laboratoire Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française (ATILF)
CNRS Université de Lorraine

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ILF
FEDER

Mots du TLFI

VOL1,
subst. masc.


VOL1,
subst. masc.
A. [Corresp. à voler1
I A ; à propos d’un animal]

1. [Corresp. à voler1 I A 1] Action d’un animal qui
se soutient dans l’air et s’y déplace grâce à ses ailes ou à des organes
analogues. Vol de l’aigle ; prendre son vol ; suivre le vol d’un oiseau, d’un
insecte
. J’y consacrai [à l’écriture d’un morceau]
quinze séances environ (...), avec le vol autour de ma lampe allumée des
grands sphinx de nuit, de ces larges papillons de velours sombre
(BOURGET,
Disciple, 1889, p. 174). C’était, le soir, le vol silencieux des
chauves-souris
(ROLLAND, J.-Chr.,
Antoinette, 1908, p. 836). V. libellule ex. de France, poisson1

A 3 a ex. de Dumont d’Urville.
Vol nuptial*.
CHASSE. Au
vol, en (plein) vol
. Pendant que l’animal effectue son déplacement dans
l’air. Synon. à la volée (v. volée A 1). Le passage des
tourterelles amuse le chasseur au printemps et à l’automne. On les tire au
vol dans les orges, au posé sur les figuiers
(ABOUT,
Grèce, 1854, p. 151).

2. Manière dont un animal utilise dans les airs le mode de locomotion
dont il dispose. Vol audacieux, circulaire, léger, lourd, rapide,
stationnaire
. [La grêle] arrache du front des forêts les châtaignes
Et disperse le vol affolé des pigeons
(ARAGON, Rom.
inach.
, 1956, p. 190). V. frelon1 A ex. de Ramuz.

Vol plané. V. ce mot
I A. Vol ramé. V. ce mot rem. s.v. ramer2.
Vol à voile. Type de
vol particulier aux voiliers pourvus d’ailes longues, qui tirent profit des
courants aériens. Le Pétrel arctique (...) est très nettement celui qui
est le mieux outillé pour le
vol à voile (CHARCOT,
Mer Groënland, 1929, p. 158).

FAUCONN. Oiseau de haut
vol
. Oiseau qui a l’habitude de chasser, de voler dans les régions élevées
de l’atmosphère. Le bois (...) paraissait mort, où les pies nichaient, où
perchaient les oiseaux de haut vol, où se posaient (...) les premiers geais

(FROMENTIN, Dominique, 1863, p. 49). Oiseau
de bas vol
. En fauconnerie, oiseau qui a l’habitude de chasser à une
distance rapprochée de la terre. L’autour et l’épervier sont classés
comme oiseaux de bas vol
(Lar. Lang. fr.).

À vol d’oiseau*. À
vol d’abeille
*.
3. Distance séparant les deux bouts des ailes d’un oiseau lorsqu’elles
sont déployées. Synon. envergure. Cet oiseau a tant de pieds de
vol
(Ac. 1798-1878).

4. Espace qu’un oiseau peut franchir d’un trait en volant. Le
halbran, forcé dans son refuge par le chien, s’envole assez légèrement et
assez rapidement, mais son vol est très court ; il se laisse tomber à
quelques dizaines de mètres au milieu des roseaux
(VIDRON,
Chasse, 1945, p. 78). Demi-vol. ,,Vol d’un oiseau qui va
s’abattre non loin de l’endroit d’où on l’a fait partir`` (LITTRÉ).
Vx. Vol du chapon*.

5. Quantité d’oiseaux ou d’insectes se déplaçant ensemble dans
l’air. Synon. bande2, nuage, nuée, volée. Vol
d’abeilles, de canards, de colombes, de corbeaux, d’hirondelles, de pigeons
.
Le hall restait nu, tout le colossal approvisionnement du Paris-Bonheur
venait d’être déchiqueté, balayé, comme sous un vol de sauterelles dévorantes

(ZOLA, Bonh. dames, 1883, p. 500).

