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Quel futur pour la langue française ?
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L’événement

Date : 21 janvier 2026 | 18h00.
Lieu : Vandœuvre-lès-Nancy | Fabrique des possibles | 164 Av. du Général Leclerc.
animée par Julie Glikman, professeure de linguistique diachronique à l’Université de Lorraine et chercheuse à l’ATILF, axe de recherche Diachronie, préparée avec Christophe Benzitoun, enseignant-chercheur à l’Université de Lorraine et membre de l’ATILF, axe de recherche De la syntaxe au discours
julie.glikman [at] univ-lorraine.fr | christophe.benzitoun [at] univ-lorraine.fr
Organisation : Direction de la vie universitaire et de la culture de l’UL | Université populaire et participative de l’UL | Dans le cadre du dispositif Science Avec et Pour la Société (SAPS)
Le résumé
En partant du principe que pour imaginer le futur, il faut s’intéresser au passé et mieux le comprendre, Julie Glikman a présenté certains éléments du passé de la langue française. Ainsi, René Descartes pouvait sans problème écrire, en 1668, « elle abat premièrement ceux du dessus et du dessous, à cause que ce sont les plus exposez à son action ». La locution à cause que était la norme à son époque, et tout à fait acceptée, puis elle a commencé à être considérée comme vieillie, avant d’être aujourd’hui une faute de français, comme l’ont bien montré les réactions du public présent dans la salle. Inversement, l’emploi de pour que est tout à fait normal dans notre usage moderne, alors qu’il était condamné comme faute par les remarqueurs du 17ᵉ siècle, notamment Vaugelas.
Pour bousculer un peu l’idée couramment répandue que « les jeunes ne savent plus parler », il suffit de se pencher sur quelques extraits du livre de Henri Bauche, Le français populaire, qui signalait déjà en 1920 des tournures comme « c’est le livre à Pierre », « des chevals », « la chose que j’ai besoin » ou encore « tu veux je vienne ? ». De la même manière, contrairement à ce qu’on pourrait penser, le lexème « daron » est très ancien dans notre langue, puisqu’on le trouve déjà attesté chez Victor Hugo, dans Les Misérables, en 1881.
Pour ce qui concerne l’orthographe, il est important de rappeler que l’écriture du français a énormément évoluée au fil du temps, y compris chez les grands auteurs comme Molière, dont les éditions contemporaines présentent des graphies courantes pour l’époque, que nos éditions modernes masquent en modernisant la graphie : « Il faut le receuoir dans cette salle basse, plustost qu’en nostre chambre : ajustons vn peu nos cheueux au moins, & soustenons nostre reputation. Viste venez nous tendre icy dedans le conseiller des graces » (Molière, Les précieuses ridicules, 1660). Ce qui a surtout changé, c’est l’alphabétisation croissante de la population, au cours du 19ᵉ et du 20ᵉ siècle, et la présence de plus en plus visible des écritures privées dans l’espace public, avec le développement des réseaux sociaux, aux 20ᵉ et 21ᵉ siècles.
Julie Glikman est ainsi revenue à cette occasion sur la notion de « fautes » et de normes, ainsi que sur celle de variation, pour rappeler quelques acquis de la linguistique diachronique.
– Toutes les langues naturelles changent, et il existe des procédés réguliers et universaux de changement. Une forme comme « vous disez » est tout à fait régulière du point de vue du changement linguistique, car elle est formée par analogie avec le reste du paradigme, c’est-à-dire par imitation des autres formes (type : je mange, vous mangez, je finis, vous finissez, donc je dis, vous disez).
– Tout changement passe par une phase de variation. La norme d’aujourd’hui était une faute hier, une faute d’aujourd’hui sera peut-être la norme de demain.
– Toutes les variations ne deviennent pas toujours des changements.
On peut observer la variation, comprendre les mécanismes, mais pas prédire le changement ! Ainsi, pour connaitre le futur de la langue française, rendez-vous dans 50 ans…
Contacts
Julie Glikman | julie.glikman [at] univ-lorraine.fr | Page perso
Christophe Benzitoun | christophe.benzitoun [at] univ-lorraine.fr | Page perso
Aller plus loin
Découvrir la frise « l’histoire du français » (réalisée par l’ATILF).
Consulter l’article Quel futur pour la langue française ? sur le site Factuel de l’UL.
Consulter la page consacrée au projet Les Vocaux.
Lire l’interview de Julie Glikman, lauréate du prix science ouverte des données de la recherche, édition 2025, sur le site Factuel de l’UL.
Découvrir la démarche Science Avec et Pour la Société (SAPS), pilotée par l’Université de Lorraine, et qui se construit avec les organismes de recherche du territoire : CNRS, INRAe, centre INRIA de l’Université de Lorraine, INSERM, CHRU.
© ATILF | Juin 2026 | Sources Julie Glikman, Christophe Benzitoun | Photos ATILF/DBJ & DVUC UL/EG