Thèses en cours

Thèses en cours

Johann Araya-Mendez

« Contributions de Joan Coromines et Jakob Jud à la linguistique et philologie des langues romanes. Analyse d’une correspondance inédite. »
Sous la direction d’Anne-Marie Chabrolle (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Francesca Feliù (Universitat de Girona)

Résumé
Le Fonds Père Coromines (Espagne) met à la disposition de ce travail de recherche la correspondance inédite échangée entre deux des grands romanistes du début du XXe : le linguiste suisse Jakob Jud (1882-1952) connu principalement pour son Atlante linguistico ed Etnografico dell’Italia et della Svizzera meridionale (AIS), œuvre phare pour les études dialectologiques et pour l’histoire des langues romanes, et le linguiste catalan Joan Coromines (1905-1997), rédacteur du Diccionario crítico etimológico castellano e hispánico (DCELH), et du Diccionari etimològic i complementari de la llengua catalana (DECAT), ouvrages ayant marqué de manière importante l’étymologie et la lexicographie gallo-romaine et hispano-romane.

Jusqu’à présent, aucun travail n’a été mené ni sur la correspondance échangée entre ces deux linguistes (entre 1928-1952), ni sur la particularité de la relation, humaine et intellectuelle, unissant leurs vies et leurs carrières scientifiques. De ce fait, l’objectif de notre travail de thèse est double. D’un part nous nous intéressons au dépouillement de la matérialité de ces échanges en vue d’une édition informatisée et critique de leur contenu. Cette analyse inclut la description de la spécificité de notre corpus, la transcription des documents qui le composent à partir de principes d’édition que nous avons établis, et enfin l’ajout d’annotations critiques permettant une meilleure compréhension du contexte des échanges.

D’autre part, nous abordons la valeur scientifique de cette correspondance à partir de deux perspectives interdépendantes. La première, épistémologique, visant à étudier l’origine, la construction et le développement des idées et de connaissances scientifiques de Jud et Coromines. La deuxième, historiographique, envisageant l’analyse du contexte politique, socioculturel et intellectuel dans lequel se produisent leurs idées linguistiques, la formation des cercles d’influences autour d’eux et d’autres savants, et enfin la manière dont s’organise et se construit la critique dans ces réseaux et milieux intellectuels.

Pour le traitement de ces aspects, nous utilisons une approche systématique qui permettra finalement de mettre en lumière l’apport de Jud et Coromines au développement de diverses domaines de la linguistique et la philologie vers lesquels ils ont orienté leurs recherches ainsi que le rôle qu’ils ont joué dans la transmission des idées et des connaissances dans ces deux disciplines au début du XXe. Ainsi, notre travail de recherche envisage de reconsidérer le récit de l’histoire de la linguistique suisse, française, espagnole et des langues romanes. Quant au travail d’édition de notre corpus, il viendra compléter la série de correspondances échangées entre Coromines et d’autres linguistes et intellectuels tels que Pompeu Fabra, Ramon Menéndez Pidal, Carles Riba et Pere Coromines.

 

Jonathan Auclair

« Étude lexicologique des termes musicaux français et de leur apparition, tant dans les écrits pratiques que théoriques de la Renaissance. »
Sous la direction de Yan Greub (ATILF / CNRS – Université de Lorraine) et Cristina Diego Pacheco (Université de Lorraine)

Résumé
Cette thèse a pour objet de constituer une étude lexicologique des termes musicaux en français présents dans les traités savants ou dans les ouvrages de vulgarisation de la Renaissance, aux XVe et XVIe siècles. Le choix d’un corpus appartenant à la Renaissance s’est imposé de lui-même, puisque c’est à cette période que les premiers ouvrages en français, traitant spécifiquement de musique, apparaissent. Ainsi, le premier objectif de cette thèse est d’étudier l’apparition d’un lexique cohérent et spécifique, au sein de ce corpus. L’origine de ces termes, ainsi que leur évolution ou leurs variantes, sont appréhendées par la comparaison critique des sources manuscrites ou imprimées pour chaque auteur, chaque ouvrage ou chaque terme. Le deuxième objectif se focalise sur la formation d’une partie de ce lexique, à partir de termes antérieurs à ceux de la Renaissance. Chaque unité lexicale, présente dans le corpus de la Renaissance, est étudiée dans toute son histoire. La genèse des termes en français est examinée, dans ce sens, par les décalques sémantiques des termes latins, grecs, hébreux ou arabes utilisés au Moyen Âge. Le troisième objectif concerne l’étude, sous un angle de type sociolinguistique, des termes musicaux en français. Un quatrième et dernier objectif porte sur les particularités géographiques ou locales des lexèmes musicaux étudiés, en rapport, notamment, avec la destination et la réception des textes, ainsi qu’avec les variantes culturelles et linguistiques qui peuvent en découler. La diffusion de textes, en fonction du succès qu’ils ont pu obtenir, est attestée par les témoins dont nous disposons et permet d’estimer dans quelle aire géographique ils ont pu être diffusés ou empruntés.

 

Vincent-Thomas Barrouillet

« Vers une formalisation automatisée des déviations à la logicité dialogique du discours pathologique du sujet schizophrène. »
Sous la direction de Michel Musiol (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et de Maxime Amblard (Loria)

Résumé
Dans le cadre de l’action exploratoire, mes travaux doctoraux consistent à formaliser le discours pathologique du sujet schizophrène pour repérer, in fine automatiquement, les infractions à la logique du discours non pathologique. De telle rupture, en l’état de la recherche, pourraient être des signes prodromiques de la maladie. Mon travail devrait donner de nouveaux arguments en ce sens. Formaliser ces discontinuités pour permettre leur reconnaissance automatique ouvrirait des pistes de réflexion sur de nouveaux critères diagnostiques. Ainsi, outre l’aspect de linguistique computationnelle, ma thèse relève aussi de la psycholinguistique, et devra montrer s’il est effectivement possible de remonter la piste depuis la discursivité pathologique vers la cognition propre au patient schizophrène.

 

Antoine Brahy

« Immigration hispanoaméricaine et panhispanisme : étude sociolinguistique des rapports entre la vague migratoire de 1990-2008 en Espagne, une dynamique politico-culturelle et ses transpositions en droit. »
Sous la direction de Anne-Marie Chabrolle-Cerrtini (ATILF / Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
À venir.

 

Samuel Buchel

« Modélisation linguistique, sémantique et cognitive des incongruités et discontinuités dialogiques dans l’interaction avec le patient schizophrène. (Étape préalable à l’élaboration d’un outil informatisé à visée prodromique et diagnostique). »
Sous la direction de Michel Musiol (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et de Maxime Amblard (Loria)

Résumé
Selon l’OMS, les psychoses chroniques et plus particulièrement la schizophrénie comptent parmi les 10 premières causes de handicap. Elle touche plus de 600 000 personnes en France, soit 20 % des hospitalisations psychiatriques. Les troubles schizophréniques surviennent généralement entre 15 et 35 ans.

 

Ikhlas Chaabane

« Annie Ernaux : le malaise existentiel et la rupture avec le genre romanesque. »
Sous la direction de Véronique Montémont (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
Au cours d’un séminaire sur les autobiographies animé par Michel Dousset, en Tunisie, j’ai découvert les œuvres d’Annie Ernaux, simples et denses à la fois. Stylistiquement parlant, dans ses œuvres, l’écrivaine n’utilise pas de constructions syntaxiques complexes, mais plutôt des phrases simples et des verbes à l’infinitif, refusant de jouer sur la séduction que peut conférer la recherche d’un style littéraire. Cette démarche va de pair avec le renoncement complet à la fiction au profit de la réalité, puisque que l’écrivaine s’inspire exclusivement de sa vie personnelle. Dans la mesure où la fiction est le fondement de tout livre romanesque, et après avoir publié trois ouvrages pouvant s’apparenter à de la fiction – même si les expériences qu’ils relatent sont autobiographiques – Annie Ernaux choisit tôt d’abandonner le roman pour choisir une écriture originale, dont l’objectif avoué est d’atteindre une forme de vérité, en restant au plus proche de la dimension factuelle de sa propre vie.

Les écrits des débuts d’Annie Ernaux ne semblent marqués, en apparence, ni par le social ni par le politique. Elle y transpose, dans ses oeuvres, ses expériences d’enfant, d’adolescente et de jeune femme. Elle commence ainsi sa carrière d’écrivain avec un roman autobiographique, Les Armoires vides (1974), où elle raconte l’avortement clandestin de l’héroïne Denise Lesur ; le livre est publié un an avant que l’avortement ne soit légalisé en France. Cet avortement clandestin que Denise Lesur subit n’est pas une invention ou une reconstitution romanesque : la narratrice, même si elle l’évoque dans un roman à la première personne, l’a vécu, dans la même chambre que sa protagoniste, en 1964. Cette première publication, quoique publiée sous forme de roman et bien qu’Annie Ernaux y brouille son identité sous un masque romanesque (il n’existe pas ici la correspondance auteur-narrateur-personnage définitoire de l’autobiographie ; voir Lejeune, 1975), est une représentation fidèle de sa propre expérience quand elle était étudiante. En 2000, en revanche, elle assume l’authenticité de cette expérience en relatant, pour la seconde fois, cet avortement à la première personne : mais cette fois, L’Événement est clairement présenté comme un récit autobiographique.