6. FAUCONNERIE
a) (Chasse au) vol. Capture d’un gibier pratiquée à l’aide
d’oiseaux de proie ; manière de capturer tel ou tel gibier. Synon. volerie1.
Il nourrissait (...) l’ambition de restaurer en France le sport oublié de
la chasse au vol. Malheureusement, les problématiques faucons de Norvège
(...) ayant trompé son espoir (...), il (...) dressait plus modestement des
émouchets au vol de l’alouette et de la pie
(BERNANOS,
Soleil Satan, 1926, p. 60).

b) Équipage constitué d’oiseaux de proie dressés et d’hommes formés
à la poursuite du gibier. Ce prince entretenait des vols pour toutes
sortes d’oiseaux
(Ac. 1798-1878).
7. HÉRALD. ,,Ensemble de deux ailes d’oiseau jointes et posées
dos à dos, les pointes en l’air`` (L’Hist. et ses méth., 1961, p.
766). V. péri2 ex. de Proust. Demi-vol. ,,Représentation
d’une seule aile d’oiseau`` (LITTRÉ). Vol abaissé*.
Vol banneret*.

8. [Corresp. à voler1 I A 3] Action de courir à
grande vitesse. Je voyais (...)
emportée par le vol de deux chevaux ardents, minces et contournés comme
on en voit dans les dessins de Constantin Guys (...)

une incomparable victoria (PROUST, Swann,
1913, p. 419).

B. [Corresp. à voler1
I B ; à propos d’un inanimé]
1. [Corresp. à voler1 I B 1] Fait de se soutenir et
de se déplacer en l’air sous/sans l’effet d’un agent extérieur. Le mois
d’octobre s’écoula, des cieux gris et tristes, où le vent ne cessait que
pour ramener bientôt des vols plus sombres de nuages
(ZOLA,
Débâcle, 1892, p. 499).

P. métaph. ou au
fig.
[Dans l’espace et de manière
fictive] Mouvement imaginaire effectué par un ou plusieurs éléments
naturels, par un ou plusieurs objets fabriqués par l’homme ; groupe d’éléments,
d’objets censés effectuer un tel mouvement. L’âme française déployait
la force d’expansion qui lui permettait (...) de suspendre à cent pieds du
sol le vol majestueux des voûtes ogivales
(FAURE, Hist.
art
, 1912, p. 301).

[Dans le temps] Qu’une année
au léger vol Comme étrennes, apparie Repos ou santé pour Paul Et le rire de
Marie
(MALLARMÉ, Vers circonst., 1898, p.
127).
Au vol. [Dans une
situation requérant vivacité intellectuelle, à-propos] C’est un moment
si calme qu’on attraperait, au vol, une des lois de la nature, comme ça, sans
le faire exprès
(DUHAMEL, Terre promise,
1934, p. 51).

De haut vol. De niveau
élevé, connu pour son caractère remarquable. Il se faisait l’effet d’un
riche maniaque en train d’assister dans un bordel de haut vol à une
exhibition spéciale
(BEAUVOIR, Mandarins,
1954, p. 274).
2. [Corresp. à voler1 I B 2]

a) Fait d’être transporté en l’air d’un point à un autre en s’y
maintenant en suspension. L’hiver vint tout d’un coup. La chute des flocons
de neige commença, emportés d’un vol cinglant et capricieux, comme des
mouches
(MOSELLY, Terres lorr. 1907, p. 47).
b) Fait de s’agiter sous l’effet de l’air. À l’aube, apparaissent
les bricks légers et clairs, Avec leur charge d’ambre et de minerai rose Et
le vol bigarré des pavillons dans l’air Et les agrès menus où des aras se
posent
(VERHAEREN, Mult. splendeur, 1906, p.
104).

3. [Corresp. à voler1 I B 3] Déplacement d’un objet
aérien, d’un aéronef, d’un engin spatial à travers l’atmosphère, dans
l’espace. Vol balistique, cosmique, orbital ; vol en orbite. Cet
avion a sa place exacte dans ce hangar, comme dans cinq minutes dans ce ciel.
Ce vol aussi bien calculé que le lancement d’un navire
(SAINT-EXUP.,
Courr. Sud, 1928, p. 5).

En (plein) vol.
Pendant que l’objet se déplace ainsi. Ravitaillement en vol. Un tel
réacteur pourrait être utilisé pour fournir les impulsions nécessaires à
changer en vol l’orientation et la vitesse de la fusée, en particulier en
utilisant la technique nouvelle du moteur ionique
(GOLDSCHMIDT,
Avent. atom., 1962, p. 272).
Prendre son vol. Les
fusées ayant pris leur vol, le contrôle fut effectué alors par le compteur
disposé sur la surface de la cabine
(L’Humanité, 16 août 1962,
p. 7, col. 7-8 ds GUILB. Astronaut. 1967).

