laboratoire Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française (ATILF)
CNRS Université de Lorraine

Membre de
ILF
FEDER

Mots du TLFI

RELATION, subst. fém.


RELATION, subst. fém.
A. [Entre deux ou plusieurs choses, deux ou plusieurs phénomènes]
1. Rapport, liaison qui existe, est conçu comme existant entre deux choses, deux grandeurs, deux phénomènes. Synon. rapport. Il y a, on peut établir une étroite relation entre ces deux faits ; des relations se déduisent (de principes). Les faits de l’homme commandent les relations de la pensée avec ses objets, le développement des groupes humains commande le développement de la terre et du ciel (NIZAN, Chiens garde, 1932, p. 48). Il est clair que musique et architecture sont des arts (...) dans lesquels la matière et la forme ont des relations beaucoup plus intimes entre elles que dans les autres (VALÉRY, Variété III, 1936, p. 83).
La relation de (qqc.) et de (qqc.) ; les relations du fini et de l’infini, de l’astronomie et de la statistique. Seule, la relation du langage et du silence nous permet d’entrevoir la nature profonde de l’art (PICON, Usage lecture, t. 1, 1960, p. 216) :

1. Les relations de la fièvre et du calme à l’intérieur de l’activité créatrice qui m’avaient induit à hasarder à propos de Keats la maxime suivante : « Le calme suprême est fils de la fièvre »...
DU BOS, Journal, 1927, p. 180.

Locutions
Être en relation(s) avec. Être en rapport avec. Il faut qu’ils [les centres supérieurs] étendent dans tous les sens leurs ramifications, de manière à être en relations avec les différentes régions de l’organisme (DURKHEIM, Divis. trav., 1893, p. 203). Le développement de l’astronomie est en étroite relation avec les progrès des mathématiques (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 1, 1961, p. 157). Mettre en relation avec. Mettre en rapport avec. Un procédé nouveau de représentation fut bientôt utilisé qui mit en relation l’écriture et l’expression phonique (ALARCOS-LLORACH ds Langage, 1968, p. 527).
Avoir relation à (vx). ,,Être en rapport avec`` (Ac. 1798-1878). Ce que vous dites là n’a aucune relation à la chose (...) dont il s’agit (Ac. 1798-1878). Avoir relation avec (vieilli). Avoir une ressemblance, un point commun avec. Ce que vous dites là n’a aucune relation (...) avec la chose dont il s’agit (Ac.). V. ambivalent ex. 3.
PHILOS., usuel. La saine philosophie ne sépare donc jamais la logique d’avec la science ; la méthode et la doctrine ne pouvant, en chaque cas, être bien jugées que d’après leurs vraies relations mutuelles (COMTE, Esprit posit., 1844, p. 73) :

2. ... notre esprit s’accommode mal d’une diversité d’apparence anarchique, et il s’efforce instinctivement de trouver des relations de similitude et de causalité dans les phénomènes qu’il observe.
Aspects habitat rur. Fr., 1953, p. 11.

Relation de ... à ... Relation de cause à effet ; relations de contenant à contenu. La relation de l’objet à notre œil, telle qu’elle s’inscrit sur la rétine (MERLEAU-PONTY, Phénoménol. perception, 1945, p. 322). L’étude de la musique devrait donc avant tout être celle de la relation, de la double relation de l’objet au sujet (SCHAEFFER, Rech. mus. concr., 1952, p. 171).
Spécialement
MUS. Rapport entre deux tonalités. Relations enharmoniques, harmoniques. L’étude de la mélodie nous a déjà révélé l’existence de relations d’intonation (D’INDY, Compos. mus., t. 1, 1897-1900, p. 95).
BIOL. Relation nucléoplasmique. V. ce mot s.v. nuclé(o)-.
ANAT., ART DENT. Situation (d’un organe par rapport à un autre), en partic., situation définie à partir des rapports entre la mandibule et le massif cranio-facial (d’apr. BAT. 1972).
