laboratoire Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française (ATILF)
CNRS Université de Lorraine

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ILF
FEDER

Mots du TLFI

CHIENDENT,
subst. masc.


CHIENDENT,
subst. masc.
BOT. Graminée dont les racines longues et traçantes sont nuisibles
aux cultures :

1. ... il
fallait voir le domaine : plus une taupe dans les prés, plus un fil de chiendent

dans les terres, plus un tertre non relevé, plus une serve qui ne tînt
l’eau.
POURRAT, Gaspard des Montagnes, À la belle bergère,
1925, p. 181.

Brosse de chiendent :

2. Dans la
cuisine aux volets clos, il entendit sa femme qui frottait le parquet avec une
brosse de chiendent.

AYMÉ, La Jument verte, 1933, p. 42.

SYNT. [Se rapportant à l’utilisation des racines de chiendent] Décoction
de chiendent
(GEOFFROY, Manuel de méd.
pratique,
1800, p. 35) ; eau de chiendent (BALZAC,
Le Médecin de campagne, 1833, p. 102) ; infusions de chiendent (E.
GARCIN
, Guide vétér., 1944, p. 115) ; perruque de chiendent

(BALZAC, Correspondance, 1832, p. 135).
P. anal. Le
chiendent d’une séditieuse moustache
(BLOY, La
Femme pauvre,
1897, p. 10) ; une ténacité de chiendent (H.
BAZIN
, Vipère au poing, 1948, p. 17).

P. métaph.
La petite fleur bleue, le chiendent de l’âme, c’est difficile à extirper et
ce que ça repousse !
(HUYSMANS, Là-bas, t.
1, 1891, p. 243).
Au fig., fam.
[P. allus. à la difficulté à extirper cette plante d’un terrain]
Complication, embarras. Vous
ne tiendriez pas dans un train de voyageurs, (...). Il faudrait enlever les
banquettes : vous vous rendez compte du chiendent ?
(SARTRE,
Le Sursis, 1945, p. 178).

Voilà le chiendent. Voilà
le nœud de l’affaire, le point embarrassant (cf. FARRÈRE,
L’Homme qui assassina, 1907, p. 341).
Prononc. et Orth. : [].
Pour la prononc. de -en- par []
dans chiendent, cf. chien. Cf. aussi FOUCHÉ Prononc. 1959, p. 14 et 19 où il souligne : ,,L’opposition qui existe entre chiendent avec [],
et chienlit avec []
provient du fait que ce dernier mot est pour chie-en-lit.`` Cf.
encore KAMM. 1964, p. 165, et BUBEN 1935,
§ 94. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. [1340 chiendant
topon. (A.N. JJ 73, fo 184 ro ds GDF. Compl.)] ;
1551 Chiendent bot. (BELON, Nat. des oys.,
2, XXIII, ibid.) ; 1859 brosse de chiendent (PONSON
DU TERRAIL
, Rocambole, t. 5, p. 279) ; 2. 1690 fig. « 
difficulté » (FUR.). Composé de chien* et de dent* ;
le mode de formation du mot est insolite en fr. (cf. dent de chien, FEW t. 2, p. 194b) ; le type chiendent remonte peut-être à un lat. médiév.
*cani(s) dente, cf. l’a. fr. chevauqueue « prèle » continuant
le lat. caballi coda (FEW t. 2, p. 530b et 533a ; v. aussi NYROP
t. 3, § 566). Fréq. abs. littér. : 83. Bbg. GOTTSCH.

Redens. 1930, p. 26. ROG.
1965, p. 50.

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