Vol libre. Vol sans téléguidage
que l’on fait effectuer à un modèle réduit. Les ailes de planeurs de vol
libre de type E 58, 59, 61 (...) du fait de leurs profils de 5,6 % environ
sont particulièrement difficiles à construire
(THIES
Aéromodélisme 1984).
Vol de pente. Vol
qu’un planeur effectue en utilisant les vents ascendants produits par une déformation
de relief (d’apr. THIES Aéromodélisme 1984).

Vol plané. V. ce mot
I B.
P. méton., rare.
Groupe d’aéronefs se déplaçant ensemble dans les airs. De la direction
de Lille, un vol d’avions se montra. Ils étaient bas et rapides
(VAN

DER MEERSCH, Invas. 14,
1935, p. 410).
4. [Corresp. à voler1 I B 4] Fait d’être projeté
dans l’air ; ensemble de choses projetées. Des coups de revolver crépitèrent,
un vol de balles s’étira sur leurs têtes en sifflant.

À l’eau, les gars ! chuchota Sarcelotte (GENEVOIX,
Raboliot, 1925, p. 277).
Au vol. En
tentant d’atteindre un objet qui se déplace rapidement dans l’espace. Synon. à
la volée
. On se mit à pousser les andains en un tas, rattrapant au
vol ou courant après des poignées de ce foin qui partaient en l’air et se
collaient aux branches comme des haillons
(POURRAT, Gaspard,
1931, p. 265).

Prendre qqc. au vol.
V. prendre 1re Section I B 1 a.
En partic. Déplacement
d’un objet, sonore ou non, autour de son axe ou sur lui-même ; son produit par
ce déplacement. Synon. volée. La grande paix oisive du dimanche
semblait s’épandre du dehors, avec un vol lointain de cloches, sonnant le
dernier coup des vêpres
(ZOLA, Dr Pascal,
1893, p. 327). Ce vol muet des courroies et des poulies, ce va-et-vient des
pistons et des bielles
(FAURE, Espr. formes,
1927, p. 273).

5. [Corresp. à voler1 I B 5] Fait de se déplacer
avec rapidité sur le sol, sur l’eau. Le Zeemeeuw filait, incliné
à bâbord, d’un vol glissé, au rythme doux et large, droit vers une ligne
d’infini qui marquait la haute mer
(VAN DER MEERSCH,
Empreinte dieu, 1936, p. 131).

6. [Corresp. à voler1 I B 7] Fait de s’écouler
rapidement. Synon. cours, envolée. Que les journées sont courtes,
et que je voudrais « suspendre le vol » de cet été béni, où je puis si
librement, si totalement, plonger dans le travail !
(MARTIN
DU
G., Souv. autobiogr., 1955, p. CXII).

C. [Corresp. à voler1
I C ; à propos d’une pers., d’un attribut de la pers.]
1. [Corresp. à voler1 I C 1] Action de se soutenir
dans l’air et de s’y mouvoir comme un oiseau. Le vol sauvage des Walkyries
aux cris stridents avait passé sur le ciel de la Grèce
(ROLLAND,
J.-Chr., Révolte, 1907, p. 438).

Vol plané. V. ce mot
I C.
P. méton. Groupe
de personnes, d’êtres assimilés à des personnes, qui se déplacent dans les
airs. Ma mère renversait la tête vers les nuées, comme si elle eût
attendu qu’un vol d’enfants ailés s’abattît
(COLETTE,
Mais. Cl., 1922, p. 11).

SPORTS. ,,Compétition
de saut sur des tremplins géants permettant de franchir des distances supérieures
à 120 m`` (GAUTRAT Ski 1969).
THÉÂTRE. Action
d’un acteur qui apparaît ou se déplace dans les airs, au moyen d’une
machine. Il y a dans cet opéra des vols bien hardis, bien exécutés (Ac.
1798-1878).

P. métaph. ou au
fig.
[Notamment sur le plan intellectuel, esthét., affectif] À
chacune de ses paroles se levaient, au plus profond de mon être, des vols
d’images, de souvenirs et de douleurs
(DANIEL-ROPS,
Mort, 1934, p. 226).
Prendre son vol.
Prendre son essor. Dans les revues, des chansons prenaient leur vol et
faisaient leur chemin
(Arts et litt., 1935, p. 78-2).

De grand, de haut vol.
De grande envergure dans son activité spécifique. Synon. de haute volée
(v. volée III A 3 c). Élisabeth y ajoute [à sa volonté de
régner
] le désir d’une royauté spirituelle. Très vite, introduire
(dans mon récit) la jalousie de Christine. Ce sont des êtres de grand vol et
que le meurtre ne fait pas reculer
(BARRÈS, Cahiers,
t. 14, 1923, p. 242).