ENVIRONNEMENT. Relation dose-effet. Relation entre la dose de substance polluante absorbée et un effet particulier (d’apr. Nucl. 1975). On ne peut en aucune manière considérer comme clos le chapitre de l’étude des relations dose-effet (Envir. Écol. 1982).
ZOOTECHNIE. Relations nutritives. ,,Pour un aliment ou une ration, rapport entre la quantité totale de matières digestibles et celle des matières énergétiques`` (Agric. 1977).
2. PHILOS., SC.
a) HIST. PHILOS.
) [Chez Aristote] L’une des dix catégories, caractère de deux ou plusieurs objets de pensée en tant qu’ils sont conçus comme étant, ou pouvant être compris dans un acte intellectuel unique, de nature déterminée, comme l’identité, la coexistence, la succession, la correspondance, la causalité, la filiation (d’apr. LAL. 1968).
) En partic. [Chez Kant] L’une des quatre catégories, comprenant les rapports de substance à accident, de cause à effet, et d’action réciproque, auxquels correspondraient les sujets catégoriques, hypothétiques et disjonctifs (d’apr. LAL. 1968).
b) LOG., PHILOS., MATH., SC.
) LOG. Rapport d’interdépendance entre deux ou plusieurs variables, défini sur la base d’un principe commun tel que toute modification de l’une d’entre elles entraîne la modification des autres (d’apr. THINÈS-LEMP. 1975). Logique de (la) relation. À côté de relations universelles comme celles d’inclusion (...), d’implication (...), de comparaison (...), de qualification (...) et de causalité (...), on trouve [dans le langage documentaire] des relations très spécifiques (COYAUD, Introd. ét. lang. docum., 1966, p. 60). Si, dans une proposition, telle que « A est fils de B », « Q est le quotient de M par N », on fait abstraction des termes considérés et qu’on n’envisage que la forme du lien qui les unit, celle-ci est appelée relation (LAL. 1968).
Théorie des relations. Partie fondamentale de la logique moderne, qui comprend le calcul des relations et l’étude des divers types de relations et de leurs propriétés. (Ds GDEL).
Calcul des relations. Calcul dont l’objet est d’établir les lois formelles qui régissent les fonctions permettant de construire de nouvelles relations à partir des relations données (Ds GDEL).
Jugement de relation. Jugement, proposition, tel que A est plus grand que B, A est le fils de B, dans lequel est seule envisagée la relation qui unit les termes, abstraction faite des termes eux-mêmes (d’apr. MORF. Philos. 1980, s.v. relation).
Proposition de relation. Synon. de jugement de relation (ibid.).
Relation binaire. Relation qui unit deux termes, comme fils de dans A est fils de B (d’apr. LAL. 1968).
Relation ternaire. Relation qui unit trois termes comme quotient... de... par... dans Q est le quotient de M par N (d’apr. LAL. 1968).
Relation combinatoire. ,,Relation entre deux propositions P et Q telle que P n’implique pas Q et Q n’implique pas P`` (PHÉL. Ling. 1976).
Relation de dépendance. ,,Relation entre deux propositions P et Q telle que P implique Q et Q n’implique pas P`` (PHÉL. Ling. 1976).
Relation de solidarité. ,,Relation entre deux propositions P et Q telle que P implique Q et Q implique P`` (PHÉL. Ling. 1976).
) MATH. Liaison entre des paires d’éléments. Relation linéaire, vectorielle. Les mathématiques étudient des relations entre objets (parallélisme, appartenance, ordres, équivalences, fonctions, etc.). La notion de relation est donc une notion de base des mathématiques (BOUVIER-GEORGE Math. 1979).
P. méton. Formule, fonction, équation exprimant la liaison (égalité, différence, équivalence) de deux ou plusieurs variables. Relation algébrique, analytique, numérique ; relation symétrique, asymétrique ; relation réflexive, transitive ; relation d’équivalence. Je n’ai guère parlé que de l’espace, et surtout de l’espace quantitatif, pour ainsi dire, c’est-à-dire des relations mathématiques dont l’ensemble constitue la géométrie (H. POINCARÉ, Valeur sc., 1905, p. 6). Considérons un triangle quelconque. Nous nous proposons de trouver des relations trigonométriques entre ses éléments, c’est-à-dire des relations entre ses côtés et ses angles (ROUX, MIELLOU, Géom., 1946, p. 226).
