Thèses en cours

Thèses en cours

Shuaa Alamri

« L’utilisation des TIC dans le développement de l’aptitude de compréhension orale de futures interprètes arabe-français à l’université du Roi Saoud. »
Sous la direction de Sophie Bailly (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Maud Ciekanski (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
L’objectif de notre thèse est d’étudier les effets et les modalités d’un dispositif conçu pour améliorer l’enseignement-apprentissage de la compréhension orale dans la formation des interprètes en Arabie Saoudite par l’utilisation des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) et des ressources numériques. Suite à nos lectures, nous avons fait le constat, largement partagé dans la littérature du domaine, que la compréhension est une étape majeure dans le processus de l’interprétariat (SELESKOVITCH et LEDERER1984). C’est pourquoi nous nous intéressons à la façon dont est enseignée la compréhension orale actuellement dans la faculté de langues et de traduction à l’université Roi Saoud (KSU) à Riyad, que nous avons analysée lors de notre recherche en M2.

Selon notre expérience personnelle en tant qu’enseignante à l’Université du Roi Saoud, deux constats peuvent être établis : les étudiantes ont des difficultés à comprendre le sens du message oral et leurs capacités se limitent à une traduction littérale des mots, détachée de la réalité culturelle et contextuelle. L’observation de nombreux malentendus et de quiproquos lors d’échanges avec les étudiantes nous ont ainsi amenée à penser que la formation d’interprétariat dispensée à l’Université du Roi Saoud, pour ce qui est du FLE, ne permettait pas de doter les apprenantes des compétences linguistiques, communicationnelles et contextuelles nécessaires pour être en en mesure de communiquer en situation professionnelle authentique. Ainsi durant notre observation de la réalité sur le terrain d’enseignement au département de français, nous avons constaté que la majorité des étudiantes saoudiennes rencontrent des difficultés en ce qui concerne la compréhension orale. L’objectif de notre recherche de doctorat est de proposer un dispositif TIC adapté à la réalité du métier d’interprétariat car l’analyse des scores obtenus au pré-test et au post-test par les étudiantes en compréhension orale durant notre expérimentation en M2, a permis d’établir l’apport positif de l’utilisation des TIC dans le développement de la compréhension orale en termes d’efficacité (on comprend plus ou mieux) et de rapidité (les progrès sont plus rapides).

La recherche actuelle en didactique des langues a montré l’importance de prendre en compte les contextes sociaux, culturels et éducatifs (CASTELLOTTI et CHALABI 2006). En ce qui concerne l’Arabie Saoudite, il existe dans ce pays de fortes différenciations dans les rôles féminins et masculins. Les sujets et les bénéficiaires de notre étude sont exclusivement des femmes, et nous pensons que ce trait doit être souligné et pris en compte du point de vue théorique. Notamment, en ce qui concerne le rapport aux technologies, plusieurs études ont montré que les femmes en faisaient un usage particulier dans les pays arabes (ALSHAMMRI 2007). De plus, les femmes sont de plus en plus nombreuses à choisir le parcours professionnel de l’interprétariat, qui est actuellement plutôt un métier d’homme en Arabie Saoudite ; ceci a peut-être des répercussions sur le métier d’interprète, dont il faudra tenir compte dans le cadre de la formation.

 

Johann Araya-Mendez

« Contributions de Joan Coromines et Jakob Jud à la linguistique et philologie des langues romanes. Analyse d’une correspondance inédite. »
Sous la direction d’Anne-Marie Chabrolle (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Francesca Feliù (Universitat de Girona)

Résumé
Le Fonds Père Coromines (Espagne) met à la disposition de ce travail de recherche la correspondance inédite échangée entre deux des grands romanistes du début du XXe : le linguiste suisse Jakob Jud (1882-1952) connu principalement pour son Atlante linguistico ed Etnografico dell’Italia et della Svizzera meridionale (AIS), œuvre phare pour les études dialectologiques et pour l’histoire des langues romanes, et le linguiste catalan Joan Coromines (1905-1997), rédacteur du Diccionario crítico etimológico castellano e hispánico (DCELH), et du Diccionari etimològic i complementari de la llengua catalana (DECAT), ouvrages ayant marqué de manière importante l’étymologie et la lexicographie gallo-romaine et hispano-romane.

Jusqu’à présent, aucun travail n’a été mené ni sur la correspondance échangée entre ces deux linguistes (entre 1928-1952), ni sur la particularité de la relation, humaine et intellectuelle, unissant leurs vies et leurs carrières scientifiques. De ce fait, l’objectif de notre travail de thèse est double. D’un part nous nous intéressons au dépouillement de la matérialité de ces échanges en vue d’une édition informatisée et critique de leur contenu. Cette analyse inclut la description de la spécificité de notre corpus, la transcription des documents qui le composent à partir de principes d’édition que nous avons établis, et enfin l’ajout d’annotations critiques permettant une meilleure compréhension du contexte des échanges.

D’autre part, nous abordons la valeur scientifique de cette correspondance à partir de deux perspectives interdépendantes. La première, épistémologique, visant à étudier l’origine, la construction et le développement des idées et de connaissances scientifiques de Jud et Coromines. La deuxième, historiographique, envisageant l’analyse du contexte politique, socioculturel et intellectuel dans lequel se produisent leurs idées linguistiques, la formation des cercles d’influences autour d’eux et d’autres savants, et enfin la manière dont s’organise et se construit la critique dans ces réseaux et milieux intellectuels.

Pour le traitement de ces aspects, nous utilisons une approche systématique qui permettra finalement de mettre en lumière l’apport de Jud et Coromines au développement de diverses domaines de la linguistique et la philologie vers lesquels ils ont orienté leurs recherches ainsi que le rôle qu’ils ont joué dans la transmission des idées et des connaissances dans ces deux disciplines au début du XXe. Ainsi, notre travail de recherche envisage de reconsidérer le récit de l’histoire de la linguistique suisse, française, espagnole et des langues romanes. Quant au travail d’édition de notre corpus, il viendra compléter la série de correspondances échangées entre Coromines et d’autres linguistes et intellectuels tels que Pompeu Fabra, Ramon Menéndez Pidal, Carles Riba et Pere Coromines.

 

Jonathan Auclair

« Étude lexicologique des termes musicaux français et de leur apparition, tant dans les écrits pratiques que théoriques de la Renaissance. »
Sous la direction de Yan Greub (ATILF / CNRS – Université de Lorraine) et Cristina Diego Pacheco (Université de Lorraine)

Résumé
À venir

 

Vincent-Thomas Barrouillet

« Vers une formalisation automatisée des déviations à la logicité dialogique du discours pathologique du sujet schizophrène. »
Sous la direction de Michel Musiol (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et de Maxime Amblard (Loria)

Résumé
Dans le cadre de l’action exploratoire, mes travaux doctoraux consistent à formaliser le discours pathologique du sujet schizophrène pour repérer, in fine automatiquement, les infractions à la logique du discours non pathologique. De telle rupture, en l’état de la recherche, pourraient être des signes prodromiques de la maladie. Mon travail devrait donner de nouveaux arguments en ce sens. Formaliser ces discontinuités pour permettre leur reconnaissance automatique ouvrirait des pistes de réflexion sur de nouveaux critères diagnostiques. Ainsi, outre l’aspect de linguistique computationnelle, ma thèse relève aussi de la psycholinguistique, et devra montrer s’il est effectivement possible de remonter la piste depuis la discursivité pathologique vers la cognition propre au patient schizophrène.

 

Samuel Buchel

« Modélisation linguistique, sémantique et cognitive des incongruités et discontinuités dialogiques dans l’interaction avec le patient schizophrène. (Étape préalable à l’élaboration d’un outil informatisé à visée prodromique et diagnostique). »
Sous la direction de Michel Musiol (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et de Maxime Amblard (Loria)

Résumé
Selon l’OMS, les psychoses chroniques et plus particulièrement la schizophrénie comptent parmi les 10 premières causes de handicap. Elle touche plus de 600 000 personnes en France, soit 20 % des hospitalisations psychiatriques. Les troubles schizophréniques surviennent généralement entre 15 et 35 ans.

 

Anaïs Carnet

« L’utilisation des séries télévisées dans l’apprentissage de la consultation pour les étudiants de médecine français. »
Sous la direction d’Alex Boulton (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
Cette recherche vise à tester l’hypothèse selon laquelle l’utilisation de séries télévisées anglophones peut favoriser l’apprentissage, l’acquisition et la transférabilité de savoirs communicationnels dans le cadre d’une consultation avec un patient étranger chez les étudiants de médecine français.

Les futurs professionnels de santé seront confrontés tôt ou tard à des patients ne parlant pas français – pendant leurs stages pratiques à l’hôpital durant leurs études, pendant un stage qu’ils effectueront à l’étranger, ou lorsqu’ils seront en poste en tant que professionnels de santé. Il est donc nécessaire de préparer ces étudiants en leur donnant des clefs stratégiques communicatives qui leur permettront de mener à bien une consultation en anglais. Ainsi, il semble primordial de réfléchir à la langue en tant qu’objet d’enseignement dans les facultés de médecine, afin de permettre aux étudiants d’acquérir les outils linguistiques dont ils auront besoin dans leur future carrière professionnelle.

La mise en place de la recherche-action consiste en la comparaison de deux dispositifs d’enseignement différents afin d’évaluer lequel semble le plus à même d’amener les étudiants vers l’autonomie communicationnelle visée. Ces programmes seront essentiellement suivis par des étudiants souhaitant partir étudier un an à la faculté de médecine de Leeds, Angleterre. Il conviendra donc d’analyser lequel de ces programmes est le plus pertinent pour répondre à leur projet, en s’interrogeant sur la validité de chacun des deux programmes.