Loc., vieilli. De plein
vol
. Sans occuper les degrés intermédiaires d’une hiérarchie. Cet
homme politique n’a été ni chef de cabinet, ni secrétaire d’État ; il est
arrivé de plein vol au ministère
(Lar. 19e-Lar.
Lang. fr.
).
Avoir le vol pour telle ou
telle chose
(vx). Posséder des talents particuliers pour réussir dans
tel ou tel type d’activité. C’est un homme qui a été employé dans
plusieurs affaires importantes, il a le vol pour les négociations
(Ac.
1798-1878). Prendre son vol. (Commencer à) acquérir de
l’influence, de la notoriété, connaître le succès. Comment les placer

[les fils cadets] sous-lieutenants dans l’armée, après le vol
qu’on a laissé prendre à ces maudits sous-officiers ?
(STENDHAL,
L. Leuwen, t. 1, 1835, p. 178).
Prendre un vol hardi
(vx). S’élever à des compositions requérant un haut niveau de qualité, s’élever
à un ordre de réalités supérieures. Notre philosophie ne prend pas un
vol si hardi. Nous tâchons de rester dans la sphère des idées que la raison
de l’homme peut atteindre
(COURNOT, Fond.
connaiss.
, 1851, p. 460).

Prendre un vol trop haut,
un trop grand vol, un vol bien hardi
(vieilli). ,,Prendre des manières
plus hautes que celles qui conviennent à la qualité dont on est, faire plus
de dépense qu’on ne doit ou qu’on ne peut`` (Ac. 1798-1935).
2. [Corresp. à voler1 I C 2] Action de se déplacer
à travers l’espace, en tant que pilote ou passager, dans/sur un appareil de
locomotion aérienne, dans un engin spatial. Essais en vol ; heures de vol ;
l’heure du vol numéro
tant ; ligne, plan de vol ; vol à basse altitude ;
vol d’essai, de nuit, de reconnaissance ; vol sans visibilité ; annuler un vol ;
arriver par le vol numéro
tant ; le vol numéro tant est annoncé,
attendu
. Les Soviétiques nous indiquèrent, d’abord, que l’équipage
de notre avion ne (...)
[connaissait] ni la route, ni les
signaux (...) ; ensuite, que le mauvais temps rendrait le vol trop aléatoire
en ce commencement d’hiver
(DE GAULLE,
Mém. guerre, 1959, p. 59).

AVIAT. Feuille* de
vol
. Simulateur* de vol.
Vol plané. V. ce mot
I B.

Vol régulier. Vol
programmé et publié par une compagnie aérienne (d’apr. Tourisme Loisirs
1982). Vol supplémentaire. Vol non programmé s’ajoutant aux vols réguliers
(d’apr. Tourisme Loisirs 1982).
SPORTS, LOISIRS

Vol à voile.
Activité consistant dans le pilotage d’un planeur qui utilise comme moteur l’énergie
aérologique. Entre les deux guerres mondiales, les Allemands vont se
remettre au vol à voile avec des intentions militaires
(P. GERMA,
Depuis quand ? Paris, Berger-Levrault, 1982, p. 340).
Vol libre. Vol effectué
à bord d’une aile volante (v. volant1 B 3). 1973. L’Américain
Kishazy effectue en vol libre la descente du Mont Blanc
(PETIOT

1982).
Vol de pente.
Discipline voisine du parachutisme, ,,qui se pratique surtout en montagne où
les dénivelés permettent aux parachutistes de décoller en s’aidant de la
pente et d’utiliser durant le vol les ascendances dues au relief`` (Magazine
hebdo
, 31 août 1984, p. 47, col. 2).
3. [Corresp. à voler1 I C 3] Action de se déplacer
rapidement sur le sol, vers un lieu déterminé ; groupe de personnes se déplaçant
ensemble avec rapidité. C’est un sombre vol de cinq cents cavaliers,
Pirates du désert, vivant Sémoûn qui rôde, Jour et nuit, à travers les
sables familiers
(LECONTE DE LISLE,
Poèmes trag., 1886, p. 123). Prendre son vol. Les collégiens
ont pris leur vol vers le toit paternel
(Lar. 19e-20e).