Avec son ouvrage La Place, publié en 1983 par Gallimard, Annie Ernaux a obtenu le prix Renaudot en 1984. Ce récit retrace la relation de la narratrice avec son père avec son père et explique en partie la rupture vécue avec son milieu d’origine. Par la suite, deux ans plus tard, quand sa mère, qui est atteinte de la maladie d’Alzheimer, meurt Annie Ernaux écrit Une Femme (1986) pour évoquer cette autre figure parentale. La mort de son père représente une étape essentielle qui a bouleversé l’écriture d’Annie Ernaux. Elle trouve dans matériau autobiographique un mode de découverte du réel et de compréhension du monde, ainsi qu’une manière de déchiffrer les cadres socio- politiques dans lesquels s’inscrit son expérience de femme et de transfuge sociale. Depuis La Place, l’écrivaine a en conséquence modifié sa posture d’écriture en abandonnant la forme romanesque qu’elle avait adoptée dans ses trois premiers romans. Désormais, elle essaye d’intégrer sa réalité vécue dans ses livres en rejetant toute sorte de fiction et d’imagination.

Avec une écriture sèche et « plate1 », elle poursuit son investigation familiale et revient sur les événements marquants de sa vie : après l’avortement dans L’Événement (2000), elle raconte une histoire d’amour passionnelle dans Passion simple (1991), le cancer du sein par lequel elle est touchée dans L’Usage de la photo (2005), la mort de sa sœur aînée dans L’Autre Fille (2011), découverte de la sexualité dans Mémoire de fille (2016)…

Comme le soulignent désormais la plupart de ses commentateurs, l’écriture d’Annie Ernaux se trouve à la frontière de la littérature, de la sociologie et de l’histoire (Charpentier : 2006 ; Fort & Houdart-Mérot, 2015). L’écriture sociologique, ou plus exactement « autosociobiographique » (Montémont, 2017) permet à l’écrivaine de choisir une nouvelle forme d’écriture hors de celle romanesque. C’est l’influence sociologique et les livres de Bourdieu qui poussent l’auteure à abandonner le roman et adopter une écriture qui se veut nourrie de réel et au plus proche de lui (Ernaux : 2005) : elle se traduit par une volonté permanente de se confronter aux faits vécus, quand bien même ils auraient été douloureux, honteux, pénibles ou déstabilisants. À travers cette relation forte à l’expérience, il s’agit d’interroger l’ordre du monde et la place du sujet dans celui-ci. Pour ce faire, Annie Ernaux, au-delà du « je » singulier, utilise souvent un « je » qu’elle définit comme comme « transpersonnel » (Ernaux : 1994) voire un « nous » (Montémont, 2011) ; celui-ci reflète non seulement l’expérience individuelle, mais aussi collective. C’est ainsi qu’Annie Ernaux traite des thèmes importants, qui permettent de comprendre la France d après- guerre : à travers sa propre expérience, elle écrit sur les inégalités des classes, le non- dit familial, sexuel, scolaire…

De plus, Annie Ernaux adopte résolument un point de vue genré : à travers ce « je » collectif, elle dénonce également la domination masculine. De ce fait, son engagement politique et féministe peut-être mis en rapport avec le refus d’une écriture prédéfinie, qui met en question la société patriarcale et appelle au changement des mentalités. Cette dimension apparaît clairement dans l’état de l’art, qui montre combien les œuvres autobiographiques de l’auteur sont désormais analysées à plus d’un niveau : formel (Kahn, Macé et Tenant, 2015), psychanalytique (Altounian, 2019), sociologique, stylistique (voir le colloque d’Amiens, en 2016, « Annie Ernaux, les écritures à l’œuvre »), etc.

Nous soumettrons à l’étude des textes qui mobilisent les divers enjeux soulevés. De l’œuvre imposante d’Ernaux, cinq ouvrages vont donc retenir notre attention : Les Armoires vides, La Place et Une Femme, Passion simple, et L’Événement qui retracent successivement son malaise existentiel et son tiraillement entre son monde familial originel et le milieu bourgeois auquel elle a accédé par ses études, ses relations avec son père, sa mère, celles entretenues avec ses amants jusqu’à la rupture de leur liaison et le mal à définir son identité, enfin le vécu de son avortement clandestin en 1963, le tout dans un contexte social, politique, culturel et religieux largement décrit.

L’objectif primordial de notre travail de recherche est d’étudier la rupture avec le genre romanesque chez Annie Ernaux et le passage vers l’auto-sociobiographie, néologisme qu’elle a forgé pour définir ses divers champs d’écriture, en référence à divers travaux de sociologues, dont Pierre Bourdieu, sur les inégalités sociales. Le genre des premières œuvres d’Ernaux, formellement parlant, pourrait être à la fois qualifié d’autobiographique et d’autofictif selon les terminologies respectives de Philippe Lejeune (Lejeune : 1975) et de Philippe Gasparini (Gasparini : 2008). Pour mieux analyser où passe la ligne de démarcation, nous avons le projet de nous appuyer sur la base de données Frantext, dans laquelle l’essentiel des œuvres d’Annie Ernaux a été numérisé. Nous envisageons en particulier des comparaisons sur les marqueurs spécifiques de l’autobiographie que sont les pronoms personnels, le nom de l’auteur, et certaines entités nommées (toponymes et anthroponymes référentiels) ; mais aussi une comparaison des lexiques. Le vocabulaire utilisé par l’auteur, dans l’évolution de son œuvre, traduit-il une plus forte présence des champs politiques et sociaux, et de la question du gender ?

Il s’agit d’interroger à travers l’analyse des variations des écritures d’Ernaux, qui se renouvellent d’un livre à l’autre, les possibilités qu’offre de son œuvre d’être à la fois le lieu d’une fiction et celui d’un travail documentaire dont les éléments sont hautement liés à l’autobiographie qui lui sert de point de départ. Enfin, il s’agit également de voir ce que l’écriture d’Annie Ernaux a de spécifique, si on la compare à des auteurs canoniques du genre autobiographique de la seconde moitié du XXe siècle (Sartre, Beauvoir, Sarraute). Nous aimerions en particulier démontrer comment son écriture agit sur les représentations sociales et notamment sur le remaniement ou la mise en question des stéréotypes féminins.

1 C’est ainsi qu’Ernaux définit elle-même son écriture dans La Place, p. 24.

Bibliographie provisoire

I- Œuvres d’Annie Ernaux

1- Œuvres étudiées
ERNAUX Annie, Les Armoires vides [1974], Paris, Gallimard, coll. Folio, 1984. ERNAUX Annie, La Place [1983], Paris, Gallimard, coll. Folio, 1986.
ERNAUX Annie, Une Femme, Paris, Gallimard, 1987.

2-Autres œuvres d’Annie Ernaux
ERNAUX Annie, Écrire la vie, Paris, Gallimard, 2011
ERNAUX, Annie, Journal du dehors, Paris, Gallimard, 1993.
ERNAUX Annie, La Femme gelée [1981], Paris, Gallimard, coll. Folio, 1987.
ERNAUX Annie, La Honte [1996], Paris, Gallimard, coll. Folio, 1999.
ERNAUX Annie, L’Atelier noir, Paris, Éditions des Busclats, 2011.
ERNAUX Annie, Les Années, Paris, Gallimard, 2008.
ERNAUX Annie, L’Evènement, Paris, Gallimard, 2000.
ERNAUX Annie, MARIE Marc, l’usage de la photo, Paris, Gallimard, 2005.
ERNAUX Annie, Mémoire de fille, Paris, Gallimard, 2016.
ERNAUX Annie, Passion simple [1991], Paris, Gallimard, coll. Folio, 1993.
ERNAUX Annie, Vers un je transpersonnel, R.I.T.M., n° 6, 1994.