Relation métrique. V. métrique2. Relation d’ordre. V. ce mot I B 1 b math.
) PHYS. Relation + subst. (+ tiret) + subst. Relation masse-luminosité. Relation période luminosité (SCHATZMAN, Astrophys., 1963, p. 87). On est conduit à interpréter l’effet Hubble par une relation vitesse-distance (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 2, 1964, p. 173). Relation parcours-énergie. ,,Relation mathématique liant le parcours d’une particule et son énergie`` (Nucl. 1975).
Relations d’incertitude. Relations fondamentales de la mécanique quantique, dues à W. Heisenberg, d’après lesquelles, notamment, l’incertitude relative à la position d’un corpuscule est inversement proportionnelle à l’incertitude relative à sa quantité de mouvement au même instant. Relations d’incertitude entre deux grandeurs canoniquement conjuguées (L. DE BROGLIE, Bases interprét. mécan. ondul., 1963, p. 58).
Relation de + n. de physicien. Électrons dont l’énergie cinétique satisfait à la relation de Planck (M. DE BROGLIE, Rayons X, 1922, p. 37). Il résulte de ce fait et comme conséquence des relations de Maxwell, que le champ électrique n’est plus dans le plan de l’onde alors que l’induction s’y trouve (PRAT, Opt., 1962, p. 125).
Relation d’Einstein ou relation masse-énergie. La présence du carré de (...) [la] vitesse [de la lumière] dans la relation d’Einstein donnant l’équivalence masse-énergie (PRAT, Opt., 1962, p. 15). V. masse1 II B ex. de Joliot, Curie.
c) GRAMM., LING. ,,Rapport existant entre deux termes au moins, ces termes pouvant être des phonèmes, des morphèmes ou des phrases`` (Ling. 1972). Relations grammaticales, syntaxiques ; relation de synonymie, d’antonymie, d’hyponymie, d’hyperonymie ; relations syntagmatiques, paradigmatiques. Les deux axes fondamentaux du langage (...) sont définis par le type de relation qui les caractérise : la relation « ou...ou » (appelée opposition, ou corrélation par L. Hjelmslev, ou sélection par R. Jakobson) pour le paradigmatique ; et la relation « et...et » (dite combinaison, ou relation au sens strict par Hjelmslev, ou contraste par A. Martinet) pour le syntagmatique (GREIMAS-COURTÉS 1979).
Relation avec..., relation de... à..., relation entre... et... Par cela même que ces mots [oui, non] forment une proposition toute entière, ils sont nécessairement isolés dans le discours ; ils n’ont de relation directe avec aucun autre mot (DESTUTT DE TR., Idéol. 2, 1803, p. 75). Le signe (consistant dans la place des mots) de la relation entre verbe transitif et complément d’objet (« cuire la pâte, labourer la terre », etc.) (BALLY, Lang. et vie, 1952, p. 81). La relation du mot au signifié s’estompe, le signe linguistique cesse d’être symbole pour devenir chose et l’acte de langage perd sa signification essentielle (Traité sociol., 1968, p. 263).
En relation avec... Il reste encore difficile de distinguer ce qui appartient au signifiant, au signifié en relation avec son signifiant ou au seul signifié (GUIRAUD ds Langage, 1968, p. 449).
En partic. ,,Rapport d’une proposition dite relative à une proposition dite principale`` (MAR. Lex. 1951).
De relation. Qui marque un lien, une relation avec, ou qui est relatif à (d’apr. MOUNIN 1974). Accusatif de relation. V. accusatif I ex. 5. Adjectif de relation. Adjectif dérivé d’un nom et qui exprime l’existence d’un rapport entre le nom auquel l’adjectif est joint et le nom dont l’adjectif est dérivé, comme les problèmes sucriers, les élections présidentielles (d’apr. Ling. 1972, s.v. relationnel). Synon. adjectif relationnel*. Adverbe de relation. Adverbe relatif au temps, au lieu, ou à la quantité (d’apr. MOUNIN 1974).