Au vol. En se déplaçant
rapidement vers un objet ou une personne immobiles ; en tentant d’atteindre une
personne qui se déplace rapidement. Prendre le train au vol. L’araba tour
à tour se précipite dans de longs chemins silencieux (...), puis ralentit au
milieu d’une place (...) Au vol, j’entrevois une gigantesque mosquée (...)
Enfin, la voiture s’arrête
(FARRÈRE, Homme qui
assass.
, 1907, p. 157).
Prononc. et Orth. : [].
Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. a) 1172-90 « 
action de voler (en parlant d’un oiseau) » (CHRÉTIEN DE
TROYES, Perceval, éd. F. Lecoy, 4165 : le vol) ;
b) 1864 vol ramé, vol à voile (D’ESTERNO,
Brevet 61.665, 26 janv. ds GUILB. Aviat., p. 647
et p. 699a, s.v. ramer) ; 1869 vol plané (MAREY
ds Rev. des cours scientifiques, p. 603, ibid., p. 632a, s.v.
plané
) ; 2. a) 1205-50 de plein vol « directement, sans
intermédiaire » (Renart, éd. E. Martin, branche XIII, 446, t. 2, p.
55 : li autre vindrent de plein vol) ; ca 1485 (Mistere du Viel
Testament
, éd. J. de Rothschild, 45932 : de plain vol) ; 1686 (BAYLE,
Commentaire philos. ds Œuvres diverses, t. 2, 1727, p. 390 :
directement et de plein vol) ; b) )

2e moit. XIIIe s. prendre son
vol
(Roncevaux, éd. W. Foerster, p. 333 : [l’épervier] prist son vol) ;
)