3-Entretiens
ERNAUX, Annie, « À 18 ans, j’avais une confiance intrépide dans l’avenir », entretien réalisé par Sophie Joubert, Avril, 2016. URL : https://www.humanite.fr/annie-ernaux-18-ans-javais-une-confiance-intrepide-dans-lavenir-604102.
ERNAUX, Annie, « Annie Ernaux une œuvre de l’entre-deux », entretien avec Marie- Madeleine Million-Lajoinie », Artois Presses Université, 2004.
ERNAUX, Annie, « Annie Ernaux : “Je voulais venger ma race” », entretien avec Grégoire Leménager, 2011.
ERNAUX, Annie, « Annie Ernaux. Les Années », 2009. URL : Le Télégramme https://www.letelegramme.com/ig/dossiers/prix-des-lecteurs/annie-ernaux-les-annees-03-05-2009-275493.php.
ERNAUX, Annie, « Écrire, écrire, pourquoi ? »: entretien avec Raphaëlle Rérolle, Editions de la Bibliothèque publique d’information/Centre Pompidou, 2010. URL : https://books.openedition.org/bibpompidou/1092?lang=fr.
ERNAUX, Annie, entretien avec Catherine Argand accordé au magazine Lire, avril 2000. URL : https://www.lexpress.fr/culture/livre/annie-ernaux_805924.html.
ERNAUX, Annie, à Télérama Dialogue : « Écrire, c’est essayer de sauver le temps passé », Octobre 2016, URL: https://www.telerama.fr/livre/annie-ernaux-a-telerama-dialogue-ecrire-c-est-essayer-de-sauver-le-temps-passe,148248.php.
ERNAUX, Annie, « Entretien avec Annie Ernaux », The French Review, octobre 1995 in Claire-Lise Tondeur, Annie Ernaux ou L’Exil intérieur, Amsterdam, Rodopi, 1996.
ERNAUX, Annie, « L’Écriture comme un couteau », Entretien avec Frédéric-Yves Jeannet, Paris, Stock, 2003.
ERNAUX, Annie, « Le vrai lieu » : entretiens avec Michelle Porte, Paris, Gallimard, 2014.
ERNAUX, Annie, « Vie de la discipline », entretien avec Kemoun, Nicolas, 1995.
LAACHER, Smaïn, « Annie Ernaux ou l’inaccessible quiétude », entretien avec Annie Ernaux précédé d’une présentation de Smaïn Laacher , Politix, 1991. URL : https://www.persee.fr

II- Articles sur Annie Ernaux

BEST Francine, BLANCKEMAN Bruno, Centre culturel international (Cerisy-la- Salle, Manche). Colloque. 2012-07-06 / 2012-07-13, DUGAST-PORTES, Francine & ERNAUX Annie, Annie Ernaux, le temps et la mémoire, Paris, Stock, 2014.
BOUCHY, Florence, La Place, La Honte d’Annie Ernaux, Paris, Hatier, 2005.
ERNAUX, Annie, Portraits croisés Claire Simon-Annie Ernaux in Cinémas Croisés no 2, printemps-été 2002, in http://www.grec-info.com.
FORT Pierre-Louis & HOUDART-MEROT Violaine, Annie Ernaux : un engagement d’écriture, Paris, Presses Sorbonne nouvelle, 2015.
DUGAST-PORTES, Francine, Annie Ernaux : étude de l’œuvre, Paris, Bordas, 2008. Luquain, Amélie, « hyper-culture: le témoignage d’Annie Ernaux », Ecole Nationale d’Architecture de Versailles, 2015.
ZENETTI Marie-Jeanne, Factographies, Paris, Classiques Garnier, 2014.

III- Articles et essais généraux sur notre sujet

ALTOUNIAN (Janine), « Écrire pour les mères qui n’ont pas pu aller à l’école » in « Écriture de soi, écriture de groupe », Revue de Psychothérapie Psychanalytique de Groupe, n°12, Érès 2019, sous la direction de Alberto Eiguer, Bernard Chouvier.
BARTHES, Roland, Le degré zéro de l’écriture, Paris, Éditions du Seuil, 1953.
BAUDORRE Philippe, RABATÉ Dominique, Société d’études de la littérature française du XXe siècle & VIART Dominique, Littérature et sociologie, Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, 2007.
BOUCHY, Florence, La Place (1984), La Honte (1997), Annie Ernaux, Paris, Hatier, 2005.
CHARPENTIER, Isabelle, « “Quelque part entre la littérature, la sociologie et l’histoire…” », COnTEXTES [Online], 1 | 2006, Online since 15 September 2006, connection on 06 January 2018. URL: https://journals.openedition.org/contextes/74.
COHN, Dorrit Claire & HARY-SCHAEFFER, Claude, Le propre de la fiction, Paris, Éditions du Seuil, 2001.
COLONNA, Vincent, Autofiction & autres mythomanies littéraires, Auch. Tristram, 2004.
Écrivaine, Méryl Pinque, « Annie Ernaux : entre assomption et expiation », Synergies Pologne n° 7, 2010.
JARRY, J. (2000). Annie Ernaux : Une femme au cœur de l’écriture. Nuit blanche, magazine littéraire, (80), 14–17.
GRELL, Isabelle, JEANNELLE, Jean-Louis et VIOLLET, Catherine, Genèse et autofiction, Louvain-la-Neuve. Bruylant-Academia, 2007.
LAVAULT, Maya, Le « Nouveau Roman » d’Annie Ernaux : un récit impossible ?, Fabula-LhT, n° 13, « La bibliothèque des textes fantômes », novembre 2014, URL : https://www.fabula.org/lht/13/lavault.html, page consultée le 04 décembre 2017. LEJEUNE, Philippe, Le pacte autobiographique, Paris, Éditions du Seuil, 1975. Meizoz, Jérôme, Éthique du récit testimonial, Annie Ernaux, Nouvelle revue d’esthétique, 2010.
SAVEAN, Marie-France, La Place et Une Femme d’Annie Ernaux, Paris, Gallimard, 1994.

 

Agathe Chassard

« Dynamiques de construction de l’identité professionnelle des enseignants de français du cycle 4: entre doxas et incertitudes. »
Sous la direction de Dominique Macaire (ATILF / Université de Lorraine – CNRS) et Séverine Behra (ATILF / Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
À venir.

 

Nikolay Chepurnykh

« Processing the Access to Lexical Information Through a Dual Approach Based on the Exploration of Large Lexical Networks and Information Extraction from Corpora. »
Sous la direction de Alain Polguère (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Léo Wanner (ICREA & Université Pompeu Fabra, Barcelone)

Résumé
Le projet de thèse élaborera des algorithmes de parcours et analyse des grands réseaux lexicaux développés à l’ATILF et exploitera les méthodes statistiques existantes d’extraction des données lexicales de corpus afin d’implémenter un système d’aide à la recherche de l’information lexicale dans le contexte de la verbalisation de la pensée. À travers la production du système en question, la recherche permettra de mieux évaluer la part respective que peuvent assumer les modèles des connaissances lexicales et les ressources textuelles dans la modélisation des processus langagiers.

 

Hee-Soo Choi

« Lier des ressources lexicales du français en vue d’une interopérabilité entre niveaux linguistiques. »
Sous la direction de Mathieu Constant (ATILF / Université de Lorraine – CNRS) et Karën Fort (Loria)

Résumé
À venir.

 

Clara Cousinard

« L’apprentissage sur corpus : un concordancier au service de l’enseignement et de l’apprentissage de la syntaxe du français parlé en interaction. »
Sous la direction de Virginie André (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
La thèse propose de répondre aux questions de recherche liées à l’exploitation des corpus oraux et multimodaux à des fins d’enseignement et d’apprentissage du français langue étrangère (FLE), et plus précisément du français parlé en interaction. En établissant des liens entre la linguistique de corpus et la didactique des langues depuis plusieurs dizaines d’années, l’enseignement et l’apprentissage de l’anglais écrit dans les pays anglophones exploitent des corpus avec des outils de la linguistique afin de proposer une démarche didactique efficace, le data-driven learning ou l’apprentissage sur corpus (ASC) en français. Aucune recherche similaire ne s’effectue pour l’enseignement et l’apprentissage de l’oral en FLE alors que la démarche est tout à fait transposable de l’écrit vers l’oral. Si l’utilisation des corpus en didactique semble être reconnue comme une voie à suivre, de nombreuses questions demeurent quant aux processus d’acquisition mis en oeuvre, à l’attractivité des outils, à la manipulation des corpus et surtout aux effets à long terme sur l’appropriation de la langue. Le dispositif FLEURON expérimenté depuis quelques années seulement permet de mettre en oeuvre l’ASC et de répondre à ces questions dans la mesure où il propose un corpus multimodal outillé d’un concordancier. La didactique du FLE réserve une place particulière à la grammaire.
Souvent abordée de façon traditionnelle, c’est-à-dire en proposant des règles et des exercices d’entrainement, elle est généralement perçue comme inintéressante voire inefficace de la part des apprenants. L’ASC propose une démarche innovante pour aborder la grammaire de l’oral qui mérite d’être interrogée, expérimentée de façon ponctuelle et longitudinale, et définie avec précision. C’est ce travail de recherche que la thèse va accomplir.