B. [Entre deux ou plusieurs personnes]
1. Gén. au plur.
a) Rapport qui lie des personnes entre elles, en partic., lien de dépendance, d’interdépendance ou d’influence réciproque. Synon. commerce, communication, liaison, lien, rapport. Relations affectives, chaleureuses, cordiales ; relations épisodiques, espacées, étroites, intermittentes, permanentes, suivies ; relations professionnelles ; relations superficielles, tendues ; bonnes, mauvaises relations ; amorcer, briser, entretenir, interrompre, rompre des, ses relations (avec qqn) ; cesser toute relation (avec qqn). Le monde est ainsi organisé, qu’un dîner en ville coûte au bas mot dix francs à un homme bien élevé, et tout en proportion. Il n’y a point de relations gratuites (GONCOURT, Journal, 1860, p. 852). Ne perdez pas votre temps [artistes] à nouer des relations mondaines ou politiques (RODIN, Art, 1924 [1917], préf., p. XVI). V. excellent I A 1 g ex. de Romains et jusque(s) I A 2 c ex. de Ambrière.
Avoir des relations (de tel type) (avec qqn). Type épatant, a toujours eu les meilleures relations avec les officiers de pont. Vous vous entendrez bien avec lui (PEISSON, Parti Liverpool, 1932, p. 21).
Au sing. Ce jour-là, je chassais aux environs du village qu’il habite. Je m’y trouvais arrivé de la veille et sans aucune autre relation que l’amitié de mon hôte (FROMENTIN, Dominique, 1863, p. 5).
En partic. Relations épistolaires. Communication, contact par écrit. Le trafic des marchandises et le mouvement des voyageurs ont été considérablement facilités, de nos jours, par la commodité des relations épistolaires (ALBITRECCIA, Gds moyens transp., 1931, p. 147).
Loc. En relation(s)
Entrer, rester en relation(s) avec qqn ; mettre des personnes en relation ; se mettre en relation avec qqn. Je souhaiterais beaucoup par Jean Baruzi entrer en relation avec [Loisy] (DU BOS, Journal, 1927, p. 184). La formation du jury que j’avais institué (...) m’avait permis d’entrer en relations avec un éminent mathématicien-philosophe (GIDE, Robert, 1930, p. 1334).
Être en relation(s) (de tel type) (avec qqn). Goethe (...) a été en relations personnelles avec la plupart des physiciens et des naturalistes de son temps, et il a partagé beaucoup de leurs vues essentielles (BÉGUIN, Âme romant., 1939, p. 59). Monseigneur était en relations suivies avec lui (BILLY, Introïbo, 1939, p. 176).
Relation + compl. prép. précisant la nature ou l’orig. de la relation. Relations de travail, de vacances ; relations d’amitié, d’amour, de tendresse. Il faudrait décomposer la gauche actuelle en deux parties, et tracer entre elles une ligne de démarcation qui empêche désormais la confusion, sans exclure les bonnes relations de voisinage et les coopérations momentanées (GAMBETTA, 1869 ds Fondateurs 3e Républ., p. 72). J’ai coupé toute relation de subordination entre nos troupes et le commandement britannique (DE GAULLE, Mém. guerre, 1954, p. 448).
P. méton. Personne (influente) que l’on connaît, avec laquelle on entretient des relations (mondaines, professionnelles). Inviter une relation de travail, de vacances ; avoir, entretenir, utiliser des relations ; bien choisir ses relations. Nicolas avait appris à connaître tous les habitués de la maison, discernant à merveille les vrais amis des relations banales (GYP, Souv. pte fille, 1928, p. 176). Assez gênés l’un et l’autre, mon interlocuteur s’étant aperçu qu’il n’appartenait pas à mon genre de relations (FARGUE, Piéton Paris, 1939, p. 226).