fin XVIe-déb. XVIIe
s. fig. « s’en aller » (PASQUIER, Recherches de la
France
, éd. 1665, p. 738 : prit son vol dans Geneve) ; 1611 (J. BERTAUT,
Œuvres poét., éd. 1620, p. 324) ; )
ca 1580 fig. « prendre son essor, commencer à progresser » (D’AUBIGNÉ,
Printemps, préf., éd. H. Weber, 1960, p. 38 : Prends ton vol,
mon petit livre) ; fin XVIe-déb. XVIIe s. (PASQUIER, op. cit., p. 241 : voulant prendre
son vol trop haut) ; c) )
1486 haut vol, bas vol (GUILLAUME ALEXIS,
Le Blason des fausses amours, éd. A. Piaget et E. Picot, t. 1, p. 225 :
Qui du hault vol Vient au bas vol) ; ) 1788 du haut vol fig. « de grande envergure dans son genre » (CAZOTTE,
L’Honneur perdu et recouvré, éd. 1817, p. 39 : une jongleuse du haut-vol) ;
1846 de grand vol (MICHELET, Peuple, p.
201 : un homme important, de grand vol) ; 1857 de haut vol (SAND,
Beaux MM. Bois-Doré, t. 1, p. 37 : grands seigneurs de haut vol) ;
d) ) 1750 au vol (FOUGERET DE MONBRON,
Le Cosmopolite, éd. 1753, p. 68 : vapeurs qui [...] tuoient les oiseaux
au vol) ; 1765 (DIDEROT, Lettres à S. Volland,
t. 2, p. 107 : on tire au vol) ; 1863 en plein vol (FROMENTIN,
Dominique, p. 6 : l’oiseau, foudroyé en plein vol) ; ) 1750 au vol fig. (FOUGERET DE MONBRON,
Margot la Ravaudeuse, p. 44 : il fallait, pour ainsi parler, la saisir
au vol [Marguerite, un modèle pour peintres]) ; 1810 (STAËL,
Allemagne, t. 1, p. 143 : l’esprit allemand [...] ne saisit rien au vol) ;
1821 (J. DE MAISTRE, Soirées
St-Pétersb.
, t. 2, p. 31 : l’élégant papillon qu’il a saisi au vol) ;
e) ) 1776 à vol d’oiseau « d’un point élevé » (BONNET,
Lettre, XXXIII ds Œuvres d’hist. nat. et de philos., t. 12,
1781, p. 221 : il [...] ne voit les objets qu’à vol d’oiseau) ; [cf.
en archit. l’expr. à vue d’oiseau (en parlant du plan d’un bâtiment)
1676, FÉLIBIEN, p. 769, s.v. veue : Veue d’Irondelle,
ou Veuë d’Oiseau] ; 1816 (MAINE DE BIRAN,
Journal, p. 192 : cette belle vallée, vue à vol d’oiseau) ; ) 1771 à vol d’oiseau « en ligne droite » (Trév., s.v. oiseau) ;
3. a) fin XIIIe s. « les ailes de
l’oiseau » (Medicinal des oiseus, ms. Oxford Bodl. Digby 86, fo 54 ds TILANDER, Glanures lexicographiques, Lund,
1932) ; 1377 (GACE DE LA BUIGNE,
Deduis, éd. Å. Blomqvist, 9441 : grosses espaulles et lonc vol) ;
b) 1611 hérald. vol « meuble figurant deux ailes d’oiseau » (COTGR.) ;
1671 demy-vol « meuble figurant une aile d’oiseau » (POMEY) ;
1690 demi vol (FUR.) ; 4. 1376 « chasse
faite avec des oiseaux de proie » (Modus et Ratio, éd. G. Tilander,
§ 114, 17 : les biaus vols que un esprevier fait) ; 5. a) 1530 « 
groupe d’oiseaux se déplaçant ensemble dans l’air » (PALSGR.,
p. 207b : Company of wylde foule vol) ; 1552 (RABELAIS, Quart Livre, éd.
R. Marichal, chap. 30, p. 144 : les pensées, comme un vol d’estourneaulx) ;
b) 1549 « équipage d’oiseaux de proie dressés à la chasse » (Compte
4e de R. de Bouloingne
, fo 257 ro, Ch.
des Comptes de Lille, B 2476 ds GDF. Compl. : ung
vol d’oiseaulz pour herrons) ; 6. a) 1506 dr. vol du chapon (Anc. Coutumes de sens, art. 190 ds Nouv. Coutumier gén. t. 3,
p. 498a) ; 1564 (THIERRY : le vol d’un chapon) ; b)
1606 « distance qu’un oiseau peut parcourir d’un trait » (NICOT,
s.v. tire) ; 1636 (MONET). B. 1. 1176-81
« mouvement, course d’un objet dans les airs » (CHRÉTIEN DE
TROYES, Charrette, éd. M. Roques, 765 : Si li
cheï tot a un vol La lance et li escuz del col) ; 2. a) 1550
fig. « essor, extension d’une action, d’une faculté, etc. » (RONSARD,
Œuvres compl., éd. P. Laumonier, t. 1, p. 135 : La plume [du poète]
bien aprise Dresse son vol aus cieus) ; 1560 (ID.,
ibid., t. 3, p. 188, var. : un vol si hault [de la pensée]) ; b) 1575 fig. « mouvement, progression d’une chose abstraite » (ID.,
ibid., t. 17, p. 82 : le vol de son renom) ; 1576 (DESPORTES,
Les Premieres œuvres, Paris, fo 223 ro : Quand
quelquefois je pense au vol de ceste vie) ; 1601 (MONTCHRESTIEN,
Reine d’Escosse, éd. J. D. Crivelli, p. 152 : bien que son vol [du temps] soit invisible). C. 1. 1686 théâtre « apparition ou
mouvement en l’air d’un acteur soutenu par un appareillage » (FONTENELLE,
Entretiens sur la pluralité des mondes, éd. 1687, p. 15) ; 2. a)
1863 aéron. (Prince DE WITTGENSTEIN ds Presse scientif. des Deux Mondes, 16 oct., p. 452 ds GUILB.
Aviat., p. 698b) ; b) 1875 vol à la voile (DUROY
DE
BRUIGNAC, Recherches sur la navig. aérienne,
p. 30, ibid., p. 701b) ; 1884 vol à voile (DE LOUVRIÉ ds L’Aéron., mai, p. 79, ibid.,
p. 702b) ; 1889 vol plané artificiel (VEYRIN ds L’Aéron.,
mars, p. 53, ibid., p. 703a) ; [1898 vol ramé, vol plané (Nouv.
Lar. ill.
, s.v. aviation : les orthoptères sont des
appareils [...] destinés à imiter le vol ramé [...] les aéroplanes ont pour objet d’imiter le vol plané)] 1932 vol ramé (Lar.
20e
, s.v. ramer) ; 1903 vol plané (La Vie
automobile
, I, p. 193 ds QUEM. DDL t. 33) ;
1907 vol plané (Nouv. Lar. ill. Suppl., s.v. aviation) ;
1913 p. ext. vol plané « chute » (DUVERNOIS, Nounette,
p. 60 ds ESN. Poilu, s.v. plané) ; 3. 1921 vol de nuit (Lar. mens., p. 420b) ; 1921 en vol (ibid.,
p. 392b) ; 1935 heures de vol (Ac.) ; 1941 vol de
reconnaissance
(L’Œuvre, 18 janv.) ; 1943 vol d’essai (Military
Dictionary
, p. 748 ds QUEM. DDL t. 22) ; 1962
premier vol (Industr. aéron. fr., p. 4) ; 1954 vol sans
visibilité
(Lar. mens., p. 466a) ; 1964 vol à vue, vol aux
instruments
(Lar. encyclop.) ; 1964 vol no... pour ...
(ROB.) ; 4. 1946 astronaut. vol cosmique
(A. ANANOFF, Nav. interplanétaire, p. 42) ; 1961
vol orbital (Combat, 13 avril, p. 10d ds GUILB. Astronaut.,
535) ; 5. 1937 sports vol sur ski (La R. du ski, no