 

Éléonore De Beaumont

« Enseigner le langage inclusif à un public allophone : attitudes et représentations linguistiques des enseignant·es de FLE et des apprenant·es turcophones. »
Sous la direction de Sophie Bailly (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Yannick Chevalier (Université Lumière Lyon 2)

Résumé
Notre recherche visera à établir quelles sont les attitudes et les représentations du français inclusif chez les enseignant·es de FLE, dans quelle mesure les préconisations des instances internationales au sujet du français inclusif sont mises en oeuvre par des moyens didactiques et pédagogiques et quelles en sont les conséquences sur le plan de la représentation sociolinguistique du français pour les allophones. À travers une approche comparative contrastive, nous appuierons notre étude sur les apprenant·es turcophones, dont la langue première ne comporte pas de genre. La question essentielle que soulève notre recherche est celle de la norme à enseigner, dès lors que, in vivo, les micro-normes sont en concurrence dans les pratiques des francophones. Notre recherche nous amènera alors à nous interroger sur la façon dont les enseignant·es abordent la question de la diversité linguistique, des connotations portées par tel ou tel choix lexical ou grammatical, dans leurs pratiques de classe, et à nous demander si les modalités du français inclusif peuvent s’inscrire dans le même type de problématiques.

 

Barbara Francioni

« Systèmes linguistiques en contact dans le chansonnier provençal D. Étude stratigraphique et philologique des éléments en langue d’oc et en langue d’oïl. »
Sous la direction de Yann Greub (ATILF | CNRS – Université de Lorraine) et Fabrizio Cigni (Université de Sienne)

Résumé
L’objectif du projet de recherche est celui d’étudier les échanges réciproques entre langue d’oc et langue d’oïl dans l’ensemble de la production lyrique de la France médiévale des siècles XIe-XIIIe, afin de creuser à la racine des rapports intertextuels et intratextuels entre troubadours et trouvères à l’époque de la canonisation de leur tradition écrite. La recherche se focalisera sur les chansonniers de lyriques d’oc et d’oïl contenus dans un seul manuscrit « bifront », le recueil α.R.4.4. de la Biblioteca Estense Universitaria de Modène, siglé D-Da pour la partie provençale, H pour celle en ancien français, afin d’étudier, par une méthode stratigraphique, de larges sections des deux collections, tout en choisissant des échantillons d’essai qui puissent aider à identifier les éventuelles particularités linguistiques du manuscrit et contribuer à dresser une carte des sources utilisées par son collecteur.

À partir des études déjà menées sur la structure générale, l’organisation, les sections et les modalités de confection du manuscrit, la recherche se propose de sélectionner un groupe de textes en provençal et en ancien français qui serviront de base d’analyse du point de vue linguistique, en prenant en considération aussi bien les problèmes habituels posés par la scripta du manuscrit entier, que les particularités singulières qui caractérisent les textes sélectionnés, analyse qui aura pour objet aussi la comparaison avec la varia lectio des autres témoins afin de retracer d’éventuelles traces linguistiques d’auteur et de suivre les modalités d’utilisation des sources dans les différents recueils. Pour ce faire, il se révélera intéressant de chercher à distinguer la « main de l’auteur » de celle « du copiste », avec toutes les précautions critiques qu’une étude stratigraphique sur un manuscrit si ancien demande d’appliquer. Évidemment, on ne manquera pas de comparer les résultats de la recherche avec les études linguistiques et stratigraphiques déjà menées sur d’autres chansonniers, surtout de lyrique troubadouresque, afin d’identifier de possibles similitudes et sources communes.

En particulier, on cherchera à mener une étude linguistique différentielle sur les différences régulières et significatives entre
1. les textes spécifiques choisis comme base d’analyse ;
2. les autres textes inclus dans le manuscrit.
En ce qui concerne le point 1, l’étude linguistique différentielle se concentrera sur les différences régulières et significatives entre
a. ces textes spécifiques tels qu’ils sont attestés dans le recueil ;
b. ces textes spécifiques tels qu’ils sont attestés dans d’autres témoins.

Dans la première phase de la recherche, on se concentrera sur la collecte de toutes les études déjà menées sur le manuscrit Estense et, particulièrement, sur l’identification des textes qui serviront de base d’analyse. Dans une deuxième phase, la recherche concernera l’analyse linguistique proprement dite et, parallèlement, le recueil de matériaux de linguistique historique qui puissent aider à localiser les spécificités scriptologiques relevées au cours de l’analyse stratigraphique. Un point clé de cette deuxième phase sera l’identification des questions sur lesquelles l’analyse devra se concentrer, questions qui pourront suivre les trente-sept points du questionnaire tracé par François Zufferey dans ses Recherches. La troisième et dernière phase de travail prévoit l’extension de la base d’analyse à d’autres textes qui se seront relevés comme particulièrement intéressants aux fins de la recherche et la comparaison des constantes scriptologiques et linguistiques de l’Estense avec les autres chansonniers de lyrique en langue d’oc et d’oïl pour chercher à retracer d’éventuelles sources communes et clarifier les rapports littéraires entre Sud de la France et Nord de l’Italie au Moyen Âge.

Il se révèlera intéressant d’examiner aussi bien les séquences des auteurs rangées par les collecteurs, que les « grands absents », les auteurs ou les pièces qui n’ont pas été inclus dans le recueil, qui représente, d’ailleurs, la première tentative d’organisation canonique du matériel littéraire produit en France au Moyen Âge.

 

Clotilde George

« Analyse de l’interaction en situation professionnelle exolingue dans le cadre de la formation au métier de cuisinier d’apprentis allophones en France. »
Sous la direction de Sophie Bailly (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Maud Ciekanski (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
Les situations professionnelles exolingues, de plus en plus répandues, sont le lieu d’une interaction toute particulière, dont nous voudrions analyser certains ressorts. Notre recherche se fonde sur l’observation des pratiques langagières de l’interaction dans le contexte professionnel de la cuisine, entre des interactants spécifiques : le chef de cuisine français et l’apprenti étranger. Elle vise à répondre à l’interrogation : quelle forme prend l’interaction en cuisine entre deux acteurs de langues natives différentes et de statuts professionnels différents ? Pour rendre compte de l’asymétrie de cette interaction, nous nous attacherons à confronter des notions comme celles des statuts, identités et places professionnelles et langagières, observables dans les actes de langage. Dans le but de réaliser une analyse multimodale (avec pour objet la parole mais aussi les gestes, déplacements et manipulations d’objets) nous nous appuierons sur un corpus d’interactions authentiques, combinant des enregistrements vidéos, audios et prises de notes que nous collecterons par le biais d’une observation participante. Nous analyserons ce corpus avec les outils de l’analyse conversationnelle et plus précisément de l’analyse du discours, dans la perspective de la pragmatique des interactions. Nous pensons qu’il est possible d’identifier deux phénomènes distincts à l’œuvre dans l’interaction professionnelle exolingue de ce type : la réduction (surpassement des difficultés de communication par la coopération en vue de la réalisation de l’activité collective) ou l’amplification (apparition de frustration liée à un problème de communication) de l’asymétrie de l’interaction.

 

Pauline Gillet

« L’acquisition des interrogatives partielles en français parlé : situation de diglossie ou exploitations différenciées d’une unique grammaire ? »
Sous la direction de Marie-Laurence Knittel (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Christophe Benzitoun (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
Dans ce travail de thèse, nous proposons de réfléchir à l’articulation entre grammaire première/variété basse et grammaire seconde/variété haute en français, et à leur mode d’acquisition/apprentissage. Pour ce faire, nous prendrons l’exemple des différentes réalisations des interrogatives partielles en français parlé en focalisant l’attention sur les interrogatives avec inversion du pronom sujet (quand viendrez-vous ?), par opposition aux formes quand est-ce que vous viendrez ? et vous viendrez quand ?, également disponibles. Les premières structures ont un statut particulier : bien qu’enseignées à l’école comme étant la forme interrogative par excellence, elles demeurent peu usitées dans la langue ordinaire parlée par une large partie de la population, ce qui constitue un critère d’identification de la variété haute.
La coexistence des formes ci-dessus en français soulève deux séries de questions.
– La faible fréquence des formes à inversion résulte-t-elle d’une plus grande complexité de cette structure, nécessitant un traitement plus élaboré, ou est-elle simplement due à son caractère formel et ‘artificiel’ en français contemporain ? Ou bien encore ces deux phénomènes sont-ils en œuvre ? Ces interrogations constitueront la première thématique de la présente thèse.
– D’autre part, la coexistence de variantes présentant un écart important au sein d’une langue unique, le français, met en évidence l’existence d’une possible situation de diglossie, dans laquelle une langue perçue comme unique par la communauté est implémentée par deux grammaires distinctes par les locuteurs. De là émerge une seconde série de questions, portant sur la manière de rendre compte de la variation entre les formes hautes et basses. Ainsi, on s’interrogera sur les paramètres responsables de la génération de formes différentes, face à ce qui rend compte de leurs points communs.