Trois groupes d’une quinzaine d’étudiants volontaires (2° & 3° années) seront créés, au sein desquels les étudiants seront répartis de manière aléatoire. Le premier groupe suivra un enseignement composé de documents traditionnels (vidéos et documents audio didactisés) et servira de groupe de contrôle. Les deux autres groupes suivront le même programme, mais les documents traditionnels seront remplacés par des extraits de séries télévisées ; le premier groupe bénéficiera d’un enseignement utilisant uniquement la série House, M.D., tandis que l’autre groupe travaillera sur des extraits de séries généralistes (The Walking Dead, Friends, The Big Bang Theory…). L’intégralité des documents et extraits sélectionnés seront soumis à un panel de professionnels de santé afin d’en vérifier les faits médicaux. Trois corpus distincts seront créés. Tout d’abord, en étudiant les documents du premier groupe, nous pourrons créer une banque de données qui viendra révéler les besoins langagiers des étudiants dans le domaine de la consultation. En parallèle, la transcription des extraits de séries permettra de créer deux autres corpus : le premier correspondant à de l’anglais médical et le deuxième à de l’anglais plus informel.

Les données de l’étude seront collectées et analysées grâce à différents outils. Pour les mesures qualitatives, les questionnaires ainsi que les entretiens seront utilisés. L’observation directe sera également employée dans le but de ne pas impacter le déroulement de l’étude. Il est également prévu d’évaluer les étudiants en situation. Grâce à la participation d’étudiants étrangers présents sur le campus, nous pourrons envisager d’organiser des mises en situation, en face à face, lors desquelles les étudiants de médecine devront utiliser toutes les connaissances acquises lors des cours d’anglais pour mener à bien une consultation face à un patient qu’ils ne connaissent pas et dans une situation non préparée à l’avance. Il est envisagé de filmer puis transcrire le dialogue afin de mesurer l’authenticité de cet échange, et de le comparer aux corpus précédemment créés.

 

Ikhlas Chaabane

« Annie Ernaux : le malaise existentiel et la rupture avec le genre romanesque. »
Sous la direction de Véronique Montémont (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
Au cours d’un séminaire sur les autobiographies animé par Michel Dousset, en Tunisie, j’ai découvert les œuvres d’Annie Ernaux, simples et denses à la fois. Stylistiquement parlant, dans ses œuvres, l’écrivaine n’utilise pas de constructions syntaxiques complexes, mais plutôt des phrases simples et des verbes à l’infinitif, refusant de jouer sur la séduction que peut conférer la recherche d’un style littéraire. Cette démarche va de pair avec le renoncement complet à la fiction au profit de la réalité, puisque que l’écrivaine s’inspire exclusivement de sa vie personnelle. Dans la mesure où la fiction est le fondement de tout livre romanesque, et après avoir publié trois ouvrages pouvant s’apparenter à de la fiction – même si les expériences qu’ils relatent sont autobiographiques – Annie Ernaux choisit tôt d’abandonner le roman pour choisir une écriture originale, dont l’objectif avoué est d’atteindre une forme de vérité, en restant au plus proche de la dimension factuelle de sa propre vie.

Les écrits des débuts d’Annie Ernaux ne semblent marqués, en apparence, ni par le social ni par le politique. Elle y transpose, dans ses oeuvres, ses expériences d’enfant, d’adolescente et de jeune femme. Elle commence ainsi sa carrière d’écrivain avec un roman autobiographique, Les Armoires vides (1974), où elle raconte l’avortement clandestin de l’héroïne Denise Lesur ; le livre est publié un an avant que l’avortement ne soit légalisé en France. Cet avortement clandestin que Denise Lesur subit n’est pas une invention ou une reconstitution romanesque : la narratrice, même si elle l’évoque dans un roman à la première personne, l’a vécu, dans la même chambre que sa protagoniste, en 1964. Cette première publication, quoique publiée sous forme de roman et bien qu’Annie Ernaux y brouille son identité sous un masque romanesque (il n’existe pas ici la correspondance auteur-narrateur-personnage définitoire de l’autobiographie ; voir Lejeune, 1975), est une représentation fidèle de sa propre expérience quand elle était étudiante. En 2000, en revanche, elle assume l’authenticité de cette expérience en relatant, pour la seconde fois, cet avortement à la première personne : mais cette fois, L’Événement est clairement présenté comme un récit autobiographique.

Avec son ouvrage La Place, publié en 1983 par Gallimard, Annie Ernaux a obtenu le prix Renaudot en 1984. Ce récit retrace la relation de la narratrice avec son père avec son père et explique en partie la rupture vécue avec son milieu d’origine. Par la suite, deux ans plus tard, quand sa mère, qui est atteinte de la maladie d’Alzheimer, meurt Annie Ernaux écrit Une Femme (1986) pour évoquer cette autre figure parentale. La mort de son père représente une étape essentielle qui a bouleversé l’écriture d’Annie Ernaux. Elle trouve dans matériau autobiographique un mode de découverte du réel et de compréhension du monde, ainsi qu’une manière de déchiffrer les cadres socio- politiques dans lesquels s’inscrit son expérience de femme et de transfuge sociale. Depuis La Place, l’écrivaine a en conséquence modifié sa posture d’écriture en abandonnant la forme romanesque qu’elle avait adoptée dans ses trois premiers romans. Désormais, elle essaye d’intégrer sa réalité vécue dans ses livres en rejetant toute sorte de fiction et d’imagination.

Avec une écriture sèche et « plate1 », elle poursuit son investigation familiale et revient sur les événements marquants de sa vie : après l’avortement dans L’Événement (2000), elle raconte une histoire d’amour passionnelle dans Passion simple (1991), le cancer du sein par lequel elle est touchée dans L’Usage de la photo (2005), la mort de sa sœur aînée dans L’Autre Fille (2011), découverte de la sexualité dans Mémoire de fille (2016)…

Comme le soulignent désormais la plupart de ses commentateurs, l’écriture d’Annie Ernaux se trouve à la frontière de la littérature, de la sociologie et de l’histoire (Charpentier : 2006 ; Fort & Houdart-Mérot, 2015). L’écriture sociologique, ou plus exactement « autosociobiographique » (Montémont, 2017) permet à l’écrivaine de choisir une nouvelle forme d’écriture hors de celle romanesque. C’est l’influence sociologique et les livres de Bourdieu qui poussent l’auteure à abandonner le roman et adopter une écriture qui se veut nourrie de réel et au plus proche de lui (Ernaux : 2005) : elle se traduit par une volonté permanente de se confronter aux faits vécus, quand bien même ils auraient été douloureux, honteux, pénibles ou déstabilisants. À travers cette relation forte à l’expérience, il s’agit d’interroger l’ordre du monde et la place du sujet dans celui-ci. Pour ce faire, Annie Ernaux, au-delà du « je » singulier, utilise souvent un « je » qu’elle définit comme comme « transpersonnel » (Ernaux : 1994) voire un « nous » (Montémont, 2011) ; celui-ci reflète non seulement l’expérience individuelle, mais aussi collective. C’est ainsi qu’Annie Ernaux traite des thèmes importants, qui permettent de comprendre la France d après- guerre : à travers sa propre expérience, elle écrit sur les inégalités des classes, le non- dit familial, sexuel, scolaire…

De plus, Annie Ernaux adopte résolument un point de vue genré : à travers ce « je » collectif, elle dénonce également la domination masculine. De ce fait, son engagement politique et féministe peut-être mis en rapport avec le refus d’une écriture prédéfinie, qui met en question la société patriarcale et appelle au changement des mentalités. Cette dimension apparaît clairement dans l’état de l’art, qui montre combien les œuvres autobiographiques de l’auteur sont désormais analysées à plus d’un niveau : formel (Kahn, Macé et Tenant, 2015), psychanalytique (Altounian, 2019), sociologique, stylistique (voir le colloque d’Amiens, en 2016, « Annie Ernaux, les écritures à l’œuvre »), etc.

Nous soumettrons à l’étude des textes qui mobilisent les divers enjeux soulevés. De l’œuvre imposante d’Ernaux, cinq ouvrages vont donc retenir notre attention : Les Armoires vides, La Place et Une Femme, Passion simple, et L’Événement qui retracent successivement son malaise existentiel et son tiraillement entre son monde familial originel et le milieu bourgeois auquel elle a accédé par ses études, ses relations avec son père, sa mère, celles entretenues avec ses amants jusqu’à la rupture de leur liaison et le mal à définir son identité, enfin le vécu de son avortement clandestin en 1963, le tout dans un contexte social, politique, culturel et religieux largement décrit.

L’objectif primordial de notre travail de recherche est d’étudier la rupture avec le genre romanesque chez Annie Ernaux et le passage vers l’auto-sociobiographie, néologisme qu’elle a forgé pour définir ses divers champs d’écriture, en référence à divers travaux de sociologues, dont Pierre Bourdieu, sur les inégalités sociales. Le genre des premières œuvres d’Ernaux, formellement parlant, pourrait être à la fois qualifié d’autobiographique et d’autofictif selon les terminologies respectives de Philippe Lejeune (Lejeune : 1975) et de Philippe Gasparini (Gasparini : 2008). Pour mieux analyser où passe la ligne de démarcation, nous avons le projet de nous appuyer sur la base de données Frantext, dans laquelle l’essentiel des œuvres d’Annie Ernaux a été numérisé. Nous envisageons en particulier des comparaisons sur les marqueurs spécifiques de l’autobiographie que sont les pronoms personnels, le nom de l’auteur, et certaines entités nommées (toponymes et anthroponymes référentiels) ; mais aussi une comparaison des lexiques. Le vocabulaire utilisé par l’auteur, dans l’évolution de son œuvre, traduit-il une plus forte présence des champs politiques et sociaux, et de la question du gender ?