5, juill., III ds QUEM. DDL t. 36) ; 1951 vol
à skis
(La Montagne, no 352, mars-avr., p. 25, ibid.) ;
1967 vol à skis, ou absol., vol (J. FRANCO,
Le Ski, p. 79 ds ROB. Suppl. 1970) ; 6.
[1974 vol libre (date de la création de la Fédération fr. de vol
libre
, cf. Quid 1985, p. 1645a)] 1977 (L’Express, 5 déc.,
p. 46, col. 3 : cours de vol libre). Déverbal de voler1*.
Bbg. BLOCHW.-RUNK. 1971,
p. 194 (s.v. vol habité). DARM. Vie 1932, p. 28.
QUEM. DDL t. 27, 28.
Sculpt. 1978, p. 697.

VOL2,subst. masc.


VOL2,
subst. masc.
A. [Corresp.
à voler2 I A et II A]
1. Action de s’emparer frauduleusement de ce qui appartient matériellement
à autrui. Synon. brigandage, cambriolage, pillage, rapine. Vol
audacieux ; petit vol ; vol de voiture ; vol avec effraction ; commettre,
faire un vol ; être accusé/inculpé de vol ; détecteur de vol
. Ce
que vous appelez le meurtre et le vol est en effet la guerre et la conquête,
fondements sacrés des empires et sources de toutes les vertus et de
toutes les grandeurs humaines
(A. FRANCE, Île
ping.
, 1908, p. 78). V. larcin ex. 2.

Vol d’enfant.
Synon. de kidnapping, enlèvement, rapt. Le plus curieux,
c’est de voir ces ilotes civilisés (...) soigner leurs enfants,
accomplir avec joie les œuvres de servage, que dis-je ? pousser à
l’extension du servage, encourager les vols d’enfants
(MICHELET,
Insecte, 1857, p. 265).
Vol à l’abecquage*.
Vol à l’américaine. V. américain III B 2. Vol au
bonjour
*. Vol à la carre. V. ce mot dér. s.v.
carrer
. Vol à la cire*. Vol à l’écornage*. Vol
à l’écorne
. V. ce mot rem. s.v. écornage. Vol à l’esbrouf(f)e*.
Vol avec escalade*. Vol à l’esquinte. V. ce mot rem. s.v.
esquinter
. Vol à l’étalage*. Vol à la fourchette*. Vol
à main armée
. V. armé II A. Vol au poivrier. V. bonjour

A 2 ex. de Aymé et poivrier C ex. de Macé. Vol au rendez-moi*.
Vol à la roulotte*. Vol à la tire. V. tire2
B 1.

DROIT
Vol domestique.
Vol commis par un domestique, un employé de maison, soit envers son
employeur à l’intérieur des locaux que celui-ci possède et dans
lesquels il l’accompagne, soit envers des personnes se trouvant dans
l’habitation de son employeur (d’apr. CAP. 1936).
Vol qualifié*. Vol
simple
. ,,Vol qui, faute de circonstances aggravantes, ne constitue
qu’un délit correctionnel`` (CAP. 1936).

P. anal., BIOL.,
MÉD. Vol sous-clavier, de la sous-clavière
. Ensemble des troubles
liés à une déficience aiguë de l’irrigation sanguine du cerveau, et
plus particulièrement, au rétrécissement ou à l’obstruction d’une
artère sous-clavière, donnant l’impression que l’artère sous-clavière
atteinte vole le sang destiné au cerveau (d’apr. MAN.-MAN.
Méd. 1977). En cas de manifestations vertébro-basilaires liées
à un vol sous-clavier, la cure chirurgicale de la sténose sous-clavière
est en général indiquée
(Cardiol. 1986).