 

Toma Gotkova

« Le lexique de l’environnement et de la chimie verte dans le discours ordinaire. Utilisation des réseaux sociaux comme corpus – LEGCOD. »
Sous la direction d’Alain Polguère (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Francesca Ingrosso (LPCT | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
L’objectif principal de la recherche doctorale proposée – Le lexique de l’environnement et de la chimie verte dans le discours ordinaire. Utilisation des réseaux sociaux comme corpus, désormais LEGCOD 2 – est l’étude du vocabulaire noyau des champs de l’environnement et de la chimie verte, avec en vue la thématique suivante : l’interaction entre l’usage scientifique/technique de ce vocabulaire – en tant que terminologie spécifique – et son usage dans le discours ordinaire (productions linguistiques du grand public) trouvé sur Internet, en s’intéressant tout particulièrement aux réseaux sociaux.

Un des buts premiers de LEGCOD est de tester le potentiel d’utilisation des données des réseaux sociaux pour créer un corpus linguistique de référence unique qui permettra d’explorer le vocabulaire de l’environnement en- châssé au sein du discours de langue générale. L’échantillonnage de données de réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter ou Reddit donnera accès aux interactions des communautés d’internautes sur les sujets environnementaux.

Les corpus extraits des réseaux sociaux seront utilisés pour étudier le lexique de l’environnement et de la chi- mie verte dans le discours de langue générale du point de vue linguistique. Les unités lexicales n’existent pas en isolation; elles sont connectées à l’ensemble du lexique par des liens sémantiques et combinatoriaux. LEGCOD dessinera une carte lexicale des domaines de l’environnement et de la chimie verte sous forme de réseau lexical. La partie empirique de la recherche implique la description des unités lexicales pertinentes dans les Réseaux Lexicaux de l’Anglais et du Français, qui sont des bases de données lexicales génériques, aux applications multiples (Lux-Pogodalla et Polguère, 2011). Leur design est fondé sur un nouveau type de modèle de réseau lexical appelé Système Lexical (Polguère, 2014)3. Un autre trait distinctif de LEGCOD est le traitement des verbes en tant que membres à part entière des lexiques spécialisés, c’est-à-dire des terminologies. Les études des lexiques de domaines de spécialité s’intéressent traditionnellement aux termes qui dénotent des entités (exprimés par des noms), plutôt que des évé- nement, processus et propriétés (typiquement exprimés par des verbes, adjectifs and adverbes). Il existe ainsi un déséquilibre considérable dans la façon dont sont traitées les parties du discours dans les domaines scientifiques et technologiques. Des travaux récents en recherche terminologique mettent l’accent sur le besoin d’analyser et décrire également les unités lexicales spécialisées appartenant à d’autres parties du discours que celle des noms pour assurer une plus grande cohérence de la description lexicographique (L’Homme, 2012).

Mots-clés : lexicographie informatisée; réseau lexical ; vocabulaire spécialisé ; réseaux sociaux comme corpus ; environnement ; chimie verte

 

Teng Guo

« Le Rôle des Instructions sur les Apprentissages Associatif et Statistique aux Tout-débuts de l’Apprentissage de la Lecture en France et en Chine »
Sous la direction de Daniel Zagar (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
L’acquisition de la lecture repose deux mécanismes cognitifs d’apprentissage : un mécanisme d’apprentissage associatif, qui consiste à associer des signes visuels avec des représentations phonologiques, et un mécanisme d’apprentissage statistique qui consiste à extraire les régularités du système alphabétique. Ces deux mécanismes fonctionnent de concret et permettent de construire progressivement un réseau de connexions complexe entre les représentations mentales de l’écrit et celles de la parole.
Idéalement, l’enseignement de la lecture doit accompagner ces deux mécanismes d’apprentissage en donnant des instructions qui correspondent d’une part aux capacités cognitives de l’apprenti lecteur et d’autre part au niveau d’élaboration des représentations mentales des unités linguistiques que celui-ci élabore progressivement. Par exemple on sait que le pré-lecteur, s’il parvient à associer des lettres à des sons, éprouve en revanche de grandes difficultés à fusionner ces sons en syllabes.
L’objectif de la thèse est double. D’un point de vue théorique il s’agit de mieux comprendre les relations entre apprentissage associatif et apprentissage statistique, relations qui à l’heure actuelle sont très mal connues (et très peu étudiées). Ce projet a également une portée pédagogique. Il consiste à comparer la bénéfice respectif des instructions explicites sur les performances des deux types d’apprentissage (associatif et statistique) en fonction de leur contenu (par exemple des instructions qui concernent les correspondances entre lettres et syllabes et/ou entre lettres phonèmes) et de l’ordre temporel dans lequel on les donne à l’enfant (par exemple en donnant à apprendre d’abord des instructions sur les correspondances lettre/phonème ou sur les correspondances lettres/syllabe).

 

Lamprini Kakava

« Recherches sur les emprunts lexicaux du protoroman au grec. »
Sous la direction d’Éva Buchi (ATILF / CNRS – Université de Lorraine)

Résumé
À venir.

 

Abdelhak Kelious

« Évaluation de contextes pour l’apprentissage des langues étrangères. »
Sous la direction de Mathieu Constant (ATILF / Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
À venir.

 

Lidia Kolzun

« Lexicologie théorique et descriptive de la langue russe. »
Sous la direction d’Alain Polguère (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Svetlana Krylosova (INALCO)

Résumé
Notre thèse a pour objectif la méthodologie de construction des définitions lexicographiques dans une double perspective : 1) haut degré de formalisation afin que les définitions soit informatiquement « calculables » et 2) application à des fins pédagogiques.
Il s’agit d’envisager la modélisation du sens d’une unité lexicale comme un moyen d’accès à ses propriétés individuelles de combinatoire dans la phrase. Plus précisément, nous nous focalisons sur la définition des lexies russes en vue de l’enseignement du russe en seconde langue.
Les définitions lexicales classiques des dictionnaires posent fréquemment problème du fait de certaines faiblesses formelles et de contenu : fréquent manque de clarté, emploi de termes savants, omission des composantes de sens essentielles, cercles vicieux, etc. (Hanks, 1993; Adamska-Sałaciak, 2012).
Afin de palier ces faiblesses de nombreux chercheurs (Wiezbicka 1992, 1993; Kahane, 2003; Iordanskaja et Polguère, 2005; Iordanskaja, 2007; Barque, 2008; Milićević, 2008; Apresjan, 2010, 2014; Polguère 2013, à paraître) se sont tournés vers la structure de définition lexicographique élaborée par la Lexicologie Explicative et Combinatoire (LEC, cf. Mel’čuk et al. 1995).
Tout en tenant compte des apports de ces travaux antérieurs ou en cours, nous allons mettre en place une approche originale de la question, fondée sur l’exploitation des récents acquis en lexicologie théorique et descriptive des réseaux lexicaux.
Les définitions que nous visons se présenteront sous la forme d’une paraphrase écrite dans un métalangage formalisé, excluant toute ambiguïté. De même, leur structure respectera des patrons définitionnels associés à une hiérarchie d’étiquettes sémantiques construite selon les principes établis dans le cadre des travaux sur les bases lexicales explicatives et combinatoires (Polguère, 2011).
Notre recherche exploitera et enrichira les donnés du Réseau Lexical du Russe (RL-ru) dans les deux champs lexicaux significatifs pour la langue russe : celui de la ‘neige’ et celui du ‘déplacement [des êtres animés]’.

 

Alina Lausecker

« L’accentuation des mots dans l’acquisition bilingue. »
Sous la direction de Ingo Feldhausen (ATILF / Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
À venir.

 

Amandine Lecomte

« Analyse longitudinale de prise en charge psychothérapeutique de patients psychiatriques et de patients atteints de maladies neurodégénératives : informatisation et modélisation dialogique des indices comportementaux associés à l’efficacité (vs échec) des stratégies de prise en charge tentées par les thérapeutes. »
Sous la direction de Michel Musiol (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
L’amélioration du diagnostic et son anticipation sont des enjeux majeurs de santé mentale. Ce projet s’intéresse en particulier aux patients atteints de schizophrénie et de troubles bipolaires. La base de l’évaluation diagnostic est généralement les signes cliniques observés chez le sujet. Ces critères sont certes sensibles, mais non discriminants et la pluralité symptomatique partagée par plusieurs maladies pose problème. Ainsi, le repérage de signes pathognomoniques au sein d’une interaction verbale modélisée sous la forme d’un outil d’aide au diagnostic offrirait de nouvelles perspectives pour ces patients.
Les résultats aux outils psychométriques mis en lien avec la modélisation formelle des troubles du langages et du discours dans les entretiens retranscrits, offriraient de nouvelles pistes quant à la nature des troubles du sujet dans les registres pragmatico-linguistique, celui des fonctions exécutives, de la cognition sociale et l’activité oculomotrice (fréquence saccadique et fixation du regard). En effet, les troubles cognitifs sont le facteur prédictif le plus important (20-60%) pour le pronostic fonctionnel en tenant compte de la symptomatologie. Une perspective de prise en charge psychothérapeutique sera alors envisagée sur cette base.