Il s’agit d’interroger à travers l’analyse des variations des écritures d’Ernaux, qui se renouvellent d’un livre à l’autre, les possibilités qu’offre de son œuvre d’être à la fois le lieu d’une fiction et celui d’un travail documentaire dont les éléments sont hautement liés à l’autobiographie qui lui sert de point de départ. Enfin, il s’agit également de voir ce que l’écriture d’Annie Ernaux a de spécifique, si on la compare à des auteurs canoniques du genre autobiographique de la seconde moitié du XXe siècle (Sartre, Beauvoir, Sarraute). Nous aimerions en particulier démontrer comment son écriture agit sur les représentations sociales et notamment sur le remaniement ou la mise en question des stéréotypes féminins.

1 C’est ainsi qu’Ernaux définit elle-même son écriture dans La Place, p. 24.

Bibliographie provisoire

I- Œuvres d’Annie Ernaux

1- Œuvres étudiées
ERNAUX Annie, Les Armoires vides [1974], Paris, Gallimard, coll. Folio, 1984. ERNAUX Annie, La Place [1983], Paris, Gallimard, coll. Folio, 1986.
ERNAUX Annie, Une Femme, Paris, Gallimard, 1987.

2-Autres œuvres d’Annie Ernaux
ERNAUX Annie, Écrire la vie, Paris, Gallimard, 2011
ERNAUX, Annie, Journal du dehors, Paris, Gallimard, 1993.
ERNAUX Annie, La Femme gelée [1981], Paris, Gallimard, coll. Folio, 1987.
ERNAUX Annie, La Honte [1996], Paris, Gallimard, coll. Folio, 1999.
ERNAUX Annie, L’Atelier noir, Paris, Éditions des Busclats, 2011.
ERNAUX Annie, Les Années, Paris, Gallimard, 2008.
ERNAUX Annie, L’Evènement, Paris, Gallimard, 2000.
ERNAUX Annie, MARIE Marc, l’usage de la photo, Paris, Gallimard, 2005.
ERNAUX Annie, Mémoire de fille, Paris, Gallimard, 2016.
ERNAUX Annie, Passion simple [1991], Paris, Gallimard, coll. Folio, 1993.
ERNAUX Annie, Vers un je transpersonnel, R.I.T.M., n° 6, 1994.

3-Entretiens
ERNAUX, Annie, « À 18 ans, j’avais une confiance intrépide dans l’avenir », entretien réalisé par Sophie Joubert, Avril, 2016. URL : https://www.humanite.fr/annie-ernaux-18-ans-javais-une-confiance-intrepide-dans-lavenir-604102.
ERNAUX, Annie, « Annie Ernaux une œuvre de l’entre-deux », entretien avec Marie- Madeleine Million-Lajoinie », Artois Presses Université, 2004.
ERNAUX, Annie, « Annie Ernaux : “Je voulais venger ma race” », entretien avec Grégoire Leménager, 2011.
ERNAUX, Annie, « Annie Ernaux. Les Années », 2009. URL : Le Télégramme https://www.letelegramme.com/ig/dossiers/prix-des-lecteurs/annie-ernaux-les-annees-03-05-2009-275493.php.
ERNAUX, Annie, « Écrire, écrire, pourquoi ? »: entretien avec Raphaëlle Rérolle, Editions de la Bibliothèque publique d’information/Centre Pompidou, 2010. URL : https://books.openedition.org/bibpompidou/1092?lang=fr.
ERNAUX, Annie, entretien avec Catherine Argand accordé au magazine Lire, avril 2000. URL : https://www.lexpress.fr/culture/livre/annie-ernaux_805924.html.
ERNAUX, Annie, à Télérama Dialogue : « Écrire, c’est essayer de sauver le temps passé », Octobre 2016, URL: https://www.telerama.fr/livre/annie-ernaux-a-telerama-dialogue-ecrire-c-est-essayer-de-sauver-le-temps-passe,148248.php.
ERNAUX, Annie, « Entretien avec Annie Ernaux », The French Review, octobre 1995 in Claire-Lise Tondeur, Annie Ernaux ou L’Exil intérieur, Amsterdam, Rodopi, 1996.
ERNAUX, Annie, « L’Écriture comme un couteau », Entretien avec Frédéric-Yves Jeannet, Paris, Stock, 2003.
ERNAUX, Annie, « Le vrai lieu » : entretiens avec Michelle Porte, Paris, Gallimard, 2014.
ERNAUX, Annie, « Vie de la discipline », entretien avec Kemoun, Nicolas, 1995.
LAACHER, Smaïn, « Annie Ernaux ou l’inaccessible quiétude », entretien avec Annie Ernaux précédé d’une présentation de Smaïn Laacher , Politix, 1991. URL : https://www.persee.fr

II- Articles sur Annie Ernaux

BEST Francine, BLANCKEMAN Bruno, Centre culturel international (Cerisy-la- Salle, Manche). Colloque. 2012-07-06 / 2012-07-13, DUGAST-PORTES, Francine & ERNAUX Annie, Annie Ernaux, le temps et la mémoire, Paris, Stock, 2014.
BOUCHY, Florence, La Place, La Honte d’Annie Ernaux, Paris, Hatier, 2005.
ERNAUX, Annie, Portraits croisés Claire Simon-Annie Ernaux in Cinémas Croisés no 2, printemps-été 2002, in http://www.grec-info.com.
FORT Pierre-Louis & HOUDART-MEROT Violaine, Annie Ernaux : un engagement d’écriture, Paris, Presses Sorbonne nouvelle, 2015.
DUGAST-PORTES, Francine, Annie Ernaux : étude de l’œuvre, Paris, Bordas, 2008. Luquain, Amélie, « hyper-culture: le témoignage d’Annie Ernaux », Ecole Nationale d’Architecture de Versailles, 2015.
ZENETTI Marie-Jeanne, Factographies, Paris, Classiques Garnier, 2014.

III- Articles et essais généraux sur notre sujet

ALTOUNIAN (Janine), « Écrire pour les mères qui n’ont pas pu aller à l’école » in « Écriture de soi, écriture de groupe », Revue de Psychothérapie Psychanalytique de Groupe, n°12, Érès 2019, sous la direction de Alberto Eiguer, Bernard Chouvier.
BARTHES, Roland, Le degré zéro de l’écriture, Paris, Éditions du Seuil, 1953.
BAUDORRE Philippe, RABATÉ Dominique, Société d’études de la littérature française du XXe siècle & VIART Dominique, Littérature et sociologie, Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, 2007.
BOUCHY, Florence, La Place (1984), La Honte (1997), Annie Ernaux, Paris, Hatier, 2005.
CHARPENTIER, Isabelle, « “Quelque part entre la littérature, la sociologie et l’histoire…” », COnTEXTES [Online], 1 | 2006, Online since 15 September 2006, connection on 06 January 2018. URL: https://journals.openedition.org/contextes/74.
COHN, Dorrit Claire & HARY-SCHAEFFER, Claude, Le propre de la fiction, Paris, Éditions du Seuil, 2001.
COLONNA, Vincent, Autofiction & autres mythomanies littéraires, Auch. Tristram, 2004.
Écrivaine, Méryl Pinque, « Annie Ernaux : entre assomption et expiation », Synergies Pologne n° 7, 2010.
JARRY, J. (2000). Annie Ernaux : Une femme au cœur de l’écriture. Nuit blanche, magazine littéraire, (80), 14–17.
GRELL, Isabelle, JEANNELLE, Jean-Louis et VIOLLET, Catherine, Genèse et autofiction, Louvain-la-Neuve. Bruylant-Academia, 2007.
LAVAULT, Maya, Le « Nouveau Roman » d’Annie Ernaux : un récit impossible ?, Fabula-LhT, n° 13, « La bibliothèque des textes fantômes », novembre 2014, URL : https://www.fabula.org/lht/13/lavault.html, page consultée le 04 décembre 2017. LEJEUNE, Philippe, Le pacte autobiographique, Paris, Éditions du Seuil, 1975. Meizoz, Jérôme, Éthique du récit testimonial, Annie Ernaux, Nouvelle revue d’esthétique, 2010.
SAVEAN, Marie-France, La Place et Une Femme d’Annie Ernaux, Paris, Gallimard, 1994.

 

Nikolay Chepurnykh

« Processing the Access to Lexical Information Through a Dual Approach Based on the Exploration of Large Lexical Networks and Information Extraction from Corpora. »
Sous la direction de Alain Polguère (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Léo Wanner (ICREA & Université Pompeu Fabra, Barcelone)

Résumé
Le projet de thèse élaborera des algorithmes de parcours et analyse des grands réseaux lexicaux développés à l’ATILF et exploitera les méthodes statistiques existantes d’extraction des données lexicales de corpus afin d’implémenter un système d’aide à la recherche de l’information lexicale dans le contexte de la verbalisation de la pensée. À travers la production du système en question, la recherche permettra de mieux évaluer la part respective que peuvent assumer les modèles des connaissances lexicales et les ressources textuelles dans la modélisation des processus langagiers.