Par relations. Mariage par relations. C’est par relations que ça s’est passé. Ça s’est organisé comme ça, dans des conversations (...). Je suis ce que l’on appelle un fils de famille (AUDIBERTI, Quoat, 1946, 2e tabl., p. 66).
b) Au plur. Rapports (généralement amoureux, sexuels). Relations entre hommes et femmes ; relations conjugales, homosexuelles ; relations amoureuses, charnelles, physiques, sentimentales, sexuelles ; relations adultères, illégitimes. Pour passer des soirées agréables avec ces gens, il fallait (...) soit entretenir des relations intimes avec l’un ou l’autre des conjoints (SAGAN, Bonjour tristesse, 1954, p. 152).
Absol. L’après-midi baisers un peu, moi restant sage, et hier au soir, relations (LÉAUTAUD, Journal littér., 1, 1903, p. 62).
2. Spécialement
a) PHILOS., PSYCHOL., SOCIOL., usuel. Rapport, lien impliquant une interdépendance, une interaction avec un milieu. Relations de l’homme avec ses semblables ; la relation du sujet et de l’objet ; relations inter-humaines, inter-individuelles. V. autoécologie s.v. auto- ex. de Hist. gén. sc.
Relation + compl. prép. précisant les éléments entre lesquels il y a relation.
Relation de... à ..., relation de... avec..., relation entre... et ... Il n’y a rien de plus complexe pour les hommes que les relations avec les hommes (JANET, Obsess. et psychast., t. 1, 1903, p. 347). Relations entre le patient et le médecin (FREUD, Introd. psychanal., trad. par S. Jankélévitch, 1959 [1922], p. 476). La relation de père à fils renvoie à tout un système de rapports intersubjectifs (Philos., Relig., 1957, p. 38-5). La relation de l’individu avec les autres (...) apparue comme la péripétie fondamentale dans l’étude de l’homme (Traité sociol., 1968, p. 348).
[Dans le cadre de l’action éducative, pédag.] ,,Lien de dépendance ou d’influence réciproque entre parents et enfant ; maître et élève, groupe et individu`` (LEIF 1974). Changements dans la relation entre professeurs et étudiants (ANTOINE, PASSERON, Réforme Univ., 1966, p. 211). P. ell. de la prép. La relation père-fils, c’est-à-dire celle même qui définit le rapport stable entre les classes d’âge consécutives (LÉVI-STRAUSS, Anthropol. struct., 1958, p. 263). Relations maître-élève. ,,Relations pédagogiques qui lient le maître à l’élève au cours de la situation éducative`` (Éduc. 1979). Instaurer un système de relations maître-élèves très différent (B. SCHWARTZ, Réflex. prospectives, 1969, p. 5).
b) MÉD., PSYCHOL., PSYCH. Lien qui unit le malade au monde qui l’entoure. Relation(s) médecin-malade. La thérapie par le milieu vise à offrir au malade des modes de relation assez différents de ceux qu’il rencontre dans son milieu habituel (BLEAND. 1976).
Relations interpersonnelles. ,,Commun dénominateur des problèmes d’adaptation tels qu’ils se posent dans le mariage, l’expérience familiale et le travail`` (BLEAND. 1976). L’analyse et la présentation systématique de l’influence sur le traitement des (...) heures pendant lesquelles le malade n’est pas avec son psychothérapeute, et, d’une manière plus générale, de toutes les relations interpersonnelles (BLEAND. 1976).
Relation d’objet. V. ce mot II B 2 a ex. 8.
Délire de relation. ,,Système délirant basé sur le caractère sensitif de la personnalité et selon lequel les faits les plus hétérogènes sont rapportés au moi`` (PIÉRON 1973). Synon. délire d’interprétation*, délire de signification*.
c) MÉD., PHYSIOL. Fonction de relation. Fonction qui établit des liaisons entre l’organisme et le milieu ambiant (d’apr. Lar. Méd. t. 3 1972). Synon. fonctions animales (Lar. Méd. t. 3 1972). Les fonctions de relation ou en général toutes celles qui appartiennent à la vie animale (COURNOT, Fond. connaiss., 1851, p. 206).