 

Eulalie Lomon

« Les TICE pour surmonter l’anxiété langagière lors des interactions orales en classe d’anglais. »
Sous la direction d’Alex Boulton (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Virginie Privas-Bréauté (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
Cette thèse a pour objectif de poursuivre mes réflexions tout d’abord émises lors de mon mémoire professionnel afin de les étendre à d’autres problématiques soulevées lors de l’enseignement de l’anglais langue étrangère dans le secondaire. En effet, les nouvelles technologies prennent de plus en plus d’ampleur au sein de l’enseignement des langues vivantes dans le secondaire. Ces nouvelles technologies, utilisées dans l’enseignement, prennent le nom de Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Enseignement (TICE).
Les TICE redéfinissent considérablement l’espace classe tout en touchant particulièrement les activités langagières de production (production orale et production écrite) à travers la mise en place de nouvelles tâches alors inconcevables auparavant. Il est maintenant possible d’offrir des enseignements bien plus proches des besoins des élèves tout en leur permettant de dépasser leurs préjugés mais aussi leurs craintes liés à l’apprentissage d’une langue étrangère. Lorsque les apprenants s’expriment à l’oral dans la langue étrangère étudiée, ils se retrouvent sans le filet de leur langue maternelle et peuvent se sentir jugés par leurs pairs mais aussi par leur professeur. Cette anxiété ressentie par certains apprenants lors de toute production dans la langue cible se nomme « anxiété langagière » et peut alors bloquer l’élève dans son apprentissage.
Les nouvelles technologies sont présentes dans le quotidien de tous les élèves et les inclure en classe de langue les motivent tout de plus et pourraient les aider à entrer dans une logique de dédramatisation de toute tâche de production. En effet, les outils numériques permettent de redéfinir toute tâche mais aussi de varier au maximum les activités de manière ludique tout en accentuant le lien entre la maison et l’école mais aussi le lien entre l’école et le pays de la langue étudiée. Chaque élève se voit recevoir les mêmes chances de réussite puisque les TICE permettent une différenciation pédagogique accrue mais amènent aussi le pays de la langue étudiée en dehors de la classe mais aussi directement au sein de la classe grâce aux tandems et échanges numériques.
Cette thèse propose d’observer et d’analyser la redéfinition de la classe de langue par l’usage des TICE au sein d’un dispositif hybride dans une perspective de fournir des mises en œuvre accompagnées d’outils concrets afin d’amener les élèves à surmonter leur anxiété langagière en classe de langue à travers le prisme des sciences cognitives. Cette thèse à pour objectif d’étudier comment les TICE permettent d’instaurer un cadre sécurisant et encourageant pour les élèves du secondaire en classe de langue anglaise lors de toute activité d’interaction orale afin de leur permettre de prendre des risques dans le but de dépasser leur anxiété langagière.

 

Polina Mikhel

« Étude multilingue du lexique de la chimie à l’interface entre terminologie et langue générale
(Multilingual study of the lexicon of chemistry at the interface of terminology and general language).
 »
Sous la direction d’Alain Polguère (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Francesca Ingrosso (LPCT | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
Ce projet de recherche doctorale interdisciplinaire est motivé par un double constat : 1) les approches traditionnelles d’étude et de représentation des systèmes terminologiques scientifiques reposent essentiellement sur le recours à des modèles taxinomiques (ontologies informatiques fondées sur des hiérarchies de classes conceptuelles) ; 2) les études contemporaines sur l’organisation du lexique de langue générale (lexicologie, psycholinguistique, etc.) tendent à s’accorder sur un mode de structuration en réseaux lexicaux multidimensionnels et non taxinomiques. La recherche repose sur l’hypothèse que les terminologies scientifiques, puisqu’elles fonctionnent dans les textes en interaction avec le lexique de langue générale, doivent posséder une structure homomorphe avec celle du lexique général, avec lequel elles fusionnent au sein de la langue. Il s’agit, dans ce contexte, d’explorer l’interface entre langue générale et terminologies, à la frontière entre termes et non-termes.

Sur le plan théorique, la recherche vise, d’une part, à apporter une solution au problème de la modélisation formelle et rigoureuse de la multidimensionnalité inhérente à l’organisation des terminologies, c’est-à-dire le fait que les termes peuvent être appréhendés et les terminologies parcourues selon de multiples axes. D’autre part, et de façon liée, la recherche vise à rendre compte de l’interdépendance entre lexique de langue générale et lexique terminologique.

Sur le plan pratique, la thèse débouchera sur des modèles terminologiques multilingues de la chimie, en français, en anglais et en russe. Ces modèles, conçus pour évoluer et être enrichis sur le long terme, seront des outils exploitables par les scientifiques aussi bien que par les enseignants en chimie. La recherche est de ce fait destinée à avoir une résonance non seulement dans le domaine de la recherche en lexicologie et terminologie, mais aussi auprès de la communauté des chimistes.

Le projet se situe dans la thématique des études lexicales, qui sont au cœur du projet scientifique du laboratoire ATILF. Il présente l’originalité d’aborder le sujet du rapport entre terme et non-terme dans le cadre des travaux menés à l’ATILF sur les grands réseaux lexicaux. Une exploitation intensive sera faite des modèles lexicaux développés depuis plusieurs années au laboratoire. En retour, la recherche doctorale alimentera ces ressources en données sur les terminologies anglaises et françaises de la chimie.

 

Marine Noël

« Poétiques du récit de retour aux origines du documentaire au roman suivi de Autoroute 31. »
Sous la direction de Véronique Montémont (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Claire Legendre (Université de Montréal)

Résumé
Ma thèse se divise en deux volets, l’un de création et l’autre de recherche. Le volet recherche s’intitule Poétiques du récit de retour aux origines du documentaire au roman. Des récits du monde rural émergent dans la littérature contemporaine française. Ce travail vise à examiner les nouveaux regards posés sur cet espace, qui se détachent d’un idéalisme champêtre, et cela parce qu’il est lui-même travaillé par des changements économiques et sociaux. Il aura pour sujet les œuvres d’Annie Ernaux (Les armoires vides, 1974), Didier Eribon (Retour à Reims, 2009), Édouard Louis (En finir avec Eddy Bellegueule, 2014), Raymond Depardon (La ferme du Garet, 1995 et Paysans, 2009) et Nicolas Mathieu (Leurs enfants après eux, 2018). Ma recherche explorera les diverses poétiques du récit des origines mises en œuvre par ces genres et supports distincts : du roman au documentaire, en passant par le reportage et la photographie. Au sein de ce corpus, les narrateurs, et bien souvent les auteurs, sont tous des transfuges de classe et de lieu. Les œuvres traitent du retour dans le milieu d’origine, ou de l’impossibilité de ce retour. Les textes se confrontent souvent à une fracture (temporelle, sociale). Ils expriment, par des moyens différents, ce qu’est la nostalgie en grec ancien : nostos (le retour) et algos (la douleur), résumée comme un « mal du pays ». Mais ils contestent et problématisent aussi ce concept et le concept d’appartenance. Ce travail postule que des procédés stylistiques et formels expriment ce besoin de retour et ses ambiguïtés. Il étudie aussi comment ces œuvres esthétisent la position du transfuge.

Pour ce travail, je m’appuie sur les théories du roman et sur les études liées à l’autobiographie (Véronique Montémont). La photolittérature en tant que champ d’études (Danièle Méaux, Jean-Pierre Montier, Véronique Montémont, Servanne Monjour) sert ma recherche pour les deux volets. Une approche sociocritique me permet de penser les évolutions de la ruralité (Pierre Popovic, Régine Robin, Nelly Wolf) tant dans les représentations littéraires que dans un contexte historique et socio-économique, et pour étudier la place du transclasse au sein du littéraire. J’étudie les théories de Pierre Bourdieu (La distinction), Chantal Jaquet (Les transclasses ou la non-reproduction) et Didier Eribon en relation avec certains des textes du corpus. Souhaitant souligner l’émergence d’une littérature contemporaine qui traite des campagnes et qui met en scène des transclasses, j’interroge la possibilité d’une poétique commune entre ces œuvres.