 

Clara Cousinard

« L’apprentissage sur corpus : un concordancier au service de l’enseignement et de l’apprentissage de la syntaxe du français parlé en interaction. »
Sous la direction de Virginie André (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
À venir

 

Éléonore De Beaumont

« Enseigner le langage inclusif à un public allophone : attitudes et représentations linguistiques des enseignant·es de FLE et des apprenant·es turcophones. »
Sous la direction de Sophie Bailly (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Yannick Chevalier (Université Lumière Lyon 2)

Résumé
À venir

 

Anouchka Divoux

« Analyse linguistique, praxéologique et socio-interactionnelle de la question en réunion de travail. »
Sous la direction de Virginie André (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Hervé Adami (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
A travers cette étude sociolinguistique, nous souhaitons étudier les questions produites lors de réunions de travail. Différents travaux dans le domaine de la linguistique et de la pragmatique se sont intéressés à l’acte de questionnement (Austin, 1962 ; Benveniste, 1966 ; Searle, 1972), certains se sont centrés plus particulièrement sur l’oral (Kerbrat-Orecchioni, 1991 ; Debaisieux et Boulton, 2007), néanmoins, aucune de ces études n’a été effectuée en situation de travail.

Les recherches de Kerbrat-Orecchioni (1991, 2008) ont permis de montrer la variabilité illocutoire de la question : les questions peuvent ainsi revêtir une autre valeur que la demande d’information. Cette variabilité illocutoire des questions est intrinsèquement liée à la situation de communication. En effet, les pratiques langagières sont engagées dans un système d’inter-influences (André, 2006) mettant en jeu l’activité langagière, la situation de communication mais aussi le genre de discours. Il est donc nécessaire de s’interroger sur la place du langage au travail pour comprendre le rôle des questions en réunion.

Le langage au travail revêt deux valeurs principales : une valeur praxéologique (Zarifian, 1999 ; Filliettaz et de Saint Georges, 2009 ; Borzeix, 2015) permettant la réalisation de l’activité, mais aussi une valeur relationnelle permettant le marquage des relations (Girin, 1990 ; Filliettaz et de Saint Georges, 2009) que celles-ci soient horizontales ou verticales (Kerbrat-Orecchioni, 2004). Ainsi, les deux valeurs du langage au travail se retrouvent dans l’usage de la question. L’acte de questionnement peut par exemple servir à faciliter l’intercompréhension, répartir les tâches mais aussi à mettre en difficulté un interlocuteur ou exposer son expertise de manière détournée.

Avec cette thèse, nous chercherons à découvrir quels éléments extralinguistiques influencent la production de questions en réunion de travail en nous intéressant plus particulièrement au statut, au rôle interactionnel mais aussi au genre des locuteurs. Par ailleurs, à partir d’un corpus de réunions de travail, nous tenterons de décrire finement ce qui constitue une question à l’oral.

 

Marie Flesch

« Langue d’internet et genre : étude du corpus du site web communautaire Reddit. »
Sous la direction de Sophie Bailly (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
Cette thèse se propose d’explorer les relations entre l’anglais d’internet et le genre, à partir d’un corpus de commentaires recueillis sur la plateforme communautaire Reddit. Elle s’intéresse tout particulièrement aux phénomènes lexicaux et graphiques de la langue électronique, qui a été décrite comme une « troisième forme de communication » distincte des langues parlée et écrite (Crystal, 2001) : acronymes (OMG, LOL) émoticônes ( 🙂 😀 ) graphies non-standard, néologismes, abréviations, étirements graphiques, et ponctuation créative. Elle vise à dégager et à expliquer les différences d’usage entre hommes et femmes, mais aussi à rendre compte des similitudes, en utilisant les techniques de la linguistique de corpus.
Si le site internet Reddit a été choisi pour cette thèse, c’est parce qu’il s’impose comme un des espaces d’expression privilégiés de la langue d’internet, de par, tout d’abord, la liberté dont jouissent ses utilisateurs. Les « Redditeurs » s’expriment ainsi bien souvent dans une langue informelle, et généralement dans l’anonymat total, sur des dizaines de milliers de forums auto-modérés. Reddit est également un objet d’étude intéressant parce que la plateforme a connu une croissance fulgurante depuis sa création en 2005, pour devenir, en novembre 2016, le septième site le plus visité aux Etats-Unis.
Autoproclamé « première page d’internet », Reddit est aujourd’hui un véritable phénomène de société, à la fois théâtre d’échanges passionnés, terreau fertile à l’explosion de scandales, espace d’accueil des contenus les plus provocateurs du web, et outil de communication utilisé par les personnalités politiques. La plateforme, dominée par les hommes depuis sa création, est par ailleurs en pleine mutation : le profond fossé entre les sexes, caractéristique des forums de discussion en ligne, est en train de se combler, les femmes investissant de plus en plus le site.
Pour étudier la relation entre langue et genre sur Reddit, un corpus de plus de 10 millions de mots sera construit, qui rassemblera les contributions de plusieurs centaines d’utilisateurs ayant indiqué le genre auquel ils s’identifient. Une approche « corpus-driven » sera adoptée. Au travers d’analyses quantitatives et qualitatives, la thèse explorera les différences d’utilisations entre les genres et les variations à l’intérieur de chaque groupe. Elle se penchera également sur la façon dont d’autres facteurs démographiques et contextuels interagissent avec l’identité sexuée des Redditeurs dans la production d’éléments typiques du « Netspeak ». Elle tentera enfin d’esquisser les éventuelles évolutions de la langue d’internet, et de dégager les implications sociales qui se dessinent dans les résultats de l’analyse du corpus, à l’échelle de Reddit, d’internet, et de la société.

Page perso : http://mflesch.weebly.com/

 

Barbara Francioni

« Systèmes linguistiques en contact dans le chansonnier provençal D. Étude stratigraphique et philologique des éléments en langue d’oc et en langue d’oïl. »
Sous la direction de Yann Greub (ATILF | CNRS – Université de Lorraine) et Fabrizio Cigni (Université de Sienne)

Résumé
L’objectif du projet de recherche est celui d’étudier les échanges réciproques entre langue d’oc et langue d’oïl dans l’ensemble de la production lyrique de la France médiévale des siècles XIe-XIIIe, afin de creuser à la racine des rapports intertextuels et intratextuels entre troubadours et trouvères à l’époque de la canonisation de leur tradition écrite. La recherche se focalisera sur les chansonniers de lyriques d’oc et d’oïl contenus dans un seul manuscrit « bifront », le recueil α.R.4.4. de la Biblioteca Estense Universitaria de Modène, siglé D-Da pour la partie provençale, H pour celle en ancien français, afin d’étudier, par une méthode stratigraphique, de larges sections des deux collections, tout en choisissant des échantillons d’essai qui puissent aider à identifier les éventuelles particularités linguistiques du manuscrit et contribuer à dresser une carte des sources utilisées par son collecteur.

À partir des études déjà menées sur la structure générale, l’organisation, les sections et les modalités de confection du manuscrit, la recherche se propose de sélectionner un groupe de textes en provençal et en ancien français qui serviront de base d’analyse du point de vue linguistique, en prenant en considération aussi bien les problèmes habituels posés par la scripta du manuscrit entier, que les particularités singulières qui caractérisent les textes sélectionnés, analyse qui aura pour objet aussi la comparaison avec la varia lectio des autres témoins afin de retracer d’éventuelles traces linguistiques d’auteur et de suivre les modalités d’utilisation des sources dans les différents recueils. Pour ce faire, il se révélera intéressant de chercher à distinguer la « main de l’auteur » de celle « du copiste », avec toutes les précautions critiques qu’une étude stratigraphique sur un manuscrit si ancien demande d’appliquer. Évidemment, on ne manquera pas de comparer les résultats de la recherche avec les études linguistiques et stratigraphiques déjà menées sur d’autres chansonniers, surtout de lyrique troubadouresque, afin d’identifier de possibles similitudes et sources communes.

En particulier, on cherchera à mener une étude linguistique différentielle sur les différences régulières et significatives entre
1. les textes spécifiques choisis comme base d’analyse ;
2. les autres textes inclus dans le manuscrit.
En ce qui concerne le point 1, l’étude linguistique différentielle se concentrera sur les différences régulières et significatives entre
a. ces textes spécifiques tels qu’ils sont attestés dans le recueil ;
b. ces textes spécifiques tels qu’ils sont attestés dans d’autres témoins.

Dans la première phase de la recherche, on se concentrera sur la collecte de toutes les études déjà menées sur le manuscrit Estense et, particulièrement, sur l’identification des textes qui serviront de base d’analyse. Dans une deuxième phase, la recherche concernera l’analyse linguistique proprement dite et, parallèlement, le recueil de matériaux de linguistique historique qui puissent aider à localiser les spécificités scriptologiques relevées au cours de l’analyse stratigraphique. Un point clé de cette deuxième phase sera l’identification des questions sur lesquelles l’analyse devra se concentrer, questions qui pourront suivre les trente-sept points du questionnaire tracé par François Zufferey dans ses Recherches. La troisième et dernière phase de travail prévoit l’extension de la base d’analyse à d’autres textes qui se seront relevés comme particulièrement intéressants aux fins de la recherche et la comparaison des constantes scriptologiques et linguistiques de l’Estense avec les autres chansonniers de lyrique en langue d’oc et d’oïl pour chercher à retracer d’éventuelles sources communes et clarifier les rapports littéraires entre Sud de la France et Nord de l’Italie au Moyen Âge.

Il se révèlera intéressant d’examiner aussi bien les séquences des auteurs rangées par les collecteurs, que les « grands absents », les auteurs ou les pièces qui n’ont pas été inclus dans le recueil, qui représente, d’ailleurs, la première tentative d’organisation canonique du matériel littéraire produit en France au Moyen Âge.

 

Elise Gandon

« La place des objets et faits culturels au sein des formations linguistiques et professionnelles pour adultes migrants : dimensions linguistiques et sociolinguisitiques de l’apprentissage de la langue. »
Sous la direction d’Hervé Adami (ATILF | Université de Lorraine – CNRS), Claudie Péret (Université de Cergy Pontoise)

Résumé
Cette recherche porte sur les formations linguistiques et professionnelles des migrants adultes.