Vie de relation. ,,Ensemble des fonctions de relation`` (Méd. Biol. t. 3 1972, s.v. vie animale). La vie de l’homme se compose de deux vies : la vie organique et la vie de relation (...). Le cerveau est la source de la vie de relation, ainsi nommée parce qu’elle nous met en relation avec le reste de l’univers (STENDHAL, Hist. peint. Ital., t. 2, 1817, p. 41).
d) SOCIOL., PSYCHOL. SOC. Vie de relation(s). Mode de vie tourné vers les relations avec l’extérieur. Les anciens (...) sur cette vie de relation de l’homme avec ses semblables, n’avaient pas d’autre idée que celle que présente le mot de société (P. LEROUX, Humanité, 1840, p. 152). Une vie de relation ardente et animée (MOUNIER, Traité caract., 1946, p. 125).
e) LING. Langue de relation. ,,Langue commune au moyen de laquelle des gens de parlers différents communiquent entre eux : le swahili de brousse`` (MOUNIN 1974). Synon. langue véhiculaire*.
3. Au plur. Liens entre groupes, peuples, nations, états. Relations commerciales, économiques, intercommunales, juridiques, militaires, politiques, professionnelles, sociales ; le développement des relations internationales. Le type des relations sociales serait la relation économique, débarrassée de toute réglementation et telle qu’elle résulte de l’initiative entièrement libre des parties (DURKHEIM, Divis. trav., 1893, p. 180). Les relations culturelles et universitaires entre la France et l’étranger (Encyclop. éduc., 1960, p. 35).
Relations diplomatiques. ,,Rapports officiels que deux États établissent entre eux et qu’ils entretiennent par l’intermédiaire de missions permanentes`` (Jur. 1981). P. méton. Service officiel, ministère qui correspond à ces relations. Chacun des trois gouvernements examinera séparément, dans un proche avenir, le rétablissement de relations diplomatiques avec les quatre pays susmentionnés (Charte Nations Unies, 1946, p. 159). Le Mexique fut le premier à nationaliser les sociétés anglo-américaines en 1938 malgré le blocus décidé aussitôt par celles-ci et la rupture des relations diplomatiques de la part de la Grande-Bretagne (LESOURD, GÉRARD, Hist. écon., 1966, p. 522).
Relations extérieures. V. extérieur I B 3 écon., pol.
ÉCON. Relations monétaires internationales (Fin. 1976).
SOCIOL., SOCIOL. DU TRAVAIL
Relations humaines. ,,Ensemble des relations qu’ont entre eux, à l’occasion de leur travail, les membres d’une entreprise`` (TEZ. 1968). La méthode des relations humaines a été l’objet de sévères critiques tant de la part de certains psychologues ou sociologues que de la part des syndicalistes (BRANC. Écon. 1978). Une direction des relations humaines pourra comprendre un département des relations sociales et un département des relations extérieures (Univers écon. et soc., 1960, p. 42-16). V. modifier B 1 b ex. de L. Cros.
Relations industrielles. Ensemble des relations entre employeurs et employés, des facteurs d’influence capables de créer un climat de collaboration (d’apr. GRAW. 1981).
Relations publiques. ,,Rapports qu’un groupe, une entité sociale doivent avoir avec leur public pour réaliser les buts à caractère social qu’ils se proposent`` (BIROU 1966). Service des relations publiques, de la presse et de la documentation (JOCARD, Tour. et action État, 1966, p. 27).
Relations sociales. ,,Rapports entre personnes ou entre groupes sociaux`` (BIROU 1966). En partic. [Dans le cadre d’une entreprise] ,,Organisation tendant à prévenir les mouvements d’hostilité entre les divers groupes qui collaborent et même à créer un climat de compréhension et de sympathie`` (FOULQ. Sc. soc. 1978).
C. Action de relater, rapporter, de faire connaître ce dont on a eu connaissance, dont on a été le témoin ; p. méton., ce rapport. Synon. compte rendu, rapport, récit, témoignage. Relation écrite, manuscrite, orale, quotidienne, régulière ; relation fantaisiste, fidèle, mensongère ; relation des événements, d’un fait historique ; écrire, faire une relation. Je résolus d’écrire à Cropette, en lui faisant une relation enthousiaste de notre voyage (H. BAZIN, Vipère, 1948, p. 157) :

3. Ainsi parla M. Robert Darzac, et ceci n’est point une relation approximative de son récit. Nous avions jugé (...) cette narration si importante que nous fûmes d’accord (...) pour la retracer aussi fidèlement que possible.