Le volet création, qui s’intitule Autoroute 31, est un travail tant documentaire que littéraire, qui sollicite deux pratiques – l’écriture et la photographie – et qui entremêle deux textes : un récit d’autofiction et un texte documentaire. Le premier relate l’expérience d’une jeune fille et de son entourage dans un village du Nord-Est de la France. Le second texte est fait de témoignages au discours direct, d’anecdotes et de récits de ma propre expérience en tant que « jeune du village » qui revient sur les lieux où elle a grandi. Cette œuvre de photolittérature, alternant le récit de fiction, le documentaire et le photoreportage, a pour objectif d’offrir une représentation actuelle du monde rural dans un contexte français. J’accorde une attention particulière au travail de cette hybridité formelle, entre genre romanesque et photo-reportage.

 

Sylvain Perraud

« Anglais de spécialité de la physique dans le contexte de l’enseignement supérieur et de la recherche : caractérisation et perspectives didactiques. »
Sous la direction d’Alex Boulton (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
Ce travail a trois axes principaux. D’abord, l’exploration et la caractérisation linguistique de l’anglais des articles scientifiques du secteur Sciences, Technologie, Santé (STS) afin de disposer d’un socle robuste de tendances lexico-grammaticales comme point de départ d’une formation à l’écriture de tels articles. Ensuite, la conception et l’implémentation d’un programme visant à mener les apprenants vers l’autonomie dans la prise de décision linguistique, suivant une approche type Data-Driven Learning. Enfin, il s’agira de tirer un bilan critique de la méthodologie mise en place, afin de mieux comprendre les problèmes récurrents rencontrés par les apprenants et de rationaliser les solutions correspondantes. Une étape-clé du bilan de chaque étape de l’étude sera le retour des apprenants sur les méthodes, activités, et outils mis en oeuvre dans la formation.

 

Marie-Hélène Pierre-Bruère

« Étude théorique du concept de psychopathie et réflexion de prise en charge : approche clinique, développementale, biologique, cognitive et évolutionniste. »
Sous la direction de Michel Musiol (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
Après avoir discuté de certaines « lacunes » en matière de théorie du discours, deux modèles de la communication, dits inférentiels serviront de support au concept de compréhension. Pour mieux mettre en évidence divers problèmes de compréhension, la schizophrénie, au regard de l’approche évolutionniste, tiendra alors lieu d’exemple. La méthodologie envisagée dans cette recherche permet d’appréhender d’une part les compétences interactionnelles de patients schizophrènes, grâce à des interactions en face à face enregistrées entre un expérimentateur et un schizophrène, et d’autre part différents registres comportementaux qui participent à la communication, tels que les mouvements oculaires, en faisant appel à un dispositif expérimental constitué d’un double système d’eye-tracker. L’objectif de cette thèse est donc de faire un lien potentiel entre cognition discursive, opérations élémentaires de l’esprit et processus appartenant à la cognition intentionnelle. Ce travail permettrait ainsi d’envisager la conception d’un modèle de l’interaction en comparant certaines propriétés des compétences interactionnelles de sujets « normaux » à celles de sujets schizophrènes.

 

Chloé Provot

« Un accompagnement de l’échange franco-allemand des enseignants du premier degré. »
Sous la direction de Dominique Macaire (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Julia Putsche-Fisher (Université de Strasbourg)

Résumé
Cette thèse en codirection porte sur l’échange franco-allemand des enseignants du premier degré qui partent en France ou en Allemagne pendant une voire plusieurs années enseigner l’allemand ou le français. L’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ) est l’organisme binational qui coordonne ce programme (Traité sur la coopération franco-allemande, 1986). L’objectif de ma recherche est d’accompagner ce dispositif original autour des interrogations suivantes : quelles sont les variables internes et externes au dispositif et quelles sont leurs influences sur celui-ci ? Ces variables seront discutées au travers de la question : de quelle manière les enseignants vivent-ils l’échange d’un point de vue personnel, citoyen et professionnel, notamment aux plans linguistique et interculturel ? Ces questions permettent d’aborder des notions contemporaines comme la mobilité et l’échange binational, les représentations des enseignants et leur développement professionnel.

Cette recherche vise à enrichir les travaux déjà menés sur ce dispositif d’échange (Dupas, 1998 et Perrefort, 2013). La méthodologie de recherche utilisée est qualitative et comporte plusieurs types de recueil de données : un questionnaire envoyé à l’ensemble des participants en amont et en aval, des entretiens menés avec une dizaine d’enseignants (répartis des côtés français et allemand), des interviews avec des représentants de l’OFAJ et de l’institution scolaire des deux pays, des observations de classes in situ et de stages organisés par l’OFAJ. Les données seront collectées pendant l’année universitaire 2020-2021 et complétées par des rapports d’enseignants ayant participé à l’échange depuis de nombreuses années.

 

Claire Schlienger

« Le syntagme prépositionnel marquant l’inclusion : analyse diachronique de en, dans, dedans, à. »
Sous la direction de Sylvie Bazin (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
Selon Moignet (1981) [380], une opposition existe entre les prépositions en et dans. Les deux expriment des opérations d’inclusion (le régime est déclaré « incluant » et le support d’avant, « inclus ») mais sur des plans référentiels différents (abstrait, concret, métaphorique).
Les prépositions « dans » et « en » ont fait le sujet d’ études synchroniques (Gougenheim (1940), Guimier (1978)), diachroniques comme l’analyse de Fagard & Sarda (2007). Ces travaux se limitent soit à une période, soit à une valeur sémantique, soit à une comparaison entre deux prépositions.
Cette présente étude traite, de façon diachronique (de l’ancien français au français moderne), l’évolution sémantique (propriétés, changements, limites) des prépositions « en », « dans », « dedans » et « à » exprimant une relation d’inclusion dans un syntagme prépositionnel. L’analyse est centrée en particulier sur les changements, les spécialisations et les concurrences entre les prépositions, dans une période limitée, du XIVème au XVIIème siècle.
Une approche polysémique permet d’analyser tous les sens exprimés par les syntagmes prépositionnels, de les hiérarchiser, et de déterminer leurs conditions d’emploi. La division par périodes facilite la description des comportements correspondants à chaque époque, conduisant ensuite à définir des critères d’évolution syntaxique et sémantique.
Cette étude permet d’avoir une appréhension beaucoup plus fine de la distribution des différentes prépositions sur le plan à la fois chronologique et sémantique, avec une attention particulière pour la période centrale (MF-XVIe s).

 

Jonathan Szajman

« Les parcours de formation linguistique pour adultes allophones en Région de Bruxelles-Capitale : tensions entre idéologies linguistiques et connaissances scientifiques. Analyse des rapports entre discours institutionnels et programmes de formation. »
Sous la direction d’Hervé Adami (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
Les parcours de formation linguistique pour adultes allophones en Région de Bruxelles-Capitale : tensions entre idéologies linguistiques et connaissances scientifiques. Analyse des rapports entre discours institutionnels et programmes de formation.
La recherche porte sur les discours des acteurs agissant dans l’organisation des formations linguistiques destinées aux adultes allophones en Belgique francophone et plus particulièrement en Région de Bruxelles-Capitale.

 

Arthur Trognon

« Diagnostic du Syndrome de Shwachman-Diamond par des investigations cognitives et dialogiques. »
Sous la direction de Michel Musiol (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Jean Donadieu (Hopital Trousseau Paris)