Nous étudierons la place des objets et faits culturels comme supports d’apprentissage et comme déclencheurs d’interactions verbales permettant l’acquisition de compétences linguistiques et sociolinguistiques et notamment l’acquisition de lexique en production et interaction orales. Nous voulons démontrer que les objets et faits culturels peuvent favoriser l’acquisition d’outils linguistiques et communicationnels transposables dans la vie quotidienne et professionnelle.

Notre recherche s’appuie sur plusieurs hypothèses. Selon notre première hypothèse, le contact prolongé, verbalisé avec des objets et faits culturels aurait une incidence sur l’acquisition des compétences langagières car il permettrait d’éveiller la curiosité et donc d’amorcer l’envie d’interagir. Nous réfèrerons à la théorie socioconstructiviste (Vygotski, 1934) ainsi qu’à l’idée selon laquelle l’interaction avec l’autre est déterminante dans l’apprentissage du langage. (Bruner, 1956, 1996). Par ailleurs, une seconde hypothèse serait que ces contextes particuliers d’apprentissage favoriseraient conjointement l’acquisition de compétences linguistiques et sociolinguistiques. Notre travail d’analyse prendra appui sur les travaux d’analyse conversationnelle et d’analyse du discours (Kerbrat Orecchioni, 1990, 1992, 1994). Nous formulons une troisième hypothèse selon laquelle ces outils linguistiques et sociolinguistiques seraient transférables à d’autres situations de communication (Meirieu, 1996 ; Minder, 1999).

Nous analyserons les interactions verbales déclenchées par le contact d’objets et faits culturels. Par « objets et faits culturels » nous entendons ici peintures, sculptures, et parce que cette recherche se fera à Lyon, vestiges du patrimoine architectural gallo-romain : amphithéâtres, remparts, traboules
Le corpus sera recueilli auprès d’adultes migrants en formation. Au contact des objets et faits culturels présentés, les apprenants seront invités à s’exprimer individuellement et collectivement. Il leur sera demandé de décrire et d’exprimer une opinion sur l’œuvre présentée. Chaque apprenant sera enregistré. Les transcriptions des enregistrements permettront une analyse linguistique précise grâce à un outil et des critères d’évaluation définis en amont portant principalement sur le lexique… L’expérience sera menée trois fois au cours de la formation permettant de voir la progression de chaque apprenant. A l’issue des enregistrements, pour répondre aux besoins linguistiques des apprenants, nous leur proposerons de partager leurs connaissances en les invitant à produire collectivement une « banque » de lexique spécifique (sous la forme d’une « boîte à outils », d’une carte heuristique…) enrichi par le formateur. En fin de formation, les compétences orales seront mesurées et les productions orales seront analysées selon les mêmes critères, avec le même outil. Nous verrons si les apprenants sont en mesure de réinvestir le lexique à bon escient dans des situations de communication de la vie quotidienne (sujets d’examen proposés) et donc de voir si les acquis sont transférables.

 

Clotilde George

« Analyse de l’interaction en situation professionnelle exolingue dans le cadre de la formation au métier de cuisinier d’apprentis allophones en France. »
Sous la direction de Sophie Bailly (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Maud Ciekanski (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
À venir

 

Pauline Gillet

« L’acquisition des interrogatives partielles en français parlé : situation de diglossie ou exploitations différenciées d’une unique grammaire ? »
Sous la direction de Marie-Laurence Knittel (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Christophe Benzitoun (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
Résumé à venir…

 

Toma Gotkova

« Le lexique de l’environnement et de la chimie verte dans le discours ordinaire. Utilisation des réseaux sociaux comme corpus – LEGCOD. »
Sous la direction d’Alain Polguère (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Francesca Ingrosso (LPCT | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
L’objectif principal de la recherche doctorale proposée – Le lexique de l’environnement et de la chimie verte dans le discours ordinaire. Utilisation des réseaux sociaux comme corpus, désormais LEGCOD 2 – est l’étude du vocabulaire noyau des champs de l’environnement et de la chimie verte, avec en vue la thématique suivante : l’interaction entre l’usage scientifique/technique de ce vocabulaire – en tant que terminologie spécifique – et son usage dans le discours ordinaire (productions linguistiques du grand public) trouvé sur Internet, en s’intéressant tout particulièrement aux réseaux sociaux.

Un des buts premiers de LEGCOD est de tester le potentiel d’utilisation des données des réseaux sociaux pour créer un corpus linguistique de référence unique qui permettra d’explorer le vocabulaire de l’environnement en- châssé au sein du discours de langue générale. L’échantillonnage de données de réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter ou Reddit donnera accès aux interactions des communautés d’internautes sur les sujets environnementaux.

Les corpus extraits des réseaux sociaux seront utilisés pour étudier le lexique de l’environnement et de la chi- mie verte dans le discours de langue générale du point de vue linguistique. Les unités lexicales n’existent pas en isolation; elles sont connectées à l’ensemble du lexique par des liens sémantiques et combinatoriaux. LEGCOD dessinera une carte lexicale des domaines de l’environnement et de la chimie verte sous forme de réseau lexical. La partie empirique de la recherche implique la description des unités lexicales pertinentes dans les Réseaux Lexicaux de l’Anglais et du Français, qui sont des bases de données lexicales génériques, aux applications multiples (Lux-Pogodalla et Polguère, 2011). Leur design est fondé sur un nouveau type de modèle de réseau lexical appelé Système Lexical (Polguère, 2014)3. Un autre trait distinctif de LEGCOD est le traitement des verbes en tant que membres à part entière des lexiques spécialisés, c’est-à-dire des terminologies. Les études des lexiques de domaines de spécialité s’intéressent traditionnellement aux termes qui dénotent des entités (exprimés par des noms), plutôt que des évé- nement, processus et propriétés (typiquement exprimés par des verbes, adjectifs and adverbes). Il existe ainsi un déséquilibre considérable dans la façon dont sont traitées les parties du discours dans les domaines scientifiques et technologiques. Des travaux récents en recherche terminologique mettent l’accent sur le besoin d’analyser et décrire également les unités lexicales spécialisées appartenant à d’autres parties du discours que celle des noms pour assurer une plus grande cohérence de la description lexicographique (L’Homme, 2012).

Mots-clés : lexicographie informatisée; réseau lexical ; vocabulaire spécialisé ; réseaux sociaux comme corpus ; environnement ; chimie verte

 

Teng Guo

« Le Rôle des Instructions sur les Apprentissages Associatif et Statistique aux Tout-débuts de l’Apprentissage de la Lecture en France et en Chine »
Sous la direction de Daniel Zagar (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
Résumé à venir…

 

Mathilde Huguin

« Analyse morphologique des mots construits sur base de noms de personnalités politiques. »
Sous la direction de Fiammetta Namer (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Stéphanie Lignon (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
Notre thèse a pour objectif de décrire le comportement morphologique de l’anthroponyme, nom propre (désormais NPr) référant à un être humain, en tant que base de construction morphologique. Pour ce faire, nous proposons une analyse de mots morphologiquement construits sur des Noms propres de Personnalités Politiques françaises, désormais NPP (e.g. François Fillon > fillonophobie). Nous travaillons à partir de données réelles issues de la Toile, produites spontanément par les locuteurs. Nous adoptons une démarche extensive, telle qu’elle a été initiée par les chercheurs de l’ERSS (désormais CLLE-ERSS) et de l’ATILF (cf. Hathout & Tanguy, 2002 ; Namer, 2003 ; Hathout & alii, 2008 ; Lignon & Plénat, 2009 ; entre autres), c’est à dire que nous analysons une quantité massive de données pour valider ou infirmer nos hypothèses et mettre en lumière des cas qui, jusqu’alors, passaient inaperçus. Ce projet de thèse s’inscrit également dans une collaboration internationale de linguistes de diverses composantes étudiant les noms d’humains : le projet NHUMA (C. Schnedecker & W. Mihatsch dir.).

Cette thèse est menée dans le cadre théorique de la morphologie lexématique (cf. Fradin, 2003). Ainsi, nous considérons qu’une construction morphologique est un patron appliqué à (au moins) un lexème base pour former un nouveau lexème, plus complexe. Le lexème est une unité abstraite caractérisée par une forme, une catégorie syntaxique et un sens. Prototypiquement, le lexème construit est une élaboration formelle et sémantique du lexème base.

D’un point de vue morphologique, le NPr a très peu été étudié. Les quelques études consacrées à la construction de mots français à partir de bases NPr et plus particulièrement anthroponymiques (e.g. Dal, 1997 ; Leroy 2005, 2008 ; Leroy & Roger, 2014 ; Lignon & Plénat, 2009 ; Lasserre, 2016) se cantonnent à la description de cas particuliers, c’est à dire l’étude de quelques mots construits, dans une monographie sur un suffixe, par exemple (e.g. Lignon, 2000, sur l’étude du suffixe ien). Cette absence d’étude spécifique est naturelle si on analyse le NPr comme une entité vide de sens, référant directement à un individu unique (Mill, 1843 ; Kripke, 1972). Or, si un mot nouveau est construit à partir d’une base NPr, cela suppose que sa construction est sémantiquement motivée par le locuteur qui l’a forgé. Ce sens est élaboré à partir du sens de la base. Donc, la base, i.e. le NPP, doit d’une manière ou d’une autre, posséder un contenu sémantique qui contient une interprétation partagée par une communauté linguistique.