G. LEROUX, Parfum, 1908, p. 32.

En partic. Récit fait par un voyageur, un explorateur. Il y a maintenant plus de voyageurs et de relations de voyage que de place dans les journaux pour publier ces récits (Civilis. écr., 1939, p. 42-10).
Loc. vieillie. Ouvrage de relation. Récit décrivant un voyage, les circonstances d’un voyage. (Ds ROB. 1985).
LING. Terme de relation (Ac. 1878). Mot d’une langue étrangère repris dans un écrit par un voyageur. Synon. pérégrinisme.
REM. 1. Relationné, -ée, adj. Qui a beaucoup de relations. Ce n’est pas le plus spirituel, le plus instruit, le mieux relationné des hommes, mais celui qui sait devenir miroir et peut refléter ainsi sa vie, fût-elle médiocre, qui devient un Bergotte (PROUST, Temps retr., 1922, p. 722). 2. Relationner, verbe trans. Établir une relation entre, avec deux ou plusieurs éléments, mettre des personnes en relation. Non plus la fausse relation, mais la fausse situation. La fausse relation relationnait deux consciences inconscientes l’une de l’autre (JANKÉL., Je-ne-sais-quoi, 1957, p. 167). Empl. abs. [Dans des petites annonces] Entrer en relation (avec quelqu’un). Voulez-vous relationner ? Droit d’entrée gratuit (Le Nouvel Observateur, 2 févr. 1976, p. 74, col. 1).
Prononc. et Orth. : []. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1220 faire relatïon « rapporter, relater » (GAUTIER DE COINCI, Mir., éd. V. F. Koenig, I Mir 44, 615) ; b) 1284 jur. « rapport, témoignage » (Chart. ds Mém. et doc. inéd. relat. à l’Hist. de la Fr.-Comté, VII, 545 ds GDF. Compl.) ; c) 1602 en partic. « narration, faite par un voyageur, d’une expédition lointaine » (L. FROES, Relations des Pères Loys Froes et Nicolas Pimenta, cité ds ARVEILLER, Bbg. n o 223) ; d’où 1690 terme de relation (FUR.) ; 2. ca 1265 « lien, rapport » (BRUNET LATIN, Tresor, II, 44, éd. F. J. Carmody, p. 212) ; 3. a) 1657 « lien entre des personnes » (PASCAL, Provinciales, XVII, éd. R. Lafuma, p. 455) ; b) 1694 avoir relation avec qqn (Ac.) ; c) 1721 avoir des relations (MONTESQUIEU, Lettres persanes, t. 2, p. 76) ; d) 1755 relations sociales (ROUSSEAU, Discours sur l’inégalité, p. 184) ; e) 1813 plur. « personnes de connaissance » (JOUY, Hermite, t. 4, p. 119) ; 4. 1634 mus. relations, fausses relations (MERSENNE, Questions harmoniques, p. 18 et préf., p. 11) ; 5. a) 1765 (Encyclop. t. 14 : Relation en Géométrie ou Arithmétique, est l’habitude ou le rapport de deux quantités l’une à l’autre en raison de leur grandeur) ; b) 1889 relations algébriques (BERGSON, Essai donn. imm., p. 159) ; 6. 1814 vie de relation (MAINE DE BIRAN, Journal, p. 25). Empr. au lat. relatio « action de rapporter un fait, un témoignage » (en partic. dans le domaine jur.) et « lien, rapport ». Fréq. abs. littér. : 5 835. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 7 415, b) 5 398 ; XXe s. : a) 6 877, b) 11 461. Bbg. QUEM. DDL t. 11, 22, 31.

  Annuaire | Contact | Courriel | Intranet | Plan d'accès | Autres sites | Crédits | Mentions légales