Résumé
Le Syndrome de Shwachman-Diamond (SDS) (Shwachman, Diamond, Oski, & Khaw, 1964), est une maladie autosomique récessive rare ayant une incidence annuelle de 1 cas sur 200.000 naissances (5 nouveaux cas par an en France), et induite par une mutation sur le locus q11 du chromosome 7, dans la région du gène SBDS (Boocock et al., 2003). Le gène SBDS est un gène quasi-ubiquitaire et est exprimé dans presque tous les tissus adultes, incluant le myocarde et le système nerveux central (Zhang, Shi, Hui, & Rommens, 2006). Chez la souris, la perte de fonction de ce gène induit une mortalité embryonnaire (ibid.). Chez les humains, les mutations du gène SBDS produisent la plupart du temps une insuffisance du pancréas exocrine, une insuffisance médullaire, ainsi qu’une dysplasie squelettique (Cipolli et al., 1999), mais d’autres caractéristiques ont déjà été rapportées dans la littérature telles des insuffisances cardiaques (Kopel, Gutierrez, & Lage, 2011; Savilahti & Rapola, 1984), qui peuvent être létales dans certains cas.
Une étude récente a décrit l’impact des mutations SBDS sur le développement du système nerveux. Ces données ont suggéré que les patients SDS présentent un rétrécissement global des volumes corticaux dans les deux hémisphères, en particulier dans le cortex cingulaire antérieur et les régions hippocampique. Ils ont également observé des anomalies cérébrales diffuses dans la matière grise ainsi que des disruptions de la connectivité myélinique (Perobelli et al., 2015).
Bien que ces données cérébrales pourraient permettre d’expliquer en partie la symptomatologie clinique observée chez les patients SDS, les données de la littérature disponibles concernant le retentissement linguistique, psychologique et psycholinguistique de ces altérations sont rares. Actuellement, il a été démontré que les sujets porteurs du SDS présentent des altérations cognitives diffuses, avec notamment un affaiblissement de l’efficience intellectuelle et un syndrome dysexécutif (Aggett, Harries, Harvey, & Soothill, 1979; Cipolli et al., 1999; Kent, Murphy, & Milla, 1990; Kerr, Ellis, Dupuis, Rommens, & Durie, 2010; Perobelli et al., 2015), en dépit d’une importante variabilité intragroupe (Perobelli, Nicolis, Assael, & Cipolli, 2012).
Cependant, aucune donnée n’existe concernant la retentissement de ces anomalies cognitives sur les interactions sociales et en particulier dans le cas de l’interaction sociale humaine la plus naturelle : l’interaction dialogique.
Certains travaux ont déjà examiné les conduites conversationnelles associées à certaines pathologies mentales comme la schizophrénie (Musiol & Rebuschi, 2007; Trognon, 1992), ou l’autisme (Gerardin-Collet, 1999) ; ainsi qu’à certaines pathologies dégénératives ou neurologiques comme la maladie d’Alzheimer (Jacob, 2017) ou le polyhandicap (Bocéréan & Musiol, 2017), et les traumatismes crâniens (Dardier, Delaye, & Laurent-Vannier, 2003; Peter-Favre, 1999). Le Syndrome de Shwachman-Diamond, appartenant à la seconde catégorie citée ci-dessus, n’a lui, donné lieu à aucune étude systématique, bien qu’une étude exploratoire ait été réalisée (Batt et al., 2017; Canton et al., 2016).
Alors que dans cette étude exploratoire, la partie dialogique et l’évaluation neuropsychologique sont conçus séparément, ils seront dans la présente étude intégrés de façon à ce que l’évaluation des conduites dialogiques ne soit pas une tâche parmi d’autres, se positionnant comme une tâche super-ordonnée garantissant l’aspect écologique de celle-ci. Nous utiliserons à cet effet un dispositif original créé pour l’expérience, le Trognon Ecological Side Task for the Assessment of Speech-Act Processing (TEST-ASAP ; publication en cours de préparation). Cette tâche est subdivisée en trois sous tâches afin de mesurer les aspects inférentiels d’une part ; l’induction comportementale sous instruction et l’induction comportementale nécessitant une inférence préalable, permettant ainsi de mettre en évidence des dissociations, cette tâche étant intégrée dans le processus même d’évaluation neuropsychologique.
Ces données dialogiques seront enregistrées, transcrites verbatim, puis analysées à l’aide d’une méthode dérivée des travaux de (Caelen, 2003 ; Caelen, 2007 ; Caelen & Xuereb, 2019). Cette approche, initialement conçue pour étudier les interactions homme-machine en 2003, a été généralisée en 2019 à l’analyse de tout dialogue naturel. L’intérêt de cette approche est qu’elle permet d’intégrer à la fois la théorie des actes de langage dans une version dialogique, et la SDRT (Segmented Discourse Representation Theory – Asher & Lascarides, 2003).
L’utilisation de techniques d’analyse d’interaction homme-machine pour étudier le dialogue naturel se justifie ici par la construction de la tâche, dont l’issue et son déroulement sont prédictibles chez le sujet neurotypique (dialogue idéal ayant les caractéristiques d’un dialogue coopératif où les interactants s’entraident vers un but commun), et dont toutes les autres configurations seraient considérées comme incidentielles (non optimales et détectées par ces méthodes).
Une fois ces interactions catégorisées chez les patients SDS et les sujets contrôles, elles seront encodées informatiquement à l’aide d’une procédure décrite par (Cooper, 2019), et permettront d’être utilisées comme données d’un algorithme de machine-learning permettant de distinguer les deux populations si elles présentent des différences objectivables sur le plan dialogique pouvant servir de base pour réaliser un algorithme de diagnostic.

 

Raquel Trujillo Asensio

« La retirada : analyse linguistique des discours français et espagnol [1939-2019] d’un exil républicain. »
Sous la direction d’Anne-Marie Chabrolle-Cerretini (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Narcis Iglesias Franch (Universitat de Girona)

Résumé
Ce projet part de la volonté et de l’intérêt de réunir et d’associer dans le cadre de ma thèse doctorale la dimension linguistique par l’analyse du discours (français et espagnol) et la dimension historique par le choix d’un contexte contemporain parmi les plus importants de la première moitié du XXème siècle concernant la France et l’Espagne, celle de la fuite des républicains espagnols, fin janvier 1939 jusqu’à la fin de la guerre civile que l’on appelle : La Retirada.

En 2019, quatre-vingt ans se sont écoulés depuis cet exil des républicains espagnols qui marque la défaite des républicains contre les franquistes. Si l’Espagne a connu plusieurs mouvements d’exils durant cette guerre civile, celui-ci se distingue par son ampleur puisque sur quelques jours ce sont environ 400 000 personnes qui franchirent à pied la frontière du côté des Pyrénées Orientales. Devant un tel afflux, les autorités françaises ont regroupé sur les plages proches de la frontière les réfugiés et les ont sommés de se construire à même le sable des abris de fortune hors de toute condition minimale d’hygiène. C’est cet épisode de l’histoire commune franco-espagnole qui constitue le contexte de notre thèse. La Retirada est un événement dont le récit s’est construit et reconstruit depuis 1939 de part et d’autre des Pyrénées. Cet exil particulier ne cesse de prendre une forme historique, interpellant directement la gestion de la mémoire des états (pacte du silence et loi d’amnistie en Espagne en 1977 par exemple), des institutions culturelles, des individus, des silences de deux générations. Nous voulons contribuer à l’écriture de ce récit en analysant les discours provenant des deux pays de la fin janvier 1939 à décembre 2019. Ainsi les témoignages des exilés, de la population française, les textes administratifs et des autorités française et espagnole et la presse de deux pays mais aussi les discours des musées seront étudiés pour nourrir à partir d’un certain nombre de notion clés le récit de cet exil depuis les faits jusqu’à ce quatre-vingtième anniversaire et saisir toute l’évolution de sa perception.

 

Hélène Weisbrod (Erikson)

« La rencontre entre les arts marionnettiques et la pratique orale en anglais dans le contexte de la formation des professeurs des écoles en enseignement-apprentissage des langues-cultures. »
Sous la direction de Dominique Macaire (ATILF / Université de Lorraine – CNRS) et Séverine Behra (ATILF / Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
À venir.

 

Charlène Weyh

« L’évolution du système verbal français entre régulation et normes (1300 – 1700) le cas du présent. »
Sous la direction de Sylvie Bazin (ATILF | Université de Lorraine – CNRS) et Bérengère Bouard (ATILF | Université de Lorraine – CNRS)

Résumé
L’analogie est un mécanisme d’alignement d’une forme sur une autre, ou d’un ensemble de formes sur un autre ensemble. Elle se fonde sur un rapport de proportionnalité et elle est sous-tendue par la proximité des formes. Cela peut se traduire par l’apparition de formes concurrentes et par le remplacement à plus ou moins longue échéance des premières par les secondes. Dans le cas des présents à alternance, l’analogie a pu jouer à l’intérieur du paradigme ou d’un ensemble de paradigmes du même verbe avec l’extension d’une des bases au détriment de l’autre (par exemple, extension de la base aim- à tous les tiroirs et en P4 / P5 de l’indicatif présent du verbe aimer, AF amer). Mais il y a eu aussi dès l’origine des alignements sur d’autres verbes favorisés par deux types de paramètres : le déséquilibre des fréquences et le degré de similitude (par exemple, assoi-/assie- comme base de P1, P2, P3 et P6 du verbe asseoir).
À l’époque des Remarqueurs, il subsiste de nombreuses hésitations sur les formes verbales, car les mécanismes analogiques ont créé de nouvelles formes qui n’ont pas forcément remplacé les formes historiques. Les règles du bon usage vont progressivement éliminer ces hésitations et « bloquer » les mécanismes analogiques qui auraient pu continuer de se déployer dans certains cas, dans une logique de « réduction » de la langue commune et des variantes, d’où la distinction entre des formes ‘normées’ et des formes jugées ‘déviantes’, pourtant produites parfois par des mécanismes analogiques du même type, ainsi croyons / croient et *croyent vs pouvons / peuvent.
Il s’agira donc de réfléchir aux multiples paramètres qui ont pu jouer dans les transformations et les normalisations des paradigmes verbaux au présent de l’indicatif. Le cadre sera celui d’une étude linguistique associant description du système verbal du français et histoire des représentations du français, et ce dans une diachronie longue, dans la mesure où certains alignements et réfections sont très anciens, d’autres sont le fait de la période du Moyen Français compris au sens large (14e – 1630) et d’autres enfin ont tardé à trouver une résolution.