Nous travaillons sur des formes attestées et contextualisées. Les mots construits sur NPP se rencontrent souvent dans des écrits spontanés : sur des forums, blogs ou réseaux sociaux (Huguin, 2015). En d’autres termes, nous devons constituer notre propre corpus puisqu’aujourd’hui aucun corpus existant ne nous permet d’accéder à une quantité de données suffisante pour réaliser notre objectif. Notre démarche de constitution de corpus peut se résumer en deux temps : (1) nous avons tout d’abord généré des formes candidates, c’est-à-dire des mots construits sur NPP dont l’existence est hypothétique (Christiane Taubira > taubiraiser, taubiratiser, taubiriser…), (2) pour ensuite vérifier leur existence sur la Toile. 128 808 formes candidates ont été générées automatiquement à partir d’une liste de 90 NPP dont les référents sont des femmes ou hommes ayant exercé une fonction politique de premier plan depuis 1981 en France. Nous construisons notre corpus à partir du contenu de la Toile, en exploitant les outils et méthodologies élaborés dans le passé et présentés dans des travaux antérieurs (e.g. Dal & Namer, 2012, 2015 ; Hathout & alii, 2009). La collecte et le post traitement des sources composant le corpus sont effectués en collaboration avec le service R&D de Data Observer1. Ainsi récoltés, ces données et leurs contextes d’emplois, sont triés et annotés dans une base de données lexicales dans laquelle sont organisés les résultats de notre analyse. Chaque entrée de la base comprend les informations formelles, catégorielles et sémantiques sur la relation morphologique unissant un mot construit et le NPP qui en est la base morphologique.

À travers cette thèse, nous cherchons à montrer que la morphologie apporte un éclairage nouveau à la définition linguistique du NPr, notamment au regard de la notion de lexème, unité de base de la morphologie lexématique. Ce travail va apporter des réponses sur le comportement morphologique du NPr, mais également sur le NPr en général (son sens, sa forme), et fournira une grammaire de l’anthroponyme ainsi qu’un large corpus de construits sur base anthroponymique.


1 Data Observer (www.data-observer.com) est une startup spécialisée dans la collecte, le traitement et l’analyse des données textuelles issues du Web.

Page perso : https://apps.atilf.fr/homepages/mhuguin/

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Lidia Kolzun

« Lexicologie théorique et descriptive de la langue russe. »
Sous la direction d’Alain Polguère (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Svetlana Krylosova (INALCO)

Résumé
Résumé à venir…

 

Anne Le Meur

« L’évaluation formative des formateurs bénévoles en français langue étrangère et alphabétisation pour adultes à travers la création d’une plateforme numérique collaborative. Analyse sociolinguistique de la construction d’une communauté de pratique. »
Sous la direction de Maud Ciekanski (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
À venir

 

Amandine Lecomte

Titre à venir
Sous la direction de Michel Musiol (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
Résumé à venir…

 

Lou Lee

« Du lexique au discours : les particules discursives du français. »
Sous la direction d’Yvon Keromnes (ATILF | Université de Lorraine – CNRS), de Mathilde Dargnat (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et de Denis Jouvet (LORIA)

Résumé
Les particules discursives (alors, bien, bon, donc, enfin, quoi, voilà, quand même, tiens, tu sais, tu vois, etc.) sont considérées comme difficiles à décrire et elles ont été peu étudiées dans les travaux de syntaxe et de sémantique jusqu’aux années 2000 (cf. Brinton 1996, Denturck 2008). Cependant, ces éléments lexicaux sont très souvent utilisés pour la gestion du discours à l’oral. Ces mots/syntagmes sont généralement appelés particules ou marqueurs discursifs et ils sont associés à des fonctions pragmatiques ou à des processus cognitifs (cf. Aijmer 2013, Dargnat à par., Dostie 2004). Par ailleurs, l’amélioration du traitement automatique des langues, en particulier de la compréhension de la parole et de la traduction automatique, nécessite des recherches sur les points problématiques, entre autres ceux que soulèvent les particules.

Cette recherche apportera une synthèse détaillée des travaux descriptifs disponibles, qui permettra de distinguer, dans les approches proposées, ce qui relève de différences fondamentales et ce qui relève de cadres théoriques, voire d’idiolectes, sans effet particulier sur les prédictions. Je vais également étudier la construction de descriptions multidimensionnelles, associant syntaxe, sémantique, pragmatique et prosodie, avec la combinaison d’analyses prosodiques qualitatives et quantitatives facilitées par des outils logiciels adaptés.

Les deux hypothèses de travail qui sous-tendent ce projet sont les suivantes :
• L’analyse sémantique des particules doit accepter leur diversité au-delà de leur unité fonctionnelle, ce qui implique de prendre en compte les diverses dimensions mentionnées sans se réduire à une ou deux facettes, et d’exploiter avec pertinence des informations comparatives.
• L’étude des corrélations entre les valeurs sémantiques et pragmatiques et tout ou partie des caractéristiques prosodiques mises en évidence. Ces corrélations pourront être matérialisées par exemple par des arbres de décision construits par des logiciels de classification.

 

Eulalie Lomon

« Les TICE pour surmonter l’anxiété langagière lors des interactions orales en classe d’anglais. »
Sous la direction d’Alex Boulton (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Virginie Privas-Bréauté (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
À venir

 

Timothée Mickus

« Génération automatique de définitions et de propriétés sémantiques de mots. »
Sous la direction de Mathieu Constant (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Denis Paperno (Université d’Utrecht, Pays Bas)

Résumé
L’explosion du volume de données disponibles en langage naturel (sur internet par exemple) a ouvert de nouveaux horizons aux citoyens pour acquérir de nouvelles connaissances plus aisément. Cependant, ils sont souvent confrontés à la complexité de ces sources de connaissances. L’utilisation de ressources lexicales externes est souvent précieuse pour aider à la compréhension de mots ou de concepts dont ils sont peu familiers.

Cependant, les ressources lexicales qui sont développées par des experts peuvent elles-même être difficiles à comprendre pour un public large. Par exemple, les citoyens peuvent être confrontés aux scénarios suivants : (i) la définition du mot ou du concept dans la ressource est trop difficile (technicité) ; (ii) le sens du mot ou du concept dans le contexte de lecture recouvre plusieurs sens définis dans la resource (ambiguïté) ; (iii) le mot ou son sens peut ne pas être couvert par la ressource (couverture).

Afin de lutter contre ces problèmes, le projet de thèse consiste à concevoir et développer de nouvelles méthodes pour extraire les connaissances sémantiques appropriées pour un mot dans un contexte donné. Plus particulièrement, étant donné un mot et un contexte, les méthodes proposées chercheront à automatiquement générer sa définition et ses propriétés sémantiques, adaptées non seulement au contexte, mais aussi à l’utilisateur.

Avec la révolution de l’apprentissage profond, l’hypothèse principale de ce projet de thèse est qu’il est désormais possible de modéliser entièrement cette tâche au moyen de réseaux de neurones en incluant à la fois une phase d’analyse du mot et son contexte et d’une phase de génération d’une phrase de définition en langage naturel. Ces modèles pourront être entrainés à partir du contenu des ressources lexicales, et enrichis de modèles de langage et de plongements de mots appris sur de grand volumes de textes, dans le but de capter la diversité lexicale et le style d’expression d’un public large. Cette approche se rapproche des approches neurones récentes utilisées pour la traduction automatique et le résumé automatique.

Bien que le sujet de thèse proposé soit lié aux tâches traditionnelles de la levée d’ambiguïté sémantique et l’induction de sens des mots, le problème propose un défi plus important car il va plus loin : le système attendu devra générer des définitions, même pour les mots ou sens non converts par les ressources lexicales existantes, en généralisant à partir de bases lexicales existantes.

 

Polina Mikhel

« Étude multilingue du lexique de la chimie à l’interface entre terminologie et langue générale
(Multilingual study of the lexicon of chemistry at the interface of terminology and general language).
 »
Sous la direction d’Alain Polguère (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Francesca Ingrosso (LPCT | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
Ce projet de recherche doctorale interdisciplinaire est motivé par un double constat : 1) les approches traditionnelles d’étude et de représentation des systèmes terminologiques scientifiques reposent essentiellement sur le recours à des modèles taxinomiques (ontologies informatiques fondées sur des hiérarchies de classes conceptuelles) ; 2) les études contemporaines sur l’organisation du lexique de langue générale (lexicologie, psycholinguistique, etc.) tendent à s’accorder sur un mode de structuration en réseaux lexicaux multidimensionnels et non taxinomiques. La recherche repose sur l’hypothèse que les terminologies scientifiques, puisqu’elles fonctionnent dans les textes en interaction avec le lexique de langue générale, doivent posséder une structure homomorphe avec celle du lexique général, avec lequel elles fusionnent au sein de la langue. Il s’agit, dans ce contexte, d’explorer l’interface entre langue générale et terminologies, à la frontière entre termes et non-termes.

Sur le plan théorique, la recherche vise, d’une part, à apporter une solution au problème de la modélisation formelle et rigoureuse de la multidimensionnalité inhérente à l’organisation des terminologies, c’est-à-dire le fait que les termes peuvent être appréhendés et les terminologies parcourues selon de multiples axes. D’autre part, et de façon liée, la recherche vise à rendre compte de l’interdépendance entre lexique de langue générale et lexique terminologique.

Sur le plan pratique, la thèse débouchera sur des modèles terminologiques multilingues de la chimie, en français, en anglais et en russe. Ces modèles, conçus pour évoluer et être enrichis sur le long terme, seront des outils exploitables par les scientifiques aussi bien que par les enseignants en chimie. La recherche est de ce fait destinée à avoir une résonance non seulement dans le domaine de la recherche en lexicologie et terminologie, mais aussi auprès de la communauté des chimistes.