P. anal.,
INFORMAT.
Utilisation d’un cycle mémoire, considéré comme volé
au processeur central, par un processeur d’entrée-sortie (d’apr. MORVAN
Informat. 1981).
2. P. méton. Ce dont on s’empare et qui est la propriété
d’autrui. Vous supprimez stupidement la Loterie, les cuisinières
n’en volent pas moins leurs maîtres, elles portent leurs vols à une
Caisse d’Épargne
(BALZAC, Mais. Nucingen,
1838, p. 639).

B. 1. [Corresp.
à voler2 I B] Action de déposséder quelqu’un de ce
qui lui appartient moralement. Le blason est libre ; il est protégé
contre le vol et l’usurpation, mais simplement en tant que propriété
particulière. Ainsi, il est défendu à un viticulteur de mettre sur
les étiquettes de ses bouteilles le blason qu’il a trouvé au fronton
des grilles du château qu’il vient d’acquérir
(L’Hist. et ses méth.,
1961, p. 752).
[La chose dont on
s’empare fait partie intégrante de la pers. concernée] V. digne

A 1 b ex. de Musset.
BIOL., MÉD. Vol de
la pensée
. Symptôme dans lequel un malade a l’impression qu’on lui
dérobe ses idées (d’apr. MOOR 1966).
2. [Corresp. à voler2 I D et II C] Action de déposséder
un écrivain du fruit de son activité intellectuelle. Synon. plagiat.
Ces dernières constatations s’accordaient mal avec l’hypothèse d’un
plagiat ou d’un vol, et (...) je demandai à la Nationale cette revue où
j’avais lu à sa naissance la nouvelle de Forestier... Je ne m’étais
pas trompé : la description du bain était la même, avec quelque chose
cependant de moins guindé et de plus radieux
(GIRAUDOUX,
Siegfried et Lim., 1922, p. 9).

C. [Corresp.
à voler2 II B] Action de léser sciemment quelqu’un
dans ses intérêts matériels en lui demandant plus d’argent qu’il n’en
doit réellement ou en ne lui donnant pas ce qui lui est dû. Synon. escroquerie,
exploitation, grivèlerie. Il m’a demandé huit francs pour une botte de
radis, c’est du vol !
(Lar. Lang. fr.).
Prononc. et Orth. : [].
Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) 1606 « 
fait de s’emparer du bien d’autrui » (J. BERTAUT,
Rec. de quelques vers amoureux, éd. L. Terreaux, p. 23 : l’une
exerce le vol, et l’autre le recele) ; 1610 (Hist. de la
navigation de Jean Hugues de Linscot
, p. 19 : vivants de vol

et de proye) ; 1611 (COTGR.) ; b) 1648 vol
domestique
(PATIN, Lettres, éd. P.
Triaire, t. 1, p. 593) ; 1690 vol qualifié (FUR.) ;
1718 vol avec effraction (Ac.) ; 1765 vol simple (Encyclop.) ;
1812 vol à main armée (MOZIN-BIBER) ;
[1836 vol à la roulotte (VIDOCQ d’apr. Lar.
Lang. fr.
, s.v. roulotte)] 1844 vol à la roulotte (Dict.
arg. « Myst. Paris »
, p. 105 ds TLF t. 14, s.v. roulotte) ;
1836 vol à la tire, vol au rendez-moi (VIDOCQ,
Voleurs, t. 1, p. 205 ; t. 2, p. 62) ; 1840 vol à l’américaine
(PROUDHON, Propriété, p. 332) ; 1901 vol
à l’étalage
(BRUANT, p. 448) ; c)
1840 expr. la propriété, c’est le vol ! (PROUDHON,
op. cit., p. 132) ; 2. 1635 fig. « rapt prétendu d’un
objet, sur lequel on se donnait, à tort ou à raison, des droits » (CORNEILLE,
Médée, IV, 1 : au vol que tu me fais) ; 3. 1668 « 
objet dérobé à autrui » (MOLIÈRE, L’Avare,
V, 3 : vouloir retenir le vol qu’il m’a fait) ; 4. 1690 « 
fait de léser autrui dans ses intérêts ; action de vendre un article
en prenant un bénéfice excessif » (FUR.) ; 5.
1923 psychanal. vol de la pensée (G. REVAULT
D’ALLONNES, La Polyphrénie, in Annales
médico-psychol.
, II, p. 238 ds QUEM. DDL
t. 29, s.v. extorsion) ; 6. 1973 informat. vol de cycle
(GING.-LAURET). Déverbal
de voler2*.

STAT. Vol1 et 2. Fréq. abs. littér. : 3 346. Fréq. rel. littér. :
XIXe s. : a) 3 906, b) 6 565 ; XXe

s. : a) 5 901, b) 3 828.

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