat
spirituel est tropical. Une brousse humaine où la douleur et la joie
vagabondent comme des fauves.
G. DUHAMEL, Journal de Salavin, 1927, p. 114.

P. anal. Étendue
couverte de broussailles :

3. Tenez !...
là-bas !... cette brousse, eh bien, il y a-t-un lièvre qui tous les
matins passe par ce pertuis-là.
CHÂTEAUBRIANT, M. des Lourdines, 1911, p. 45.

Arg. Foncer dans la
brousse.
,,Monter à l’assaut`` (G. ESNAULT, Notes
complétant et rectifiant
« Le Poilu tel qu’il se parle », 1956).
Pop. Toute
campagne isolée, loin d’un centre important.

PRONONC. : [].
ÉTYMOL. ET HIST.
[La date de 1817 indiquée par Pt ROB. sans ex.
correspond peut-être à celle de 1871 donnée par DAUZAT

1968 aussi sans ex.] ; 1876, 20 avr. (Le Temps, 2e p., 4e
col. dans LITTRÉ Suppl.).
Soit forme abrégée de broussaille*, soit empr. au prov. brousso « 
broussaille » (MISTRAL) de même orig. que brosse*
étymol. 1, le mot ayant été répandu par les troupes coloniales où les Méridionaux
étaient nombreux.

STAT. Fréq. abs. littér.
 :
187.
DÉR. Broussard, subst. masc. ,,Homme de la brousse`` (PLAIS.
1969). Arg. ,,Noir africain, habitant de la brousse`` (ESN. 1966) ; ,,Soldat d’expédition en brousse`` (ESN. 1966).
[].
1re
attest. 1920 arg. des soldats (ESN. 1966 sans ex.) ; dér.
de brousse1, suff. -ard*.

BBG. CARNOY
(A.). Probl. ling. Broussailles et proto-indo-européen. Orbis.
1956, t. 5, p. 112.

 

BROUSSE2, subst. fém.


BROUSSE2, subst. fém.
Région. Caille de lait de brebis ou de chèvre fabriquée en Provence. Synon. recuite.

Rem. Attesté dans la plupart des dict. généraux.
Prononc. : []. Étymol. et Hist. 1505 brosse (Platine de honneste volupté, fo 19 ro dans GDF. Compl.) ; 1579 brousse (JOUB., Pharmacop.,

p. 97, ibid.). Empr. au prov. broce « lait caillé »
(1434 [Vence, Alpes-Maritimes] dans MEYER Doc.
t. 1, p. 522), broussa « id. » (1486 dans PANSIER),
terme attesté en fr.-prov. (Pat. Suisse rom. ; DUR.) ;
l’aire du mot s’étend aussi à la Corse (corse brócciu, v. bruccio)
au Val d’Aoste, au Piémont et à la Ligurie (FEW t. 15, 1, p.
306) ainsi qu’à la Catalogne (ALC.-MOLL).
D’apr. Brüch dans Z. rom. Philol. t. 35, p. 635, GAM.
Rom.1 t. 1, p. 369, t. 2, p. 38 et Gamillscheg

dans Z. rom. Philol. t. 40, p. 148, ce groupe de mots est issu
du got. *
« ce qui est brisé », dér. du got. gabruka « morceau » (FEIST,
s.v. gabruka ; KLUGE20, s.v.
Brocken
). E. Schüle dans Pat. Suisse rom., s.v. brochyè,

estime au contraire qu’un terme got. peut difficilement s’être
implanté dans le vocab. laitier des Alpes, et propose une base préromane
*brottiare, d’orig. inconnue.

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