Le projet se situe dans la thématique des études lexicales, qui sont au cœur du projet scientifique du laboratoire ATILF. Il présente l’originalité d’aborder le sujet du rapport entre terme et non-terme dans le cadre des travaux menés à l’ATILF sur les grands réseaux lexicaux. Une exploitation intensive sera faite des modèles lexicaux développés depuis plusieurs années au laboratoire. En retour, la recherche doctorale alimentera ces ressources en données sur les terminologies anglaises et françaises de la chimie.

 

Marine Noël

« Poétiques du récit de retour aux origines du documentaire au roman suivi de Autoroute 31. »
Sous la direction de Véronique Montémont (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Claire Legendre (Université de Montréal)

Résumé
Ma thèse se divise en deux volets, l’un de création et l’autre de recherche. Le volet recherche s’intitule Poétiques du récit de retour aux origines du documentaire au roman. Des récits du monde rural émergent dans la littérature contemporaine française. Ce travail vise à examiner les nouveaux regards posés sur cet espace, qui se détachent d’un idéalisme champêtre, et cela parce qu’il est lui-même travaillé par des changements économiques et sociaux. Il aura pour sujet les œuvres d’Annie Ernaux (Les armoires vides, 1974), Didier Eribon (Retour à Reims, 2009), Édouard Louis (En finir avec Eddy Bellegueule, 2014), Raymond Depardon (La ferme du Garet, 1995 et Paysans, 2009) et Nicolas Mathieu (Leurs enfants après eux, 2018). Ma recherche explorera les diverses poétiques du récit des origines mises en œuvre par ces genres et supports distincts : du roman au documentaire, en passant par le reportage et la photographie. Au sein de ce corpus, les narrateurs, et bien souvent les auteurs, sont tous des transfuges de classe et de lieu. Les œuvres traitent du retour dans le milieu d’origine, ou de l’impossibilité de ce retour. Les textes se confrontent souvent à une fracture (temporelle, sociale). Ils expriment, par des moyens différents, ce qu’est la nostalgie en grec ancien : nostos (le retour) et algos (la douleur), résumée comme un « mal du pays ». Mais ils contestent et problématisent aussi ce concept et le concept d’appartenance. Ce travail postule que des procédés stylistiques et formels expriment ce besoin de retour et ses ambiguïtés. Il étudie aussi comment ces œuvres esthétisent la position du transfuge.

Pour ce travail, je m’appuie sur les théories du roman et sur les études liées à l’autobiographie (Véronique Montémont). La photolittérature en tant que champ d’études (Danièle Méaux, Jean-Pierre Montier, Véronique Montémont, Servanne Monjour) sert ma recherche pour les deux volets. Une approche sociocritique me permet de penser les évolutions de la ruralité (Pierre Popovic, Régine Robin, Nelly Wolf) tant dans les représentations littéraires que dans un contexte historique et socio-économique, et pour étudier la place du transclasse au sein du littéraire. J’étudie les théories de Pierre Bourdieu (La distinction), Chantal Jaquet (Les transclasses ou la non-reproduction) et Didier Eribon en relation avec certains des textes du corpus. Souhaitant souligner l’émergence d’une littérature contemporaine qui traite des campagnes et qui met en scène des transclasses, j’interroge la possibilité d’une poétique commune entre ces œuvres.

Le volet création, qui s’intitule Autoroute 31, est un travail tant documentaire que littéraire, qui sollicite deux pratiques – l’écriture et la photographie – et qui entremêle deux textes : un récit d’autofiction et un texte documentaire. Le premier relate l’expérience d’une jeune fille et de son entourage dans un village du Nord-Est de la France. Le second texte est fait de témoignages au discours direct, d’anecdotes et de récits de ma propre expérience en tant que « jeune du village » qui revient sur les lieux où elle a grandi. Cette œuvre de photolittérature, alternant le récit de fiction, le documentaire et le photoreportage, a pour objectif d’offrir une représentation actuelle du monde rural dans un contexte français. J’accorde une attention particulière au travail de cette hybridité formelle, entre genre romanesque et photo-reportage.

 

Sylvain Perraud

« Anglais de spécialité de la physique dans le contexte de l’enseignement supérieur et de la recherche : caractérisation et perspectives didactiques. »
Sous la direction d’Alex Boulton (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
Résumé à venir…

 

Marie-Hélène Pierre-Bruère

« Étude théorique du concept de psychopathie et réflexion de prise en charge : approche clinique, développementale, biologique, cognitive et évolutionniste. »
Sous la direction de Michel Musiol (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
Résumé à venir…

 

Julie Prevost-Zuddas

« Analyse sociolinguistique des rapports à la littéracie des enfants allophones scolarisés dans le secondaire. »
Sous la direction d’Hervé Adami (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
Notre travail de recherche consiste en une analyse sociolinguistique de la littératie des apprenants allophones scolarisés dans le secondaire français. La littératie, envisagée différemment par les recherches francophone et anglo-saxonne – la première attachant davantage sa réflexion au lien étroit entre écriture et scolarité – a été réduite à l’aptitude à comprendre et à utiliser l’information écrite dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité en vue d’atteindre des buts personnels et d’étendre ses connaissances et ses capacités avant d’être redéfinie. Aujourd’hui, le terme renvoie à un champ conceptuel dense qui peut même être envisagé comme un phénomène social contextualisé (J.-P. CORBEIL, 2011 ; D. BARTON, M. HAMILTON, 2010).
Pour notre part, nous envisageons la littératie « dans un champ de recherches de plus en plus proliférant » (J.-L.CHISS, 2012), c’est-à-dire que nous définissons la littératie comme plurielle, influant les processus de pensée et d’apprentissage selon le positionnement de chaque individu par rapport à la lecture et à l’écriture en fonction de sa conception de l’apprentissage et de la pratique littéraciée qu’il connaît (NLS).

La littératie nous apparaît également comme mêlant l’oralité et l’écrit dans un continuum (J.M. PRIVAT, 2006) en lien avec des compétences linguistiques (in)dépendantes de données sociologiques et du contexte fonctionnel et temporel de son expression (B. LAHIRE, 1995).
Nous pensons enfin que la littératie est construite par la motivation individuelle et sociale des apprentissages mais aussi par des usages variables, une pratique parentale et par des constantes linguistiques. Il y aurait une pratique sociale et contextualisée de la littératie, influencée par l’instruction et certains processus cognitifs – notamment dans la lecture du monde – qui aurait pour conséquence d’orienter la projection de l’individu dans ce dernier (V. PURCEL-GATES, E. JACOBSON, S. DEGENER, 2004) Notre recherche repose sur des données récoltées en milieu scolaire. Dans cet environnement, lieu où l’écrit est par essence développé, l’oral trouve également pleinement sa place. Si l’oral et l’écrit sont travaillés quotidiennement mais séparément selon les Instructions Officielles des programmes scolaire en vigueur, les deux instances langagières peuvent être converties dans des formes hybrides – que les textes littéraires mettent en exergue et constituant ainsi une difficulté supplémentaire pour les élèves allophones. Ces derniers sont aussi démunis face à la diversité des pratiques d’écrits, leurs interactions et par des compétences langagières différentes de celles des natifs et/ou de la diversité fonctionnelle des pratiques de l’oral et de l’écrit. De plus, le contexte linguistique et une pratique littéraciée nouvelle (puisqu’auparavant différente pour certains, inexistante pour d’autres) constituent un obstacle supplémentaire pour les élèves allophones scolarisés en classes ordinaires. Enfin, l’audiovisuel et les nouvelles technologies complexifient l’usage de l’écrit en même temps qu’ils cloisonnent les compétences littéraciques, en particulier dans l’environnement scolaire et dans un contexte social fragilisé.
Notre recherche a pour objectif de situer les activités d’écriture dans un contexte plus large que celui de la simple scolarisation en tenant compte des objectifs sociaux et culturels imposés institutionnellement aux apprenants allophones car nous envisageons un élargissement du champ de réflexion sur les pratiques sociales de l’écrit en sollicitant des dimensions linguistique, sociale, sociolinguistique et économique pour chaque apprenant enquêté.

Page perso : http://julie.prevostzuddas.free.fr/

 

Chloé Provot

« Un accompagnement de l’échange franco-allemand des enseignants du premier degré. »
Sous la direction de Dominique Macaire (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Julia Putsche-Fisher (Université de Strasbourg)

Résumé
Cette thèse en codirection porte sur l’échange franco-allemand des enseignants du premier degré qui partent en France ou en Allemagne pendant une voire plusieurs années enseigner l’allemand ou le français. L’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ) est l’organisme binational qui coordonne ce programme (Traité sur la coopération franco-allemande, 1986). L’objectif de ma recherche est d’accompagner ce dispositif original autour des interrogations suivantes : quelles sont les variables internes et externes au dispositif et quelles sont leurs influences sur celui-ci ? Ces variables seront discutées au travers de la question : de quelle manière les enseignants vivent-ils l’échange d’un point de vue personnel, citoyen et professionnel, notamment aux plans linguistique et interculturel ? Ces questions permettent d’aborder des notions contemporaines comme la mobilité et l’échange binational, les représentations des enseignants et leur développement professionnel.

Cette recherche vise à enrichir les travaux déjà menés sur ce dispositif d’échange (Dupas, 1998 et Perrefort, 2013). La méthodologie de recherche utilisée est qualitative et comporte plusieurs types de recueil de données : un questionnaire envoyé à l’ensemble des participants en amont et en aval, des entretiens menés avec une dizaine d’enseignants (répartis des côtés français et allemand), des interviews avec des représentants de l’OFAJ et de l’institution scolaire des deux pays, des observations de classes in situ et de stages organisés par l’OFAJ. Les données seront collectées pendant l’année universitaire 2020-2021 et complétées par des rapports d’enseignants ayant participé à l’échange depuis de nombreuses années.

 

Claire Schlienger

« Le syntagme prépositionnel marquant l’inclusion : analyse diachronique de en, dans, dedans, à. »
Sous la direction de Sylvie Bazin (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
Résumé à venir…

 

Marine Schmitt

« Évaluation de contextes pour l’apprentissage des langues étrangères. »
Sous la direction de Mathieu Constant (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Christophe Coeur (société JAPACCEL)

Résumé
À venir

 

Olivier Spenler

« La variation linguistique en Lorraine au Moyen Âge. »
Sous la direction de Yan Greub (ATILF | CNRS – Université de Lorraine)

Résumé
Cette thèse se propose d’établir les éléments d’une description linguistique du français médiéval (grammaire historique et lexique), sur la base d’une étude de la variation linguistique et graphique à l’échelle régionale de l’espace linguistique lorrain.

Des études préexistantes ayant porté sur des documents administratifs issus de la Lorraine médiévale ont montré qu’une telle approche permettrait de rendre compte de la motivation de la régularité d’une grande quantité de faits jusqu’à présent assignés à une variation libre. Ces travaux, développés dans une perspective scriptologique, ont permis de dégager des formes spécifiques employées en Lorraine : des normes, ou des régularités graphiques et morphologiques auraient été développées, créant une tradition propre à chaque lieu d’écriture et influençant la formation des scribes.

Par ailleurs les formes spécifiques sont encore peu connues car la recherche menée dans le domaine de l’ancien français s’est surtout concentrée sur les textes pouvant être mis en rapport avec le futur français moderne. Les formes les plus marquées dialectalement sont donc sous-représentées dans notre connaissance de l’ancienne langue, c’est pourquoi nos travaux se focalisent sur des versions des textes littéraires peu étudiés, parce celles-ci s’éloignaient d’une certaine normalité, ce qui les a laissées à la marge de l’enseignement de l’ancien français. Nous pouvons donc espérer que cette thèse soit également une opportunité de valoriser des textes lorrains et puisse leur accorder un rayonnement national.

Nos travaux s’inscrivent dans la perspective de la méthodologie développée par la scriptologie. Ils visent à appliquer cette approche à l’étude de textes littéraires afin d’évaluer les variantes régulières identifiées, puis les mettre en rapport avec l’hypothèse d’une pénétration dialectale ou avec l’émergence de normes locales, régionales ou suprarégionales. A travers une classification par genre littéraire et selon le public visé, notre recherche s’applique également à dégager des faits relevant de la variation dans l’espace social (variation diastratique), niveau encore peu exploré par les grammaires historiques qui se sont surtout concentrées jusqu’alors sur la dimension géographique de la variation (variation diatopique).

Enfin, ce travail s’accompagne également de la rédaction d’articles dans le Französisches Etymologisches Wörterbuch (FEW), le grand dictionnaire étymologique du français et des parlers gallo-romans.

 

Jonathan Szajman

« Les parcours de formation linguistique pour adultes allophones en Région de Bruxelles-Capitale : tensions entre idéologies linguistiques et connaissances scientifiques. Analyse des rapports entre discours institutionnels et programmes de formation. »
Sous la direction d’Hervé Adami (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
Résumé à venir…

 

Raquel Trujillo Asensio

« La retirada : analyse linguistique des discours français et espagnol [1939-2019] d’un exil républicain. »
Sous la direction d’Anne-Marie Chabrolle-Cerretini (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Narcis Iglesias Franch (Universitat de Girona)

Résumé
Ce projet part de la volonté et de l’intérêt de réunir et d’associer dans le cadre de ma thèse doctorale la dimension linguistique par l’analyse du discours (français et espagnol) et la dimension historique par le choix d’un contexte contemporain parmi les plus importants de la première moitié du XXème siècle concernant la France et l’Espagne, celle de la fuite des républicains espagnols, fin janvier 1939 jusqu’à la fin de la guerre civile que l’on appelle : La Retirada.

En 2019, quatre-vingt ans se sont écoulés depuis cet exil des républicains espagnols qui marque la défaite des républicains contre les franquistes. Si l’Espagne a connu plusieurs mouvements d’exils durant cette guerre civile, celui-ci se distingue par son ampleur puisque sur quelques jours ce sont environ 400 000 personnes qui franchirent à pied la frontière du côté des Pyrénées Orientales. Devant un tel afflux, les autorités françaises ont regroupé sur les plages proches de la frontière les réfugiés et les ont sommés de se construire à même le sable des abris de fortune hors de toute condition minimale d’hygiène. C’est cet épisode de l’histoire commune franco-espagnole qui constitue le contexte de notre thèse. La Retirada est un événement dont le récit s’est construit et reconstruit depuis 1939 de part et d’autre des Pyrénées. Cet exil particulier ne cesse de prendre une forme historique, interpellant directement la gestion de la mémoire des états (pacte du silence et loi d’amnistie en Espagne en 1977 par exemple), des institutions culturelles, des individus, des silences de deux générations. Nous voulons contribuer à l’écriture de ce récit en analysant les discours provenant des deux pays de la fin janvier 1939 à décembre 2019. Ainsi les témoignages des exilés, de la population française, les textes administratifs et des autorités française et espagnole et la presse de deux pays mais aussi les discours des musées seront étudiés pour nourrir à partir d’un certain nombre de notion clés le récit de cet exil depuis les faits jusqu’à ce quatre-vingtième anniversaire et saisir toute l’évolution de sa perception.

 

Jorge Valdenebro Sánchez

« De la prise en compte des réalités culturelles dans la traduction juridique. Élaboration d’un dictionnaire analytique des concepts en Droit pénal français à l’usage des hispanophones péninsulaires. »
Sous la direction d’Anne-Marie Chabrolle-Cerretini (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Tanagua Barceló (Université de Malaga)

Résumé
Cette thèse doctorale traite de l’importance des éléments culturels dans la traduction juridique (en particulier, dans la traduction judiciaire). En traduction, il faut savoir qu’il y a beaucoup de facteurs dont on doit tenir en compte. Le facteur culturel est l’un d’entre eux. En effet la traduction n’est pas simplement une activité linguistique, elle est aussi, interculturelle. De plus, en traduction juridique et judiciaire, l’élément culturel est d’autant plus important que chaque pays organise sa réalité légale d’une façon différente. Il faut savoir que dans ce genre de traduction on ne traduit pas la réalité culturelle d’un pays vers la réalité culturelle de la langue cible, mais on exprime dans la langue cible la réalité culturelle de la langue source, ce qui est très différent et qui va compliquer l’activité du traducteur. À cette difficulté, on doit ajouter le manque de dictionnaires bilingue à caractère analytique. Même s’il a beaucoup de ressources utiles pour la traduction juridique et judiciaire, l’existence d’un dictionnaire avec non seulement une traduction pour chaque terme ou expression, mais aussi l’explication du concept source en fonction du contexte où il est susceptible d’apparaître, ainsi que ses traductions, la technique de traduction employée pour tous les cas, les problèmes de traduction qu’on peut trouver et l’explication des différences culturelles qu’il manifeste entre le terme original et sa traduction n’existe pas. C’est pour cette raison que dans cette thèse nous nous focalisons sur l’importance des différences réalités en traduction juridique et nous prétendons créer un dictionnaire analytique des concepts en Droit pénal français à l’usage des hispanophones péninsulaires (avec ce terme nous faisons référence à l’espagnol d’Espagne, non pas à l’espagnol de l’Amérique Latine) avec tous les éléments avant mentionnés afin de créer une ressource qui puisse aider le traducteur et faire de son travail une activité plus facile.

 

Charlène Weyh

« L’évolution du système verbal français entre régulation et normes (1300 – 1700) le cas du présent. »
Sous la direction de Sylvie Bazin (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Bérengère Bouard (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
L’analogie est un mécanisme d’alignement d’une forme sur une autre, ou d’un ensemble de formes sur un autre ensemble. Elle se fonde sur un rapport de proportionnalité et elle est sous-tendue par la proximité des formes. Cela peut se traduire par l’apparition de formes concurrentes et par le remplacement à plus ou moins longue échéance des premières par les secondes. Dans le cas des présents à alternance, l’analogie a pu jouer à l’intérieur du paradigme ou d’un ensemble de paradigmes du même verbe avec l’extension d’une des bases au détriment de l’autre (par exemple, extension de la base aim- à tous les tiroirs et en P4 / P5 de l’indicatif présent du verbe aimer, AF amer). Mais il y a eu aussi dès l’origine des alignements sur d’autres verbes favorisés par deux types de paramètres : le déséquilibre des fréquences et le degré de similitude (par exemple, assoi-/assie- comme base de P1, P2, P3 et P6 du verbe asseoir).
À l’époque des Remarqueurs, il subsiste de nombreuses hésitations sur les formes verbales, car les mécanismes analogiques ont créé de nouvelles formes qui n’ont pas forcément remplacé les formes historiques. Les règles du bon usage vont progressivement éliminer ces hésitations et « bloquer » les mécanismes analogiques qui auraient pu continuer de se déployer dans certains cas, dans une logique de « réduction » de la langue commune et des variantes, d’où la distinction entre des formes ‘normées’ et des formes jugées ‘déviantes’, pourtant produites parfois par des mécanismes analogiques du même type, ainsi croyons / croient et *croyent vs pouvons / peuvent.
Il s’agira donc de réfléchir aux multiples paramètres qui ont pu jouer dans les transformations et les normalisations des paradigmes verbaux au présent de l’indicatif. Le cadre sera celui d’une étude linguistique associant description du système verbal du français et histoire des représentations du français, et ce dans une diachronie longue, dans la mesure où certains alignements et réfections sont très anciens, d’autres sont le fait de la période du Moyen Français compris au sens large (14e – 1630) et d’autres enfin ont tardé à trouver une résolution.